DU PEUPLE TCHÉCOSLOVAQUE
Nous, Tchécoslovaques } nous ne pouvions pas assister en spectateurs à cette guerre. Il fallait que nous nous décidions à marcher contre V Allemagne et V Autriche-Hongrie. Toute notre histoire, sa base et son sens, nous pousse vers les puissances démocratiques, de même que la nécessité de construire notre État et le maintenir contre la ruée germanique vers V Orient. Notre Réformation et son idéal, nos souffrances pendant la contre-réformation, opérée par la violence des Habsbourg, qui se sont servis de la religion pour leurs buts matériels. Notre renaissance inspirée de Vidée de V humanité et de la démocratie, rattache logiquement la destinée de notre peuple aux démocraties modernes de VOccident.
Donc, ce fut avec raison, et comme nous le voyons maintenant, ce fut pour notre salut que nous nous sommes rançfés du côté dès Alliés depuis le début dé la guerre.
Le Message du Président Masaryk.
L'organisation de l'Europe nouvelle et les petites nations. .
Le vrai but de la guerre et de la paix est la réorganisation de l'Europe orientale et la solution du problème oriental et général. Cette guerre fut la continuation et le point culminant des luttes et des essais pour la solution du problème oriental dans le sens le plus large du mot. La poussée germanique Mrs V Orient, le « Drang nach Osten », est dirigé contre la zone des petites nations qui siègent entre les Allemands et les Russes, en commençant par les Finnois et passant jusqu'aux Grecs. C'est une chaîne de 18 petites nations. Les pangermanistes déclarèrent que les petites nations n'ont point d'avenir, que l'histoire s'achemine vers la création des grands États. Cette opinion est visiblement fausse, car depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, toute une série de petits États s'est constituée. La tentative impérialiste de Napoléon a complètement échoué, de même que l'impérialisme allemand, austrohongrois et russe. Les petites nations sont libérées, la tâche négative de la guerre est accomplie. Une tâche positive se pose maintenant: celle d'organiser l'Europe orientale, l'Europe et Vhumanité en général. Nous nous trouvons au seuil d'une nouvelle époque, où l'humanité entière ressent son unité. Notre nation veut contribuer de son mieux et avec pleine conscience à la réalisation de cette grandiose et sublime tâche. Nous savons que les Peuples attendent un nouveau travail créateur et organisateur, et nous leur promettons d'essayer honnêtement de poursuivre une telle politique.
Le Message du Président Masaryk.
Imprimerie Slave, 182, rue du Faubourg St.-Martin, Parla.
M. Orlando à M. Benes.
Je vous remercie vivement du chaleureux télégramme que vous avez bien voulu m' envoyer au nom du Gouvernement et du peuple tchécoslovaque à cette heure historique où se réalisent les idéals des peuples qui ont lutté pour la liberté et la justice. Dans cette lutte, le peuple tchécoslovaque a donné des preuves mémorables de son âme invincible soit sur les champs de bataille soit dans sa fière résistance contre l'oppresseur séculaire: il a dignement conquis à sa patrie la liberté et l'indépendance au milieu de l'admiration du monde. A la Bohême héroïque, l'Italie s'adresse avec sa plus profonde sympathie et ses vœux les plus ardents, heureuse de continuer à avoir avec elle, pour le bien réciproque, les relations politiques et commerciales les plus cordiales. Je forme des vœux fervents pour l'heureux avenir des deux peuples, avec affection constante et dévouement immuable.
Orlando.
Le Gouvernement Tchécoslovaque salue l'État Yougoslave.
M. Benes a envoyé le 22 novembre 1918, au prince héritier Alexandre, la dépêche suivante:
(( Au moment de notre victoire définitive commune, je me permets d'adresser à Votre Altesse Royale, au nom du Gouvernement de la République tchécoslovaque, V expression des sentiments les plus chaleureux de dévouement et de fidélité fraternelle à V égard de votre héroïque peuple et de V armée serbe.
Nous avons vaincu par nos efforts communs un ennemi redoutable qui a essayé d'assassiner votre peuple des Serbes, Croates et Slovènes, et de ligoter à jamais le nôtre. Nous avons toujours en face de nous le même ennemi qui nous force à rester à jamais unis dans nos luttes.
Je me permets de présenter à Votre Altesse mes félicitations chaleureuses pour l'unité et l'indépendance de la nation sœur des Serbes, Croates et Slovè^nes, qui se réalise aujourd'hui et dont tout Tchécoslovaque est heureux et fier. J'ai l'honneur d'assurer Votre Altesse Royale que le peuple tchécoslovaque est très honoré et très heureux de pouvoir compter sur la collaboration mutuelle de nos deux peuples en faveur d' une politique slave à jamais solidaire et fraternelle. »
Imprimerie Slave, 182, rue du Faubourg St.-Martin, Paris.