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d'eux que pour conter leurs malheurs, ils se sont | k À reformés en groupe national. Les proscrits ont repris A peu à peu le titre de citoyens. Vers 1810 ils furent | dispensés de l'obligation du serment du test qui, en | ê FER qualité de catholiques, leur fermait toutes les fonc-
tions publiques. Ils siégent aujourd'hui dans les | assemblées législatives de leurs provinces, à côté des | | | 114 fils de leurs proscripteurs, ils ont un représentant au ; | pi Sénat fédéral et publient plusieurs journaux français, | entre autres le Moniteur acadien et l'Évangéline. | Privés autrefois de tout moyen d'instruction, ils ( ont ouvert des écoles et érigé des collèges français. Celui de Meramcok a été fondé en 1864. Leur clergé ( ‘fl national, instruit et patriote comme celui du Canada, £ « | les éclaire, les conduit, les protège au besoin contre ’
Al le mauvais vouloir du clergé irlandais, qui, chose
| étrange, ne perd pas une occasion de favoriser les | écoles anglaises au détriment des écoles catholiques | \ acadiennes.
| Ardent comme celui des canadiens, leur sentiment | national reste très particulariste, et bien que les É 4 Français d'Acadie aiment à se rapprocher de plus en plus des Français de Québec, à nouer avec eux des relations de plus en plus étroites, ils n'en ont pas moins leurs traditions, leurs souvenirs et leurs
mœurs distincts.
Longtemps oubliés des Canadiens, ils ont fini par ]
forcer leur sympathie, comme les Canadiens ont forcé
la nôtre. Des voies de communication se sont
ouvertes, rendant leurs rapports plus faciles. En
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des au
1880, un congrès réuni à Québec affirma la, solidarité de tous les éléments français du continent américain ; les représentants des Acadiens y figurèrent avec honneur : « Les Canadiens, si nombreux et si «puissants aujourd'hui, disait alors l’un d'eux, « aiment à se rappeler leurs gloires du passé, aiment « à contempler leur prestige du présent et à nourrir « des espérances pour l'avenir. Ils aiment à se rap- « peler la gloire des Jacques Cartier, des Champlain, « des Frontenac, des Maisonneuve et autres hommes « d'autrefois, et montrent avec un juste orgueil leurs « hommes d'aujourd'hui. Nous Acadiens, nous avons « moins de noms peut-être auxquels se rattachent les « gloires du passé, et moins de personnages actuels « qui nous donnent le même prestige, cependant ce « qui a été possible pour les Canadiens ne peut pas « nous être impossible ; nous sommes plus nombreux « maintenant qu'ils n'étaient lors de la conquête, et « jose dire ici que nous ne leur cédons en rien en « patriotisme, en amour de notre langue, en attache- « ment à notre foi et en énergie nationale (1). » Forts de leur union, les Acadiens ont voulu la consacrer par un drapeau et par un chant national : unissant pour cela leur sentiment religieux à leur patriotisme, ils ont, dans une assemblée tenue entre eux en 1885, choisi pour fête nationale le 15 août, jour de l’Assomption, pour bannière le drapeau fran-
(1) Discours de M. Landry. Rapport du Congrés national canadien-français. Québec, 1881, in-8°,
çais auquel ils ont, dans la partie bleue, ajouté une étoile blanche (l'étoile de l’Assomption) ; pour l'hymne ils ont pris l’Ave Maris stella, traduit en français. Le Moniteur acadien en rendant compte de cette céré” monie, disait : « La scène qui a accompagné l'adop- « tion du drapeau et du chant de l’Ave Maris stella a « été solennelle et touchante. Grand nombre pleu- « raient. C’est qu’au lieu de la mort nationale révée « par ses persécuteurs, le peuple acadien a salué en « ce moment dans son drapeau l'emblème de la vie « nationale se levant avec lui pour la première fois « depuis 1713 (D). ”
Ainsi les proscrits de 1755 sont en train de se reformer en corps de nation. De quelle vitalité cette renaissance n'est-elle pas la preuve, et que ne peut-on espérer d'un peuple qui, précipité tout d'un coup dans une telle détresse, se relève si promptement et reprend si vite une place importante au milieu de ceux qui ont tenté de l’anéantir ?
(1) Faucuer DE Saixr-MauRICE, En route pour les provinces maronites. Québec, in-8°.