‹ La Nation tchèque (volume 2)Chapitre 42 sur 47 · LA RÉPUBLIQUE TCHÉCOSLOVAQUE EST CONSTITUÉE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE TCHÉCOSLOVAQUE EST CONSTITUÉE

Prague, 15 novembre.

L'Assemblée nationale de l'État tchécoslovaque a tenu hier sa première séance. Le Président du Conseil National Kramâf a ouvert la séance. Il a exprimé sa joie sur les exploits du peuple tchécoslovaque pendant la guerre et a remercié le premier président de la république tchécoslovaque pour tout ce qu'il a fait pour l'indépendance de l'État. Il a envoyé le salut de l'Assemblée nationale à la France et a remercié l'Angleterre et l'Italie, ainsi que les États- Unis et particulièrement le Président Wilson.

// a déclaré ensuite:

« Le peuple tchécoslovaque doit constituer un pays de vraie liberté. L'union des peuples tchécoslovaques doit rester intacte. Le peuple allemand n'a rien à craindre pour son développement national dans les limites des frontières de cet État- L'État tchécoslovaque doit pouvoir dire vraiment qu'aucun ressortissant non tchécoslovaque n'a été opprimé et n'a pu vivre librement dans son sein. La monarchie des Habsbourg a perdu tout droit au trône tchèque; notre Etat constitue une libre république tchécoslovaque. Je déclare que le professeur Masaryk est élu à l'unanimité Président de la République tchécoslovaque.»

Comme président de l'Assemblée nationale, l'ancien membre du Reichsrat, Frantisek Tomâsek a été élu. Il a prononcé une allocution. Ont été élus comme vice-présidents: MM. Udrzal, Dr Hajn, Konecny et le Slovaque Dr Bella. Ce dernier a exprimé aux Tchèques ses remerciements pour la libération des Slovaques.

L'Assemblée Nationale qui fonctionne à présent à Prague est l'ancien Conseil National de Prague agrandi et transformé en une assemblée qui, jusqu'à l'élection de la Constituante, sera un organe de contrôle du cabinet ministériel et qui remplira ainsi les fonctions de la Chambre des députés et du pouvoir législatif. On peut donc dire, en un mot, que la républiaue tchécoslovaque est, au voint de vue du droit

Constitution du Gouvernement Tchécoslovaque définitif.

Le Gouvernement définitif de la République Tchécolovaque est composé comme suit :

>résident : KRAMÀR ;

Lffaires Étrangères : BENES ;

nstruction Publique : HABRMAN ;

Défense Nationale : KLOFÀG ;

agriculture : PRÀéEK ;

finances: RASIN ;

ustice: SOUKUP ;

'ravaux Publics : STANÉK ;

îommerce : STRÀNSKY ;

>ostes : STRÏBRNY ;

lygiène Publique : SROBÀR ;

Guerre : STEFÀNÏK ;

ntérieur : SVEHLA ;

Ravitaillement : VRBENSKY ;

Prévoyance Sociale : WINTER ;

Chemins de Fer : ZAHRADNÏK ;

Ministre sans portefeuille : HRUBAN ;

Le Ministère est composé des membres de tous les tartis et constitue un gouvernement de concentration lationale. Il contient d'abord les deux membres du Gouvernement provisoire : M. BENES et le général STEFÂNÎK.

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Constitution du Gouvernement des Pays Tchécoslovaques.

Le Gouvernement tchécoslovaque provisoire s'est, par décision du 26 septembre 1918, constitué comme suit, établissant provisoirement son siège à Paris :

M. T. G. MASARYK, président du Gouvernement provisoire et du Conseil des Ministres, ministre des Finances.

M. Edouard BENES, ministre des Affaires Étrangères et de l'Intérieur.

M. Milan STEFÀNIK, ministre de la Guerre.

Le Ministère a décidé d'accréditer auprès des Puissances Alliées les représentants suivants :

M. Stephen OSUSKY, chargé d'affaires à la légation tchécoslovaque de Londres, auprès du gouvernement de la Grande-Bretagne ;

M. Léon SYGHRAVA, chargé ^'affaires à la légation tchécoslovaque de Paris, auprès du gouvernement français ;

M. Léon BORSKY, chargé d'affaires à la légation tchécoslovaque de Rome, auprès du gouvernement royal d'Italie ;

M. Charles PERGLER, chargé d'affaires à la v légation tchécoslovaque de Washington,, auprès du gouvernement des Etats-Unis ;

M. Bohdan PAVLÛ, actuellement à Omsk, représentera le gouvernement en Russie.

L'Autriche reconnaît les droits de la Nation Tchécoslovaque.

Le comte Andrassy, ministre des Affaires Étrangères, a chargé hier le ministre d'Autriche-Hongrie à Stockholm de prier le gouvernement royal suédois de transmettre au gouvernement des États-Unis d'Amérique la réponse suivante à sa note du 18 octobre :

« En réponse à la note du Président Wilson du 1$ de ce mois adressée au gouvernement austrohongrois et au sens de la décision du Président de parler en particulier avec I'Autricl?e-Hongrie de la question de l'armistice et de la paix, le gouvernement austro-hongrois a l'honneur de déclarer que, de même qu'aux précédentes proclamations du Président, il adhère aussi a sa manière de voir contenue dans la dernière note sur les droits des peuples d'Autriche- Hongrie, spécialement ceux des Tchécoslovaques et des Yougo-SIaves.

« Comme, par conséquent, V Autriche-Hongrie accepte toutes les conditions desquelles Je Président a fait dépendre Ventrée en pourparlers sur l'armistice et la paix, rien ne fait nlus obstacle d'après l'avis du gouvernement austro-hongrois au commencement de ces pourparlers.

« Le Gouvernement Austro-Hongrois se déclare en conséquence prêt sans attendre le résultat d'autres négociations à entrer en pourparlers sur la paix entre l'Autriche-Hon^rie et les États du parti opposé et sur un armistice immédiat sur tous les fronts de l'Autriche-Hon^rie.

« Il prie le Président Wilson de bien vouloir faire des ouvertures à ce sujet. »

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Déclaration de M. Orlando.

Dans le discours qu'il a prononcé le 3 octobre devant la Chambre, M. Orlando, président du Conseil d'Italie, s'est exprimé en ces termes, îelativement aux rapports entre le Gouvernement Italien et le Conseil National Tchécoslovaque :

« Il va de soi que l'Italie, qui lutte pour la libération de tous les territoires italiens soumis à l'Autriche-Hongrie, ne se contente pas de considérer avec sympathie, mais encore avec des sentiments de solidarité, les efforts des autres nations, en vue de leur indépendance. Dès le 21 avril 1918 notre gouvernement a conclu avec le Conseil National Tchécoslovaque une convention relative à la formation des légions qui combattent sur notre front. Cette convention équivalait à la reconnaissance du Conseil National Tchécoslovaque comme un gouvernement de facto. Depuis cette époque, nos rapports avec cette héroïque nation ont toujours été des plus amicaux et les liens fraternels qui nous unissent ont été renforcés et resserrés par le sang que ses fils reconnaissants ont versé pour la défense, dans les Alpes, aussi bien des territoires italiens que de leurs propres territoires.

« Je pense être l'interprète de tout le peuple italien en disant que l'amitié de ces deux nations restera sincère et indissoluble et qu'elle sera renforcée encore par les féconds rapports économiques et intellectuels qui seront créés après la guerre. »

L'Union Tchèque

se proclame solidaire de l'Entente

et de l'Armée Tchécoslovaque.

Extrait du discours du député Stanék, président de l'Union Tchèque, prononcé au Reichsrat de Vienne, à la séance du 2 octobre 1918.

« Pas une seule goulle de sang n'a été versée par nous volontairement pour les empires centraux !

« Mais nos concitoyens, se rappelant cette lopgue et involontaire « éducation » autrichienne, ont formé des légions tchécoslovaques dans toutes les armées de l'Ei>tente. C'est là que nous avons versé notre sang pour les droits les plus sacrés de l'humanité : c'est là que nous avons coopéré aux batailles les plus épouvantables. Et c'est avec fierté que nous apprenons que nos légions ont participé à la glorieuse défense qui a empêché les Allemands de continuer leur pillage en France et qui a épargné à Paris, cœur de la France, et à son port principal, Calais, le sort de devenir le butin des Germains !

« L'Entente a répondu par des faits. Elle a reconnu l'armée tchécoslovaque comme puissance belligérante. Et alors on a essayé de nous extorquer une protestation contre cette déclaration de l'Entente !

DT Witchl (Allemand) : Mais vous n'avez pas voulu !

Stanék : « Certes, non ! Je l'ai dit au président du Conseil et le dirai à l'empereur si c'est nécessaire.

« Donc, vous n'avez pas voulu nous admettre aux négociations de paix. Les délégués tchécoslovaques y seront quand même, que vous le vouliez ou non: les représentants de ces brigades tchécoslovaques que le comte Hertling à cru pouvoir traiter de canailles î C'est avec eux que vous serez obligés de négocier au sujet de la question tchécoslovaque ! Et voilà pourquoi nous pouvons nous passer de négocier avec vousl

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Le clergé tchécoslovaque en faveur de l'État tchécoslovaque indépendant.

« Le clergé tchécoslovaque de tous les diocèses de la Bohême, réuni à Prague le 3 septembre, déclare unanimement ce qui suit :

Nous, prêtres tchécoslovaques, enfants conscients du peuple auquel nous rattachent les liens du sang, de la langue et des traditions, nous voulons rester unis avec le peuple dans sa lutte, dans ses souffrances et dans sa victoire finale. Nous réclamant de l'héritage sacré des prêtres tchécoslovaques, collaborateurs de la résurrection nationale, nous affirmons que les déclarations solennelles des députés et des intellectuels tchécoslovaques, confirmées par le Serment national du 13 avril, traduisent fidèlement nos propres sentiments.

Nous voyons, nous aussi, dans la reconstitution de l'État tchécoslovaque indépendant un acte de la justice divine. Pour atteindre ce but, nous considérons comme indispensables une union des forces et utje discipline absolue de toute la nation* Aussi déclarons-nous que seule L'UNION PARLEMENTAIRE TCHEQUE a le droit de traiter au nom de la nation, et nous condamnons résolument toutes les négociations privées, éventuelles, relatives au sort futur de notre patrie ».

M. Orlando rend hommage

à la fermeté intrépide

de la 6ème div. tchécoslovaque.

A l'occasion de la victoire de l'Armée tchécoslovaque en Italie le 21 septembre 1918, M. Orlando, président du Conseil d'Italie, a télégraphié au Conseil National des Pays Tchécoslovaques :

Je vous exprime avec une grande cordialité les sentiments de ma plus vive admiration pour la fermeté intrépide montrée hier sur nos Alpes par la 6e division tchécoslovaque au cours du combat de Dosso-Alto, où la bravoure d'un peuple combattant pour sa liberté a eu raison d'une fureur agressive alimentée par la haine. Que cela soit d'un bon augure pour la bataille et la victoire finale.

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L'Angleterre rend hommage à la vaillance de l'armée tchécoslovaque,

Une dépêche de M. Lloyd George.

A l'occasion des victoires des soldats tchécoslovaques en Sibérie et de la jonction de l'Armée tchécoslovaque de la Sibérie centrale avec celle de la Sibérie orientale, M. Lloyd George, premier ministre anglais, a envoyé à M. Masaryk, président du Conseil National Tchécoslovaque, la dépêche suivante:

LONDRES, 11 septembre 1918.

Au Président du Conseil National Tchécoslovaque,

Au nom du cabinet de guerre britannique, je vous envoie nos plus cordiales félicitations pour les remarquables succès remportés par les forces tchécoslovaques sur les armées allemandes et autrichiennes en Sibérie. L'histoire des aventures et des triomphes de cette petite armée est vraiment un des 'plus grands événements de l'histoire. Il nous a tous remplis d'admiration pour le courage, la persévérance et l'esprit de discipline de vos compatriotes, et montre ce qui peut être fait pour triompher du temps, de la distance et du manque de ressources matérielles par le maintien de l'esprit de liberté dans les cœurs des soldats. Votre nation a rendu un service inestimable à la Russie et aux Alliés dans leur lutte pour la libération du monde du despotisme. Nous ne l'oublierons jamais.

Lloyd GBORGE.

Le Conseil National Tchécoslovaque — un gouvernement belligérant de facto.

Déclaration des Etats-Unis du 2 septembre 1918.

Le Gouvernement des États-Unis a fait publier le 2 septembre i c, 1 8 la déclaration suivante :

»Les Tchécoslovaques ayant pris les armes contre les empires d'Allemagne et d'Autriche- Hongrie et ayant mis en campagne des armées organisées qui font la guerre contre ces empires, sous la conduite d'officiers de leur propre nationalité et en accord avec les lois et pratiques des nations civilisées, et les Tchécoslovaques ayant, en vue de la poursuite de leur indépendance dans la présente guerre, confié l'autorité politique suprême au Conseil National tchécoslovaque, le gouvernement des Etats- Unis reconnaît que l'état de belligérance existe entre les Tchécoslovaques ainsi organisés et les empires d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie ; il reconnaît également le Conseil National Tchécoslovaque comme un gouvernement belligérant de facto, revêtu de l'autorité nécessaire pour diriger les affairés militaires et politiques des Tchécpslovaques.

Le gouvernement des États-Unis déclare, en outre, qu'il est prêt à entrer formellement en relations avec le gouvernement de facto, ainsi reconnu, à l'effet de poursuivre la guerre contre l'ennemi commun, les empires d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. «

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Les Tchèques refusent de traiter.

Dans une interview, le député Stanêk, président de l'Union parlementaire tchèque, a confirmé

qu'il est vrai que le Président du Conseil songe à mettre de l'ordre dans les affaires de l'État, soit par une entente des partis avec le gouvernement et entre eux, soit par voie. d'ordonnances. «Il est, ajouta le député tchèque, une question à laquelle nous devons d'abord répondre : entrerons-nous en pourparlers ou non ?I1 ne peut y avoir qu'une seule réponse à cette question : Nous n'entrerons pas en pourparlers. »

Les Tchèques ne sauraient traiter avec le gouvernement, ni avec les Allemands ni avec les Magyars.

Car, aujourd'hui, au moins en ce qui nous concerne, il n'y a plus de question tchèque; il n'y a qu'une question tchécoslovaque. D'autre part, nous tenons compte de nos frères polonais, yougoslaves et ukrainiens. On ne peut donc parler que d'une question slave.

Nous souffrirons donc tranquillement que les Allemands et les Magyars jouissent encore quelque temps de leur suprématie (elle ne saurait durer longtemps). Allemands et Magyars luttent contre l'esprit

de progrès, nous ne les soutiendrons pas dans leur lutte en traitant avec eux. »

Les Tchécoslovaques réconnus

officiellement comme étant

une nation alliée.

Déclaration du Gouvernement britannique du 11 août 1918.

Depuis le commencement de la guerre, la nation tchécoslovaque a résisté à l'ennemi commun par tous les moyens en son pouvoir. Les Tchéco-Slovaques ont constitué une armée considérable combattant sur trois champs de bataille- différents, s'efforçant en Russie et en Sibérie d'arrêter l'invasion germanique.

•En considération des efforts faits par les Tchéco-Slovaques pour conquérir leur indépendance, la Grande-Bretagne les considère comme étant une nation alliée et reconnaît les trois armées tchécoslovaques comme constituant une force belligérante alliée, régulièrement en guerre contre l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne reconnaît aussi le Conseil national tchécoslovaque comme l'organe suprême des intérêts nationaux tchécoslovaques et comme représentant le gouvernement futur, tchécoslovaque, ayant le droit d'exercer l'autorité suprême sur cette armée alliée.

Signé: J.-A. BALFOUR.

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La France et les Tchécoslovaques.

A l'occasion de la remise du drapeau par le Président de la République à l'Armée tchécoslovaque, M. Stephen PICHON, ministre des Affaires étrangères, a adressé, au nom du Gouvernement de la République, à M. Edouard BENE§, secrétaire général du Conseil National des Pays Tchèques et Slovaques; une lettre dont voici les passages essentiels:

« Au moment cù le 21e Régiment de chasseurs, première unité de l'armée autonome tchécoslovaque de France, se dispose, après avoir reçu son drapeau, à quitter ses cantonnements et à monter en secteur au milieu de ses frères d'armes français, le Gouvernement de la République, témoin de vos efforts et de votre attachement à la cause des Alliés, considère comme équitable et nécessaire de proclamer les droits de votre nation à l'indépendance et de reconnaître publiquement et officiellement le Conseil na~ tional comme l'organe suprême de ses intérêts généraux et la première assise du futur gouvernement tchécoslovaque

Fidèle aux principes du respect des nationalités ef de la libération des peuples opprimés, le Gouvernement de la République considère comme justes et fondées les revendications de la nation tchécoslovaque et il s'appliquera, de toute sa sollicitude, le moment venu, à faire prévaloir vos aspirations à l'indépendance dans les limites historiques de vos provinces enfin soustraites au joug oppresseur de l'Autriche et de la Hongrie »

C'est le plus important document diplomatique, concernant les droits des Tchécoslovaques, qui ait été publié depuis le commen- ^mentde la guerre actuelle.

Un cri de guerre tchécoslovaque au Reichsrath.

Le 23 juillet, à la Chambre autrichienne des députés, le leader tchèque docteur Stransky, après avoir motivé la motion du parti tchèque, tendant à la mise en accusation du cabinet Seidler, a fait la déclaration suivante au milieu d'un violent tumulte :

•« L'Autriche ne peut exister que tant que ses peuples le voudront bien. M. Seidler voudrait nous faire saluer le chapeau de Geissler. N-ous déclarons solennellement ici que nous haïrons et combattrons éternellement une Autriche qui s'appuiera sur les Allemands et que, si Dieu veut, nous anéantirons complètement cette Autriche. Le plus grand devoir national du peuple tchèque est de nuire à l'Autriche autant et chaque fois qu'il le pourra.

« Notre fidélité envers notre propre peuple comme envers la couronne de Bohême exige cela, et cette fidélité exige aussi que nous trahissions V Autriche de Seidler. C'est pourquoi nous sommes fermement décidés à la trahir consciencieusement chaque fois et aussi souvent que nous le pourrons. L'Autriche est un Etat sans patriotes ni patriotisme, qui est né de l'addition de huit irrédentismes, y compris les Allemands.

« Dans son dernier discours, le comte Czernin a prouvé qu'il n'était pas autre chose qu'un agent de\ Berlin. Il a déclaré que nous ne pouvions pas être neutres vis-à-vis de l'Allemagne et a ajouté que l'empire allemand respirait par les Balkans. Nous savons maintenant pourquoi nos mères versent tant de larmes: c'est pour que l'Allemagne puisse respirer par les Balkans ! Nous croyons que l'Allemagne deviendra poitrinaire si elle n'apprend pas rapidement à respirer par d'autres poumons.

« Les députés allemands d'Autriche sont allés implorer l'aide de l'ambassadeur d'Allemagne à Vienne contre nous. Cela prouve, une fois de plus, que nous subissons ici le joug de la nationalité allemande. M. Czernin a parlé comme le fait un aventurier ou un escroc. (Tumulte.)

« L'existence de l'Autriche est un crime séculaire

Notre programme.

Dans le discours qu'il a prononcé à Rome lors de la remise du drapeau aux troupes d'Italie de l'armée tchécoslovaque, le général Stefan ik a très nettement tracé le programme pour la réalisation duquel nos soldats sont prêts à se sacrifier. C'est plus qu'une profession de foi, c'est un véritable serment auquel tous les nôtres resteront fidèles jusque dans la mort: •

« Pénétrés d'une foi profonde, pleins de confiance dans le triomphe du droit et de la justice' sur la violence, de la liberté sur l'oppression, de la démocratie sur les privilèges, de la vertu sur le mensonge, à cette heure solennelle qui nous ouvre une nouvelle époque de l'histoire humaine, nous levons nos mains et affirmons sur la mémoire sacrée de nos ancêtres, devant les yeux de notre nation ressuscitée, devant les tombeaux de nos morts, dans l'union harmonieuse et puissante de nos âmes, que nous résisterons jusqu'au jour où nous pourrons saluer l'État tchécoslovaque indépendant. »

On ne pourrait pas exprimer, en de meilleurs termes, le vrai caractère de notre révolte nationale.

L'Italie et les Tchécoslovaques.

Le 24 mai, pendant la cérémonie de la remise du drapeau aux troupes tchécoslovaques, M. Orlando, Président du Conseil du Royaume d'Italie, s'est, dans un vibrant discours, exprimé comme suit :

« La cérémonie d'aujourd'hui, qui consacre 1 étendard tchécoslovaque, est le baptême d'un nouveau peuple magnifiquement rebelle au joug. C'est la naissance d'un peuple digne du lieu où nous nous trouvons, sous le ciel sacré de Rome sur cet autel de la patrie qui résume l'histoire de notre Hisor&lmento, qui évoque tous nos morts, tous nos héros. J'ai dit «naissance », mais c'est «renaissance» qu'il faut dire, car vous avez, © soldats ! pendant cinq siècles déjà, été une nation libre, opprimée ensuite par le peuple allemand et le peuple magyar: « renaissance » affirmant que le rapt des Habsbourg reste toujours et que vous avez le droit et le devoir de vous insurger !

« En attendant, à Prague, on déclare l'état de siège, et, ici, en baptise le drapeau tchécoslovaque. A Prague, on crie : « Vive l'Italie î », et ici nous crions : « Vive la Bohême I »

C'est de cette façon solennelle que l'Italie a reconnu notre droit à l'indépendance.

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4ème Année. -- N°* 12-13.

15 Dec. 1918-1" Janv. 1919.

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SOMMAIRE

Ouverture de l'Assemblée Natio-

f liges

Pajes

nale Tchécoslovaque.

Le Gouvernement grec au Gou-

Ivan Markovic :

vernement tchécoslovaque.

Les Magyars contre la liberté

Le Gouvernement de Belgique re-

des nations.

connaît le Gouvernement tché-

François Kâlal :

coslovaque.

Comment se faisait le recense-

Félicitations à l'occasion de la

ment dans l'ancienne Autriche.

grande victoire finale.

Jules Chopin :

Les opérations de l'Armée Tché-

Propagande magyare.

coslovaque.

A. Arnautovitch :

Ordre général n" 274 de la 53*

Ce qui disparaît...

division. »

Bibliographie.

Résumé des Opérations de la

Gaston Choisi) : L'Allemagne secrète.

Brigade tchécoslovaque en octobre 1918.

D. Draghicesco : La Transylva-

La prise de Vladivostok.

nie.

Echos et Nouvelles.

Augustin Hamon : Les "Leçons

de la Guerre mondiale.

Faits et Informations.

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paraît le 15 de chaque mois.

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4èmc Année. — N°ê 14-17.

15 Janv. - 1er Mars 1919.

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SOMMAIRE

Le Message du Président Masaryk.

Ernsst Denis.

Réception sollenelle du Président Masaryk à Prague.

Adolphe Cerny :

La question des Serbes des Lusaces.

Vladimir Slavik :

La révolution dans les Pays Tchécoslovaques.

Adresse de l'Assemblée Nationale delà République Tchécoslovaque à M. Ernest Denis.

Echange des félicitations entre le Président Masaryk et les souverains alliés à l'occasion du jour de l'an.

Réponse du prince-régent Alexandre à la dépèche du ministre des affaires étrangères de la République Tchécoslovaque.

La Roumanie et la Bohème.

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15 Mars -15 Avril 1919.

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SOMMAIRE

Dr Edouard Renés :

Le problème de la Silésie de Teschen. (à suivre)

Dr Jaroslav Kallab :

Lai Ligue des Nations et la Nation tchécoslovaque.

Vladimir Lebedieif :

Les Tchécoslovaques en Russie.

Pages

Dr Antonin Bohàc :

La statistique des Allemands de Bohème.

Georges Bandrowski :

Le Lion blanc.

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4*- Année. — N" 21-22.

15 Mai- 15 Juin 1919.

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SOMMAIRE

H. Jelinek :

Le général Milan^Stefâmk.

Charles Mecir :

Les Travaux de l'Assemblée Nationale Tchécoslovaque.

Jan Krcmâr :

La réforme agraire dans l'Etat Tchécoslovaque.

Jan Kolousek :

La force économique et financière de la République Tchécoslovaque

H. Jelinek :

A travers les régions dévastées.

Pages

Mémoires et Documents.

Réponse de l'Assemblée Nationale au Message de Mr Masaryk.

Bibliographie.

Quelques livres.

Echos et Nouvelles.

La question de Tèsîn.

Les bolcheviks magyars en Slovaquie.

Hommage à Louis Léger.

Pages

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4*- Année. — N" 23-24.

15 Juillet-15 Août 1911.

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