SCENE II
CIIATKNAY, ANNA.
cbateray, entré aux derniers mois. Très bien, ma ebère Anna... très bien, madame la vicomtesse... el toujours sans nouvelles?
arra. Toujours... il y a un au qu'il m'a quittée... et j'apprends qu'il cxi-tc, quand son homme d'affaires vient m'apporter ma pension; voilA comment j’ai su qu’Kdouard était encore en Italie.
cbaterav. Ah ! il est bien coupable !
aura. Bon M. deChilenay, je me rends justice : je n’étais pas née pour être sa femme. . . dans le commencement de notre mariage, il a essayé de bonne foi de vivre avec moi , de me rendre heureuse et d’être heureux A son tour. . . cela lui a été impossible, el lorsqu’il a appris que le duc Delmare épousait votre nièce, qui, sans moi, serait devenue sa femme, lorsqu’il a entendu les éloges du monde sur ce mariage si bien assorti de convenance, de rang et de fortune, et qu’il a jeté les yeux sur la fille du peuple qui était devenue sa femme, il a rougi d’elle.
cbaterav. Pauvre enfant!. . je donnerais beaucoup pour qu’Kdouard pût vous voir maintenant... seulement un jour...
une heure... je suis certain qu'il reviendrait A vous.
a ira a. Votre amitié, votre indulgence pour moi vous abusent.
cbaterav. Non, madame. .. il se peut que le vicomte ail regretté auprès de vous ce manque d'éducation qui est un vide en ménage ; mais aujourd’hui vous n’f tes plus la même femme. .. cette année que vous venez de passer dans l'abandon, vous l’avez consacrée au travail, A l'étude; vous avez acquis facilement tous lcstalensqu'on peut désirer dans la femme de la pins haute naissance. Édouard ne peut tarder à revenir; ce gentilhomme italien, qui se dit sou ami, vous a lui-même assuré qu’ils s'étalent donné rendez-vous A Bourges.
aura. Tenez, ne me parlez pas de ce Balestrezi. .. il est si bizarre, si extravagant... je le crois un peu fou... et s’il faut vous le dire, ses assiduités m’importunent, m’offensent même.
cnATKKAT. Comment?
aura. Oui; il devient chaque jour plus pressant... j’en rirais peut-être si mon mari était prés de moi. . . mais seule , sans défense ; car vous sentez que je n’ai pas osé parlerde cela A mon frère, il est si violent I j’ai même évité que jamais ils se rencontrassent chez moi.
cbaterav. Vous avez bien fait.
czoacEs, entrant, line lettre pour madame.
arra. Pour moi ?.. donnez. ( Georges sort. ) Ciel I son écriture... c’est d’Édouard. cuaterat. De lui!
arra, à part. Je devine ; il répond à ma dernière lettre. J'étais bien sûre que ceflelù lui ferait rompre le silence.
chatbsav. Eh bien! vous ne lisez pas?
arna, émue, décachetant ta lettre. Je n’ose. . . je crains tant d'apprendre ce qu’il m’écrit... Tenez, lisez-la-mnî vous même.
cbatekay, regardant Anna. Qu’est-ce donc?.. ( Il lit.) » C’est de France seule-
• ment que j’ai voulu vous répondre. .. Je
• suis à Paris , et pars en chaise de poste
• quelques heures après ma lettre pour me
• rendre à Turly. J’adopte votre projet et ■ vous remercie de me l’avoir communi-
• qué. Mon retour auprès de vous vous
• prouve A quel point j’y suis sensible. . .
• Gussy. • Il revient donc!., il arrive aujourd'hui, dans quelques heures, et c’est sur une lettre de vous... ah! madame, rien n'égnle ma joie!,.
arra. 11 ne m’aime plusl il revient...
cbateray. Au contraire, cela prouve que...
arra. Il ne m’aime plus, vous dis-je!., il revient ici pour se séparer de moi irrévocablement.
cbaterav. Vous séparer?
arra. Il faut tout vous dire. . . Lassée de lui écrire sans qu’il daignSt me répondre ; voyant que de jour en jour notre position devenait plus insupportable, . • Je lui ai écrit une dernière lettre. . . Je lui peignais tous mes tourmens, je cherchai* A devenir les siens... elje le conjurais d'y mettre un terme. Il n’yavaitqu’un moyen:
la séparation !.. Je la lui ai offerte et vou* voyez qu’il l'accepte, qu’il accourt... qu’il quitte tout pour cela; oui, monsirur, oui, il vient de deux cents lieues pour se séparer de sa femme , et la première fois qu'il lui écrit depuis un an, c’est pour lui apprendre celle nouvelle, direz-vous encore qu'il m’aime ?
cbaterav. Lui écrire, lui parlerde séparation sans me consulter...
arra. Vous ne l’auriez pas approuvée, et ma résolution était prise.
cbaterav. Mais vous ne l’aimez dona plus?
arra. Je ne l’aime plus?
Air : Je u’ui pat vu cet botqaclt de taurien. Depuis un an , je souffre loin de lui ,
Bien n'a calmé mes ennuis, mes alarmes.
Et ma douleur n'a trouvé pour appui.
Que mon amour» mon silence «t mes larmes.
Et maintenant» je veux, dans mon malheur, Puur effacer l'hymen que je déplore.
Lui rendre enfin et son nom cl sou cœur Et loin de lui, mourir pour son bonheur.
Vous voyez que je Tabac encore.
ciiàttrat. Édouard n’acceptera pas un tel sacrifice.
AinrA. Je l’exigerai, M. Depuis un an, est-ce que j’exi*le? repoussée, abandonnée !. .Je ne méritais pas un pareil sort.
Car enfin, je ne suis ni noble ni riche, mais je suis femme et du?sé-je mourir de chagrin. . . je ne lui montrerai qu’indilTérence et froideur.
ciiATEM a y. Vous n’aurez pas ce courage.
arra. Je l’aurai !. . Oh ! oui, je l’aurai !.. Mais on vient.. . c’est mon frère peut-être qu’il ignore l’arrivée de M. de Gussy...
Je ne veux pas qu’ils se voyent.
chatera Y. Nous l’éloignerons.