‹ La Nation tchèqueChapitre 45 sur 45 · Année. - N · texte numérisé non relu

Année. - N

15 Avril-r^ Mai 1918.

La

Nation Tchèque

Revue bi-mensuelle Directeur: Edouard BeNES

Professeur agrégé à l'Université de Prague

Secrétaire-Général du Conseil National des Pays Tchèques

SOMMAIRE

M. Orlando, Président du Conseil Italien :

L'Italie et les nations opprimées.

Albert Thomas :

Au retour de Rome.

R.-W. Seton-Watson :

Avant et après le Congrès de Rome.

Francesco Arcà : ^

Les nations anti-autrichiennes au Congrès de Rome.

Edouard Benes .

Après le Congrès des nations opprimées, à Rome.

— Le Congrès de Rome.

P«gef

Bibliographie.

D' Joseph Baudis : Czech Folk

Taies.

Andriya Radovitch ; Le Mon-i ténégro, son passé et son avenir.

Le Monténégro et ses tendances nationales.

N. Ange II : Le soldat serbe.

Mémoires et Documents.

Le fameux discours du comte Czernin contre les Tchécoslovaques.

La Neue Freie Presse, le comte Czernin et le peuple Tchécoslovaque.

Les Tchécoslovaques, les Yougoslaves et le discours du comte Czernin.

Echos et Nouvelles.

PARIS 18, rue Bonaparte, 18

Prix du numéro double : 70 centimes.

paraît le 1" et le 15 de chaque mois.

Secrétaire de la Rédaction : Jules CHOPIN.

RÉDACTION ETADMINISTRATION:

18, rue Bonaparte, Paris — Téléphone : Fleuras 12-19.

CONDITIONS D'ABONNEMENT

un an 6 mois

France et Colonies 8 fr. 4 50

Union Postale 9 fr. 5 fr.

Conseil National des Pays Tchèques

Le Conseil National des Pays Tchèques est l'organe central de toute action politique tchèque et slovaque dans les pays alliés. It dirige toute la propagande, l'action politique, militaire et diplo matique concernant la question tchécoslovaque. Son rôle est de faire connaître les aspirations de la nation tchécoslovaque, dt coordonner tous les efforts et de préparer les dossiers qui prouvent la légitimité de ses revendications. Le Conseil National des Pays Tchèques, seul compétent et responsable, n'agira qu'en parfaite harmonie avec les représentants qualifiés des Puissances Alliées. — Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques a son siège à Paris, 18, rue Bonaparte.

Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques est à la disposition de tous ceux qui désirent avoir des renseignements de tout genre sur les Tchécoslovaques, les Pays Tchèques et toutes les questions austro-hongroises.

3* Année. — N° 23.

15 Mai-1^ Juin Wli

La

Nation Tchèque

Revue bi-mensuelle

Directeur: Edouard BeneS

Professeur agrégé à l'Université de Prague

Secrétaire-Général du Conseil National des Pays Tchèques

SOMMAIRE

£. Denis :

Charles l'Imprévu.

Edouard Bene§ :

La grande crise de l'Autriche- Hongrie et les gouvernements alliés.

— La manifestation du 13 avril, à Prague.

Cages

Mémoires et Documents.

771 Dcutschbœhmen.

La kulture allemande et les Tchécoslovaques.

P«ee.

Notre action.

Echos et Nouvelles.

PARIS 18, rue Bonaparte, 18

Prix du numéro : 35 centimes.

parait le 1'*^ et le 15 de chaque mois.

Secrétaire de la Rédaction : Jules CHOPIN.

RÉDACTION ET ADMINISTRATION

18, rue Bonaparte, Paris — Téléphone : Fleuras 12-19.

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France et Colonies Union Postale ....

un an

6 moi»

8 fr.

9 fr.

5 fr.

Conseil National des Pays Tchèques

Le Conseil National des Pays Tchèques est l'organe central de toute action politique tchèque et slovaque dans les pays alliés. Il dirige toute la propagande, l'action politique, militaire et diplomatique concernant la question tchécoslovaque. Son rôle est de faire connaître les aspirations de la nation tchécoslovaque, de coordonner tous les efforts et de préparer les dossiers qui prouvent la légitimité de ses revendications. Le Conseil National des Pays Tchèques, seul compétent et responsable, n'agira qu'en parfaite harmonie avec les représentants qualifiés des Puissances Alliées. — Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques a son siège à Paris, 18, rue Bonaparte.

Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques est à la disposition de tous ceux qui désirent avoir des renseignements de tout genre sur les Tchécoslovaques, les Pays Tchèques et toutes les questions austro-hongroises.

ifr

3* Année. — N*» 24.

15 Juin 1918.

La

Nation Tchèque

Revue bi-mensuelle

Directeur: Edouard BeneS

Professeur agrégé à l'Université de Prague

Secrétaire-Général du Conseil National des Pays Tchèques

SOMMArRE

P««ts

Pages

Edouard BeneS :

Bibliographie.

Les déclarations des Alliés pour

Ligue Franco-Tchèque : Les

les nations opprimées.

Pays Tchèques.

E. Denis :

René Pichon : Les Tchèques

Charles l'Imprévu {suite et fin).

contre l'Allemagne.

— Le Congrès des nations oppri-

Mémoires et Documisnts.

mées d'Autriche-Hongrie, à Pra-

,. Comment les àôldats slaves de

gue.

l'armée austro-hongroise essayent

— Le manifeste des Slovaques de

de collaborer avec les Alliés'.

Hongrie.

Echos et Nouvelles.

PARIS

18, rue

Bc

maparte, 18

Prix du numéro : 35 centimes.

parait le 1*' et le 15 de chaque mois.

Secrétaire de la Rédaction : Jules CHOPIN.

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t8, rue Bonaparte, Paris — Téléphone : Fleuras 12-19.

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un an 6 moit

France et Colonies 8 fr. 4 50

Union Postale 9 fr. 5 fr.

Conseil National des Pays Tchèques

Le Conseil National des Pays Tchèques est V organe central de toute action politique tchèque et slovaque dans les pays alliés. Il dirige toute la propagande, Faction politique, militaire et dipUh matique concernant la question tchécoslovaque. Son rôle est de faire connaître les aspirations de la nation tchécoslovaque, de coordonner tous les efforts et de préparer les dossiers qui proovent la légitimité de ses revendications. Le Conseil National des Pays Tchèques, seul compétent et responsable, n'agira qu*em parfaite harmonie avec les représentants qualifiés des Puissance* Alliées. — Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques a son siège à Paris, 18, rue Bonaparte.

Le Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques est à la disposition de tous ceux qui désirent avoir des renseignements de tout genre sur les Tchécoslovaques, les Pays Tchèques et toutes les questions austro-hongroises.

nfr

L'Angleterre et les Tchécoslovaques.

M. le Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement anglais a envoyé le 3 juin 1918 au Secrétariat général du Conseil National des Pays Tchèques et Slovaques une lettre dont voici les passages essentiels:

J'ai l'honneur de vous assurer que le Gouvernement de Sa Majesté, qui nourrit toute la sympathie possible pour le mouvement tchécoslovaque, sera heureux d'accorder à ce mouvement la même reconnaissance que celle qui lui sera accordée par les Gouvernements de France et d'Italie.

Le Gouvernement de Sa Majesté est donc prêt à reconnaître le Conseil National Tchécoslovaque comme l'organe suprême du mouvement tchécoslovaque dans les Pays Alliés et à reconnaître aussi l'Armée Tchécoslovaque comme une unité organisée, opérant pour la cause des Alliés, et à y attacher un officier de liaison britannique, aussitôt que la nécessité s'en fera sentir.

Arthur-James BALFOUR.

Après les dernières paroles de Lord Robert Cecil, cette lettre ' constitue une nouvelle preuve de la faveur dont notre mouvement jouit aujourd'hui en Angleterre,

Pour la liberté et Tindépendance des Tchécoslovaques.

Au Congrès des Nations opprimées d'Autriche-Hongrie qui était convoqué à Prague le 16 mai, le chef de la politique tchécoslovaque, le docteur Kramâf, qui, comme on sait, fut condamné à mort pour crime de haute trahison, puis gracié, a fait un discours dont les passages les plus caractéristiques, que voici, montrent admirablement l'état d'esprit de la population:

Nous ne voulons pas rester dans le cadre étroit que Vienne veut bien pous accorder. Nous voulons désormais gouverner nous-nién7es toute notre vie nationale. Nous n'avoi>s pas besoit^ d'une tutelle étrangère, nous savons marcbcr seuls vers^ l'idéal de ri>umanité entière : la liberté et la justice ! Nous p'avons besoin ni de l'esprit étranger, ni des copseils de l'étranger ; notre meilleur ^uide est notre passé et les grat>des traditions démocratiques de notre nation ! Nous avons assez de force et de persévérance pour pe pas avoir peur des mepaces qu'on i>ous adresse, parce que nous voulons pour notre nation la pleine indépepdapce de la vie natioi^ale ; et cette liberté, nous la voulons pour toute notre pation, c'est-à-dire également pour les millions de nos frères martyrisés par les Magyars de l'autre versant des Tatras, pour nos frères Slovaques !

On ne saurait prononcer des paroles plus courageuses et plus décidées, quand on est sous les griffes de ses bourreaux I

imprinerfe Sliv«, 182, ni« du Paubaurs SL-Mirtin, Parts.

Le grandi document historique de la nation tchécoslovaque.

(Serment solennel du 13 avril, à Prague)

Fermement, iiiébranlablement convaincus que pos droits sacrés triompheront enfin, convaincus de la victoire de la justice, du triomphe du droit sur la violence, de la liberté sur l'esclavage, de la démocratie sur les privilèges et de la vérité sur l'erreur, à ce tourpapt de ri>istoire universelle, nous levons la maip et, nous souvenait de nos aïeux, aux yeux de la nation ressuscitée, sur le tombeau de ceux qui sont tombés, dans T.upiop puissante de toutes nos âmes, nous jurons aujourd'hui et pour l'avenir entier :

« Restons où nous sommes parvenus, fidèles à la tâche, fidèles daps la lutte, fidèles dans la souffrance, fidèles dans la vie jusqu'au tombeau. Tenops jusqu'à ^ce que nous soyops vainqueurs, tenons jusqu'à ce que nous ayons fondé l'indépendance de notre nation.

Restons tous unis pour l'État tcl^écoslovaque, unis avec les Yougoslaves, fidélité pour fidélité !

Pleips du souvenir sacré de nos aïeux, nous jurons de tenir jusqu'à notre victoire î »

Ce serment solennel des Tchécoslovaques est un document qui restera à tout jamais célèbre dans l'histoire des peuples d'Autriche-Hongrie.

Angleterre et Autriche-Hongrie.

Le 22 mai, Lord Robert Cecil, secrétaire d'État aux affaires étrangères du Royaume-Uni, dans un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire de l'eri'trée en guerre de l'Italie, formulait à son tour le point de vue du gouvernement britannique à l'égard du problème des nationalités.

« La vraie solution en ce qui concerne ce problème, n est pas le démembrement de l'Autriche, mais la libération des populations soumises à son gouvernement. Nous désirons voir tous ces peuples jouir de leur pleine liberté et df leur indépendance... Les vieux jours de l'attribution arbitraire de ces populations à telle ou telle souveraineté sont passés et, je crois, passés pour toujours. Dans tout règlement futur, nous ne devons plus avoir recours à des cours ou à des cabinets, mais aux nations, aux populations. De cela, et de cela seulement, dépend tout le projet de la Société des Nations, dont on a tant parlé...

D'un côté, nous avons l'Évangile allemand de la force et la croyance de pouvoir contraindre par la violence les nations libres à une nation artificielle. D'autre part, il y a les principes défendus par les Alliés qui sont la liberté par laquelle le gouvernement doit se faire avec le consentement des gouvernés, et suivant lesquels aucune existence nationale ne peut être édifiée sur l'oppression et l'assujettissement des nations qui luttent justement pour leur liberté. »

C'est depuis le commencement de la guerre la première manifestation officielle de l'Angleterre nettement antiaustro-hongroise. Elle est excessivement importante.

C'est le commencement d'une nouvelle politique de l'Angleterre à l'égard de l'Autriche-Hongrie.

Imprimerie Slive, 182, rue du Faubourg Si.-Mtrtin, Paru.

Profession de foi pangermanique.

(Pourquoi l'on doit conserver l' Autriche-Hongrie.)

A la suite de la chute du comte Czernin, la Frankfurter Zeitung du 15 avril publiait un article retentissant, dont nous extrayons le passage essentiel suivant, qui constitue une véritable profession de foi de la politique pangermaniste:

Si le peuple allemand fait la guerre, c'est dans une certaine mesure pour la conservation de l'empire des Habsbourgs dont Bismark a reconnu l'existence comme indispensable pour celle de l'empire allemand.

D'autre part, on sait à Vienne et à Budapest que l'existence de l' Autriche-Hongrie est liée à celle de l'Allemagne, et nous croyons pouvoir dire que la guerre a été la consécration de ce tait. Les Allemands d'Autriche et les Magyars de Hongrie comprennent toute l'importance de cette alliance, mais ils ne forment dans l'empire que la minorité et celle minorité ne pourrait subsister sans un troisième fadeur sur lequel on puisse compter : la dynastie.

Telle est la philosophie de la grande guerre. C'est là une doctrine que nous ne cessons de dénoncer depuis trois ans et demi devant l'opinion publique de l'Entente. Elle est admirablement claire :

1° L'Allemagne fait la guerre pour sauver TAutriche-Hongrie dont l'existence lui est indispensable.

2° A Vienne et à Budapest on sait que l'Autriche-Hongrie est indissolublement liée à l'Allemagne.

3° La dynastie des Habsbourgs, elle aussi, est indissolublement liée à la prédominance des Allemands et des Magyars en Autriche-Hongrie.

Est-il, pour assurer la victoire définitive des Alliés, une autre issue à ce terrible dilemme que la dissolution définitive de la monarchie dualiste?

" Menteurs et consciences pourries.

Le comte Czernin :

Certains chefs des peuples, ccrtaips représentants des peuples excitent les esprits contre ralliance avec l'Allemagne qui a fait si glorieusement SCS preuves. Ils prennent des rcsolutiops auxquelles est complètement étrangère lidée de l'Etat. Ils ne trouvent pas une parole de blâme à l'adresse des troupes tchèques qui combattent criminellement contre leur patrie, leurs frères d'armes. Ils veulent démembrer certaines parties de l'Etat hoi}^rcis.

Sous la protection de l'immunité parlementaire ils prononcent des discours qu'il n'est pas possible de comprendre autrement que comme un appel à l'étranger ennemi

Le misérable et pitoyable Masaryk n'est pas le seul de son espèce. Il y a aussi des Masaryks à l'intérieur de la monarchie. >

Discours du Comte Czernin, ministre des Affaires Etrangères de l'Empereur Charles I", prononce à Vienne ^^ 2 avril 19 1«

L'empereur Charles h':

Tous les peuples de mon empire sont unis plus étroitement que jamais dans la volonté commune de sauvegarder l'intégrité de la monarchie, au prix même des plus lourds sacrifices. Grâce à leur union, au concours généreux de toutes les nationalités de mon empire f la monarchie a pu résister depuis bientôt trois ans, aux plus graves assauts.

Lettre de l'Empereur Charles I" au prince Sixte de Bourbon, pour être communiquée au Président de la République française.

31 mars 1917.

Décidément M. Clemenceau a raison : « On a menti » et « il y a Hes consciences pourries b. Seulement pour les paroles citées ci-dessus Czernin et Charles feraient bien d'intervertir les jujjements de C'iemcnceau prononcés à leurs adresses. En eftet, le premier s'applique pour cette fois à l'Empereur, et le second à Czernin.

Ces deux personnes symbolisent, d'ailleurs, admirablement rAutriilic-Hfinqrie !

Qu'est-ce que c'est,

la politique magyare ?

L'un des grands quotidiens de Budapest, le Pesti Hlrlap, organe du parti national du travail magyar, publiait le 2 février, une lettre émanant d'un pasteur protestant magyar, membre de la Commission scolaire, nommé Zoltan Verlesi. Cet éminent serviteur de Dieu écrivait :

« Personne i?e parle, personne ne comprend la lap^ue de la natioi> magyare. A-t-elle des ennemis ? Oui, un monde d'ennemis î Mais ce n'est qu'aujourd'hui, au cours de cette guerre, alors que tant d'ennemis extérieurs nous ont attaqués que nous nous rendoi^s compte réellement que nous avons des ennemis intérieurs. Il faut que i>ous les extirpions, que pous les bravions, que pous les transformions, en établissant des tranchées de défepse. N'oublions pas que notre but principal, but que nous devons poursuivre ét;er^iquemei>t et pour la réalisation duquel nous devons i>ous imposer tous les sacrifices possibles, c'est de ma^yariser les Rationalités non-magyares. De même qu'en Allemagne, tout est allemand, nous devons a^ir de façon qu'en Hongrie tout soit entièrement magyar, afin de vaincre chez nous les éléments traîtres et non patriotes. »

Voilà ce qui s'appelle la « politique magyare ».

L'Autriche-Hongrie contre les Puissances occidentales.

Le comte Czernin, ministre des affaires étrangères d'Autriche-Hongrie, recevant les délégués du conseil municipal de Vienne, a fait une déclaration d'ordre diplomatique et politique où il a dit ceci :

La lutte formidable ù l'ouest est déjà déchaînée. Les troupes austro-hongroises et allemandes combattent côte â côte, comme elles combattirent la Russie, la Serbie, la Roumanie et Vltalie.

Nous combattons ensemble pour la défense de r Autriche-Hongrie et de l'Allemagne. Nos armées prouveront à l'Entente que les aspirations françaises et italiennes sur nos territoires sont des utopies appelant une vengeance terrible.

Nous dédions ces paroles à tous les austrophiles dans les Pays Alliés qui ont commis tant de fautes malheureuses contre les intérêts de leurs pays en faisant croire au public à la possibilité d'un arrangement éventuel avec l'Autriche-Hongrie.

Imprimerie Slave, 182, rue du Faubourg St-Martin, Paris.

L'offensive pacifique de l'Autriche- Hongrie.

La <i.Zeit7>, de Vienne, du 24, contient, au sujet de l'abstention de l'Autriche-Hongrie dans les nouvelles opérations contre la Russie, un commentaire d'un singulier intérêt, car il montre les dessous de la politique de Czernin.

Le journal dit :

Ceux qui critiquent le rôle des empires centraux ont tort, surtout ceux qui veulept signaler* des divergences eptre les gouvernements de Vienne et de Berlip. C'est le contraire qui est la réalité. Si l'Allemagne avait eu besoin de pous, nous auriops naturellement marché, mais, et il est superflu de le dire, notre attitude d'attente a été concertée entre l'Allemagne et TAutriche-Hon^rie.

La participatioi^ de l'Autriche-Hon^rie n'était ni nécessaire ni opportune, car elle aurait sérieusement compromis le plan de l'offei^sive pacifique concerté entre l'Autriche-Hongrie et l' Allemagne et développé depuis quelque temps avec un succès remarquable par le gouvernement de Vienne.

Encore un document de plus pour ceux qui veulent ménager l'Autriche-Hongrie !

Les Tchécoslovaques iront jusqu'au bout !

Dùclnratîon de la Constituante de Prague du 6 janvier 1918.

Un passage extrêmement courageux de la déclaration des députés tchèques réunis à la Constituante de Prague, caractérise particulièrement l'état d'esprit de la population tchécoslovaque.

Le voici :

(( Nous, députés de la nation tchécoslovaque, nous déclarons qu'une paix qui ne nous apporterait pas la justice et la liberté, ne serait nullement une paix pour notre peuple, mais le commencement d'une lutte nouvelle, puissante et conséquente, pour l'indépendance, lutte dans laquelle , notre peuple déploierait jusqu'à l'extrême toutes ses forces matérielles et morales. Il n'abandonnerait pas ce combat, mené sans aucun égard, avant d'avoir obtenu un résultat favorable. Se basant sur son droit historique, notre nation réclame son indépendance et elle est pJnétrée de Vardent désir de contribuer au nouveau développement de l'humanité sur les bases de la liberté et de la frater' nité, libre parmi les nations, libre dans son propre Etat souverain ».

Pas de doutes que l'Entente peut compter sur les Tchécoslovaques dans toutes les circonstances et jusqu'au dernier souffle de leurs âmes.

Imprimerie siave, 182, rue du Faubourc St. -Martin, Paria.

L'Empereur Charles V"

contre les Tchécoslovaques.

Le discours du 22 janvier 1918 que Seidler a consacré à la Constituante tenue à Prague le 6 janvier par tous les députés tchèques, permet de juger ce qu'est la politique tchèque et à quoi tend le gouvernement autrichien.

Voici comment le Président du Conseil considère les tendances tchèques:

(( L'idée politique tchèque semble suggérée par la pensée du monde avec lequel nous soutenons une lutte inouïe pour notre existence... Elle poursuit un but particulier entre l'Autriche et ses ennemis, elle est prête à présenter à la conclusion de la paix des revendications internationales, ponr en recevoir la reconnaissance par des États étrangers de la souveraineté. Les ennemis peuvent y lire un encouragement à ne pas ralentir les efforts dirigés contre l'existence de notre État. Elle s'efforce de troubler les conférences en vue de la conclusion de la paix; elle combat la paix qui ne serait pas basée sur le droit des nations à disposer d'elles-mêmes. »

(c Ainsi cette politique prend en considération des éventualités qui n'ont rien de commun avec l'idée de l'Autriche. Il est donc clair que cette politique mène sur un terrain permettant une interprétation inamicale que tout Autrichien doit réprouver avec indignation et que tout gouvernement doit combattre par tous les moyens dont il dispose.

La profonde coilscience de l'idée de l'État dans la population qui est fidèle à l'empereur et à l'État en est une garantie — et, je le dis en vertu d'une autorisation expresse, la volonté du facteur le plus

HAUT DE CET ÉtAT, QUI CHOISIT LES GOUVERNEMENTS, EN EST UNE GARANTIE. ))

A'insi donc l'empereur et son gouvernement ne reconnaissent pas le droit des nations à disposer d'elles-mêmes et sont prêts à réprimer toute revendication de ce droit par les moyens les plus violents. Telle est la démocratie de l'Autriche.

Le sort des Tchécoslovaques

et la victoire de TEntente.

Dans son éditorial du 26 janvier, sous la signature de M. Maurice Muret (M. M.), la Gazette de Lausanne consacre une étude digne d'attention au problème des nationalités de l'Autriche- Hongrie. La question y est posée d'une façon saisissante:

(( Les destinées du peuple tchèque, y est-il dit, sont particulièrement intéressantes à observer en ce moment. Le sort que réservera aux Tchécoslovaques Je futur traité de paix sera, si Vvn peut dire, la pierre de touche de cette paix. Si les Tchèques sont mis en mesure de « disposer d'eux-mêmes », suivant la formule, le programme de l'Entente aura triomphé. Si les Tchèques restent, après la paix, sous l'implacable domination autrichienne, ce sera le signe de la victoire des dynasties allemandes et de leur politique de force. »

Nous livrons aux méditations de ceux qui croient habile de ménager la Monarchie dualiste et de conserver à l'Allemagne une précieuse alliée, ce troublant dilemme d'un neutre qui sait voir et réfléchir.

Jaiprimeri* Slave, \t2, rue dii Faubourg St.-Martio, Paris,

Par ordre de la Nation.

Lies « rlarodni liisty » du 25 déeemhve, ont apporté un article dû à la plame du leader tchèque OQ. I^ r a txi a r , « Par ordre de la nation ».

li'énoinent homme politique tchèque y tt:iontre quels sont les sentiments de la nation.

« Notis avons cherché, dit-il, avec le sacrifice le plus absolu de nous-mêmes, une conciliation entre nos justes réclamaticns et une situation internationale défavorable pour nous. lia guerre a, jusqu'au fond, changé toutes les possibilités des Qompromis auxquels nous étions disposés, et nous ne pouvons pas, une fois de p'us, rouler notre drapeau fièrement déployé, pour le brandir de nouveau — à la prochaine occasion ».

Le Programme politique

des Tchécoslovaques

Dans d'admirables appels lancés au peuple, le ^o décembre 1917, en vue de Tunificalion de toute la nation, divers groupements nationaux ont formulé en termes lapidaires, le programme de la nation tchécoslovaque.

Le (f Conseil des Écrivains Tchèques » et le « Monde Artistique Tchèque », disent :

(c Notre conviction est que l'idée de cette unification demande que nous prouvions que Vidéal tchèque est un id^al de démocralie et de progrès social en même temps. La démocratie tchèque ne défendra jamais l'injustice, l'oppression, l'exploitation d.

Les industriels affirment :

c( Il n'y a plus de doute sur ce que veut et doit exiger la nation : cire libre dans un Ftat indépendant ».

Nous avons la ferme conviction que ce programme démocratique sera entendu de tous ceux qui ont toujours proclamé le droit des nations à disposer d'elles-mêmes.

Imprimerie Slave, 182. rue du F«ub»urit St.-Mtrfin, P«rU,

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