I.A NATL'PR
mit, mnnlré que la pierre du Tadjera n'est antre chose que le résultat du métamorphisme de lu pierre d'Annale, exactement comme le marbre d'Anlrim est le résultat du mélaniorpliisme de la cr;ue. Prenez un morceau do la pierre grise d'Aumale et, à l'abri du contact do l'air, portez-le à la chaleur rouge; au linut d'un temps convenable, etaprès refroidissement, vous constaterez qu'il s'est transformé dans la pierre ne ire de Tadjera, avec tant de perfection qu'il est impossible de l'en distinguer, de quelque manière que l'on s'y prenne.
Cela posé, il est évident que la roche de Tadjera n'a pu se produire que là où il y avait déjà de la roche d'Aumale et, par conséquent, que ces(leu\ types proviennent d'un même gisement originel où ils se trouvaient en relations strafigrapliiques. Quant à la
pierre de. Cliantonnay, avec ses marbrures noires, on s'assure qu'elle représente le produit du métamorphisme, incomplet do la roche d'Aumale. Celle-ci chauffée, comme il vient d'être dit, avant d'être entièrement métamorphosée en pierre de Tadjera, passe par l'état de pierre de Cliantonnay; et l'on voit que cette dernière pierre démontre les relations stratigraphiques. des deux autres types de deux manières différentes, savoir : en décrivant de l'un d'eux, par transformation métamorphique, puis eu établissant entre eux un de ces passages minéralogiques qui nous occupaient tout à l'heure.
Ce que nous venons de dire, pour les trois roches compactes d'Aumale, de Chanlonnav et. de Tadjera, nous pourrions le répéter mot à mot, pour les trois roches oolithiques de Monfrejcau, de lirlaja-Zerkwii <t
l'i^- 2- ■ — IlsiïicjiE rn i-n.o^i mi'itohitiq^f, décoiivcrle on lSfi'i <!;uis !a Cordillère de Uer.sa, nu Chili, Elle ennuie eu une mnssa métallique ayiml les CiinH'lèri's du i'er de C:iille, pn'MUiljlrmeiit l'undu, empâtant des tïîlgments anguleux do la nielle noire, qui e>t tomliée, ,i Tudjera (Aliri'rie) ^ous forint de uiéLéonte, et <]iu r^ulle du mi'ininiorplii^me de h roche gru-n reprr^-eiHéo , par exemple, par l;i im'téorile d'Amiiale (Algérie). — (Deux tiers de h t;r:iiideur nutore] loV.
de Shiwropol; la seconde est le résultat du métamorphisme incomplet de la première ; l'autre est le résultat de sou métamorphisme total.
11 faut remarquer, à cet égard, que les expériences sur le métamorphisme- météorique ont permis do réaliser, pour la première l'ois la reproduction artilicielte de certains types de météorites : les pierres ne ChaiitoniKiy et de Tadjera, d'une part et les pierres do iJelajn-Zerkwa et de Sfrawropol, d'autre part, ont été imitées dans tous leurs détails, les premières au moyen de la pierre d'Aumale et les autres nu moven de la pierre de Montréjeau, Nous verrons que, depuis et toujours dans la même voie, ou est arrivé à reproduire la pierre do Tadjera, au moven d'une roche terrestre appelée serpentine.
C'est à la l'ois à l'examen des brèches et à la découverte du métamorphisme météoritiqm: que se rattache l'étude d'un fer très-remarquable, reproduit, dans notre figure il et qui a fourni des données trèsprécieuses pour la stratigraphie des roches extra-
terrestres. C'est le fer dérouvert, en 1800 dans la cordillère de Deesa, près do Santiago du Chili. Comme on le voit, par la ligure, (''estime masse métallique renfermant à l'état de dissémination des fragments anguleux d'une roche noire de nature essentiellement pierreuse,: c'est donc une brèche, mais d'un genre tout différent de celles qui nous occupaient il n'y a qu'un instant.
Une étude minutieuse de, ce fer montra que les fragments pierreux sont rigoureusement identiques à la roche de Tadjera, citée déjà tant de fois, l'ourle fer, le résultat, lut un peu plus compliqué; chimiquement ce 1er est semblable de tous points au fer de. Caille, figuré dans un précédent numéro, mais pour la structure il n'en est pas du tout de même. Traité suivant la manière indiquée on ne peut pas eu obtenir les ligures de Widmannstadten, que le fer Caille donne si nettement, comme on se le rappelle: à ce point de vue le fer de Deesa, malgré sa composition qui admet du nickel, et les autres éléments météori-
.À NATIJUIv
tiques, se comporte pluli'il, comme 1p fer terrestre. D'un autre côte, ou fait ilispaïaUrc. complètement la différence m question, si avmt do soumettre le fur do Cii.illc à l'e.xju'rirtici» de WidmamisUnltrii, on le fuit fondre pnuL 1 le laisser ensuite refroidir trèslentement, l'ar suite de celte fusion, le fer météorique, sans changer de composition, perd sa structure reeonnaissable aux acides et acquiert Ai'> lors tous lus caractères du fer de Deesa. C'est une espèce de métamorphisme. De façon que, dans le fer de Deesa, les fragments pierreux résultent du métamorphisme de la pierre d'Ainuale et lofer du métamorphique du 1er de ("aille. A part les conséquences qui résultent de ces laits, quant aux relations slraligraphiquos, il
faut, bien remarquer qu'ils nous révèlent parmi les météorite* des actions géologiques dont on était lneu loin de se doutei' et qui établissent entre ces roches et les ruasses minérales terrestres une analogie intime.
[tu effet, il n'y a qu'une manière d'expliquer la for. ination du fer do l)eesa, dont la nature complexe et les détails de structure sont si remarquables. C'est devoir le premier échantillon qui ait été signalé d'un lilon érnplif extra-terrestre tout semblable, à la nature près, aux dyKes de porphyre et de basalte que renferme en si grand nombre l'éeoree de notre globe. Kvideiiiment du fer de Celle, préalablement fondu, a été injecté au travers d'assises superposées et frac-
li 1 ^ un<^ pur le^ autres dans lu mrUWmU) tocohi' n. 11' \ juin 1S1"2, ;l AuumTCi; ULmitl"). (Demi-^raTuli.'Pir naturi'llc.)
turées de roche d'Aumale qui, sous l'inlluence, de la chaleur, s'est transformée, on roche de Tadjera et s'est trouvée empâtée en fragments dans la pâte métallique, comme, des débris de gneiss, par exemple, sont, si souvent empâtés dans les filons de granité.
JNous allons revenir sur ces faits importants qui montrent dans le gisement originel dus météorites faut d'analogies avec la terre elle-même, mais avant, et pour résumer ce qui précède nous dirons rpu: dès aujourd'hui il y a plus du. vingt types distincts de roches météoritiques pour lesquels est faite la preuve des relations strutigraphiques. Les méthodes qui ont concouru à cet te démonstration et sur lesquelles nous ne pouvons insister, sont, très-nomhreusoset leur conclusion commune est d'autant moins attaquable.
Il eu résulte que. l'on est, en droit de constituer à proprement, parler une qrolofjin des météorites, qui, dès maintenant, a fourni des données intéressantes. Kilo consiste à déterminer lo rôle géologique de, divers types météoritiques comparés aux roches terres-
tres, et, comme résumé de ces études, à tenter la restauration du globe d'où proviennent les roches cosmiques.
Déjà nous venons de voir, par l'exemple du fer de Deesa, qu'il y a dos météorites éruptives. Et notons en passant, que les fers, d'ailleurs assez nombreux, qui ne donnent pas do figures par l'expérience, de Widmnnnstiotlen peuvent être, considérés, d'après ce qui précède, comme des échantillons de filons entièrement métalliques. D'un antre coté des études spéciales ont montré que la pierre de Chantonnay représente, à l'inverse ^]n type de liions complètement, pierreux. Il y a donc parmi ces liions cosmiques au moins autant do variété que parmi les liions terrestres. Sur la terre, les éruptions de roches supposent toujours l'existence antérieure Au failles, c'est-à-dire de, foules mettant ou communication l'intérieur du globe, avec l'atmosphère. Ces failles se reconnaissent, souvent au rejet qu'elles ont fait subir aux roches qui constituent leurs deux parois; ces roches d'abord
en continuité, sont écartées verticalement de quu.nl.ites qui peuvent être considérables. Do plus lu surface de ces t'ailles montre les traces de frictions énergiques; elle est polie, cannelée et striée. De. même les météorites présentent, dans une foule de cas, des failles véritables avec rejets et polissage. La ligure 3 montre par exemple un fragment delà chute d'Aumières (Lozère, 4 juin 1H12), où une faille en recoupe une autre, qu'elle rejette de plusieurs centimètres. Cette secondi! faille se présente en haut, à gauche de la figure, dans une situation à peu près horizontale, et se continue en bas. à droite, parallèlement à sa première direction, mais descendue par la grande faille oblique, à plus de cinq centimètres. La pierre d'Amnières est constituée justement par cette roche grise dont nous avons parlé, comme fournie par la chute d'Aumale, et qui jouit de la curieuse propriété de devenir noire sous l'inll uence de la chaleur. Or, on conçoit que les glissements qui ont eu lieu h; long des failles et en ont poli les surfaces, ont du développer de la chaleur: il en résulte que les points voisins de ces surfaces ont subi un vrai métamorphisme qui, de gris qu'ils étaient, les a colorés eu noir. Aussi les failles apparaissent-elles, do loin, comme de fines lignes noires tracées à la plume. l'in comparant divers échantillon': on voit que plus les rejets sont considérables, et. par conséquent plus l'effort mécanique a été grand, plus la ligne noire est épaisse. Son épaisseur permet donc de se faire une idée de l'énergie des actions dynamiques subies par la pierre ; et la roche grise d'Aumale et d'Aumièros nous apparaît comme une sorte de thermomètre extrêmement sensible de nature à rendre de grands services dans l'étude des météorites.
Far exemple, nous avons vu, dès le début de ces études, que l'intérieur des masses météoriliques est extrêmement, froid, imprégné du froid de l'espace. Eh bien, grâce, aux remarques précédentes, relatives au métamorphisme météoritique on peut se demander si la mesure de la température, jusqu'ici inconnue de l'espace, n'est pas de nature à devenir l'objet d'une mesure expérimentale. Les météorites , on effet, permettraient peut-être d'en faire un cas particulier do la méthode des mélanges. 11 suffirait de les refroidir assez pour qu'une application subite de chaleur à l'extérieur reproduisît la croûte noire et mince, pour qu'on fût eu mesure d'apprécier la tem pérature qui règne dans les régions interplanétaires. Mais ce sujet est encore trop vague pour que nous y insistions davantage.
i'iovenons aux phénomènes géologiques dont les météorites nous oll'renl des traces. Les failles terrestres sont très-fréquemment remplies par dus minéraux concrétionnées dont l'ensemble constitue les filons métallifères. Chez les météorites, on retrouve des filons de même nature, filons qu'il ne faut pas confondre avec les filons éruptifs cités tout à l'heure. Le fer doPallas, représenté dans un précédentarticle, constitue un type des plus nets de filon météoritique concrétionué. Il contient, comme on se le rappelle,
des cristaux do pérldot, noyés dans une sorte d'éponge métallique. Quand on scie cette météorite pour la soumettre ensuite à l'expérience de Widmamishetten, on reconnaît que la matière métallique s'est concrétionnée lentement autour des cristaux pierreux, exactement comme dans certains filous terrestres où l'on voit de la galène déposée peu à peu sur des cristaux entiers ou brisés de barvtine.
l.'n autre exemple, peut-être plus instructif encore, est. fourni par le 1er du désert d'Atacama, eu Bolivie, qui consiste aussi en une éponge ferrugineuse enveloppant des fragments pierreux. Ici, ces fragments ne sont plus des cristaux, ce sont des débris irréguliers de la roche que nous avons citée sous le nom de (limite, ci qui consiste dans le mélange du péridot granulaire avec le fer chromé. Cette météorite, au point de vue des actions auxquelles elle est due, et du mécanisme de sa formation, est la reproduction rigoureuse do certains filons du llarz, appelés par les mineurs filons en, cacardas, et qui consistent dans des fragments irréguliers de roches schisteuses, enveloppées de couches concentriques de divers minéraux eonerétionnés tels que le quartz et la galène.
Enfin, c'estaussi sur les failles que prennent naissance, dans l'écoree terrestre, les phénomènes volcaniques. Sans affirmer qu'il y ait eu, parmi les météorites, de véritables volcans, on no peut contester qu'il n'y ait plusieurs roches cosmiques identiques à celles qui sur la terre ne se rencontrent que parmi les éjections débouches ignivomes. Du nombre sont les météorites alumiueuscs, comme celle de Juvinas et dc.loiuac, tout à fait identiques à certaines laves et, par exemple, à celles de certains volcans islandais. — Oit peut citer aussi la météorite singulière tombée en 18im, à Igast, en Livonie, et qui est semblable à une ponce quartzifère. — On peut citer la météorite de Chassigny, Haute-Marne (-1815), tout à fait pareille à la dunite, si fréquente à l'état de fragments empâtés dans les basaltes de l'Ardèchc et de l'île llourbon. — Enfin, on peut ajouter que les météorites charbonneuses manifestent des analogies intimes avec certaines matières bitumineuses d'origine volcanique.
En résumé, les météorites offrent au géologue :
Des roches normales ;
Des roches élastiques (brèches) ;
Des roches métamorphiques ;
Des roches éruptives;
Des roches lilonniennes concrétionnées.
Des roches volcaniques.
On ne peut qu'être frappé de l'analogie que présente tout cet ensemble avec celui des roches terrestres. En outre, comme conséquence nécessaire de ce rapprochement, on est conduit à se demander si les masses cosmiques, dont nous venons d'étudier les principaux caractères, n'occupaient pas, dans ce gisement commun d'où elles dérivent, des positions relatives analogues à celles qu'affectent les roches terrestres dans l'épaisseur de notre globe. Mais c'est
LA NATCHK.
lu un nouveau sujet d'éludé qui demande à être traité à part et que nous n'aborderons pas aujourd'hui. Stanislas Mecsier.
L'EUCALYPTUS GLOJIULUS
Une question d'un 'puissant intérêt, l'assainissenient des terrains marécageux au moveii de plantations d'Eucalyptus globulus vient d'être traitée dans la séance de l'Académie des sciences du lô octobre dernier ; !e moment nous semble doue propice pour donner quelques détails sur un arbre dont les qualités multiples n'ont été appréciées en Europe que depuis une vingtaine d'années. Déjà grâce aux efforts infatigables de M. Ramol, on est parvenu à l'acclimater dans le sud de la Franco, en Algérie, en Corse, eu Espagne, à Cuba et au Mexique ; et les immenses avantages que l'on a retirés de la propagation de en végétal nous donnent lien de penser que sa culture ne tardera pas à s'étendre dans tous les pavs chauds. Originaire, de la Tasmanie, où il a été découvert en 1792, par La Hilhirdière, pendant le, voyage, à la recherche de l'infortuné La Peyrnusso, l'Eucalyptus globulus, par sa beauté, sa solidité et sa hauteur, qui n'a vraiment de rivale que celle du Wellingtonia de Californie, par les services de tout genre qu'il est appelé à nous rendre, méritait d'être plus rapidement connu de nous.
Nous empruntons aux Fraifmenia phijto(/rnpkif.B nustraliœ, du savant directeur du jardin botanique de Melbourne, le docteur Muller, une description détaillée de cet arbre magnifique :
« L'Eucalvptus globulus, de la famille des Mvrtaeées, est un arbre très-élevé, à rameaux tétragoues au sommet. Ses fouilles le? plus jeunes sont subcordiformes, opposées; les autres alternent, diversement péliolces , coriaces, uni-colores , comme vernies, aiguës et souvent un peu contournées eu faux depuis la base, ou étroitement, lancéolées, allongées en 11111crone et couvertes de nervures pennées, saillantes; les nervures de la circonférence sont éloignées des bords. Les boutons floraux sont pruinoux, \erruquenx, ridés ou presque lisses , à double opercule. Le tube du calice est souvent hémisphérique ou pyramidal, turbiné, anguleux ou pourvu de cèles rares égalant presque la longueur de l'opercule intérieur , déprimé hémisphérique ou subitement en forme de bouclier depuis le centre. Les filets des étamines sont allongés, les anthères subovales. Leurs fruits grands sont souvent hémisphériques ou déprimés, turbines. Us ont \, 5 à 3 loges; le sommet de la capsule est élevé et un peu convexe. Le tronc dont les lames corticales extérieures (comme chez le platane) sont souvent détachées, est lisse et cendre, n Cet arbre d'une rapidité de croissance extraordinaire est connu sous le nom de gommier bleu de Tasmanie (Tasmanian Mue qum tree) à cause de ses feuilles d'un vert bleu opaque. Poussant dans les
vallées et sur les versants humides des montagnes boisées, il atteint souvent fiO à 70 mètres de hauteur avec 10, 15 ou 20 mètres de circonférence à la base et plus rarement 100 mètres avec 28 mètres de circonférence. Son bois droit, régulier, n'a comme dureté de rivaux que les bois de taun et do teck, sur lesquels il l'emporte en ce sens qu'il est respecté par les animaux xylophages, grâce à la substance aromatique dont il est imprégné. Enfin, lorsqu'il est exposé quelque temps à l'air, il devient incorruptible, il est alors utilisé pour tous les travaux maritimes tels que digues, jetées, quais, etc.; on en l'ait aussi des traverses de chemin doter, des poteaux télégraphiques ; enfin, la plupart des baleiniers d'Ilobart-town et des steamers entre, la Tasmanie et l'Angleterre sont eu Eucalyptus. L'exportation de ce bois, dit l'habile jardinier de la ville de Paris, M. André, s'est élevée il y a quelques aimées à Van Diemen à plus de 800,000 livres sterling, soit 20 millions de francs. L'n des ces arbres qui avait 97 mètres de haut et dont les premières branches se montraient à (iô mètres, a été vendu, étant débité fi, 140 francs. L'exposition lie Lombes en a vu deux troncs énormes, et des planches de plus de 2' mètres de longueur sur r>"',50 de large et de m ,08 d'épaisseur envoyées par le capitaine Goldsiuith sont arrivées en Angleterre. Il ne faut pas que nous songions pour notre part à obtenir des résultats aussi merveilleux, la différence ie température est trop grande même en Provence pour que nous voyions l'eucalyptus atteindre? les proportions que nous citions plus haut. Xous devons dire cependant que les semis faits à Antihes, à Ilyèrcs et dans les environs ont donné des résultats très-satisfaisants et que cinq ans ont suffi pour que, certains sujets atteignissent 20 mètres de haut. A Paris quelques essais ont été tentés, un eucalyptus a même atteint 4'", 50 en quatre mois d'été, mais il a fallu le rentrer l'hiver et nous ne pourrons jamais en faire sous notre latitude que des piaules de serre et d'agrément.
La première idée qui vienne à l'esprit lorsqu'on envisage cotte rapidité de croissance, c'est la facilité du reboisement de nos forêts épuisées ; car bien que la consommation du bois ait baissé dans des proportions notables depuis l'application du fera l'industrie, elle est encore telle qu'il est facile de prévoir le moment où nos forêts ne pourront plus suffire à nos besoins. Nous possédons en France d'immenses étendues de terres incultes ou malsaines telles que la Crau, les Laudes, les étangs de Tbau et d'Aigucs-mortes, !a Camargue, l'embouchure du Var qui pourraient être sans grands frais plantées d'Eucalyptus et qui, vingt ans après, gràee à la prodigieuse faculté d'absorption do eo végétal l seraient devenues des terres de première qualité. 11 faut lire dans la brochure du docteur Guimbert les quelques pages qu'il consacre à cette importante question bien digne d'être prise en considération par nos économistes et nos agriculteurs.
1 II peut absorber dix fois îon poids en vm^-t-cjunlre heures.
Mais il nous faut signaler certains autres avantagea non moins précieux que nous procurerait l'acclimatation i!e l'eucalyptus. Grâce aux puissantes émanatiuns camphrées de ses feuilles, les influences paludéennes sont combattues, et l'on attribue à l'immense quantité d'eucalyptus qui poussent eu Australie le peu de fièvres qu'on v constate. Les Anglais qui ont été les premiers à reconnaître cette propriété bienfaisante ont fait aussitôt dans leur colonie du cap l'essai de ces plantations; deux ou trois ans ont suffi pour faire disparaître complètement les conditions insalubres de. leur possession.
Quelques années après , pareil essai fut fait en Algérie :
en 1867, 15,000 eucalyptus furent plantés par M. Trottier dans une propriété qu'il possédait prés rie la rivière Ilamize et, où les fièvres sévissaient cruellement.
Dès l'année suivante, bien que les arbres n'eussent pas plus de deux ou trois mètres de haut, les fermiers furent complètement préservés îles lièvres qui n'ont plus reparu depuis cette époque. Il eu a été de même à la ferme de Ben Maebvdlin qui était entourée de marécages, de même encore sur les rives du Yar où le docteur Gimbert cite à l'entrée du pont du chemin de fer une maison de gardebarnère voisine de
terrassements , de colmatages. Cette maison était meurtrière; tous les ans , oir était obligé de changer les gardiens dont la santé était attaquée par l'impaludisme. M. Villard, ingénieur, fit planter, il y a deux ans, quarante arbres dans le voisinage de la maison; dès cette année les employés do la voie furent préservés delà fièvre. Plaidé en fourré autour des lieux malsains, il empêche par son ombre l'action du soleil sur la terre, empêche les miasmes de se porter au loin et les modifie par ses émanations antiseptiques, eu même temps qu'il absorbe l'humidité du sol , condition essentielle de la [production des
miasmes ; enfin grâce à la persistance de son feuillage, la terre n'est plus couverte de ses détritus qui produisent en se désomposaut les effluves pernicieuses.
Mais ce ne sont pas les seuls services que l'on ait déjà tirés de l'Eucalyptus et l'extension de cette culture en Espagne a permis de constater les propriétés fébrifuges de cette plante qui a reçu dans le pays le nomd'ar&re à la fièvre. Les expériences répétées des
docteurs iinmel , à Montevideo, Carlotti, en Corse, Tristany, en Espagne , Mares , en Algérie , Gimbert et Gubler, en France, ont permis de constater qu'il guérit le plus souvent les cas rebelles à la quinine et aux autres fébrifuges. On l'applique également comme désinfectant au pansement des plaies résultant d'accidents ou d'opérations chirurgicales , on remploie comme stimulant local par l'application de feuilles fraîches sur les plaies qui ont de la peine à se cicatriser. Le docteur Gubler en conseille également l'usage dans les affections catarrhales et, les 'maladies des voies respiratoires.
On ne saurait donc trop encourager les efforts tentés pour l'acclimatation d'un arbre qui possède tant de qualités diverses, hier inconl'-ucalyplus glfjlmlus. mle5 parmi nous, cl
dont la propagation intéresse l'hygiène encore plus peut-être que. l'industrie. GA.BMEL M.UICKL.
LA PLADÏÈTE JUPITER
(Suite et lin. — Voy. [•■>:;('■ 3X7 nlTiGO.)
L'étude télescopique du disque de Jupiter fourmtelledes notions positives sur la constitution physique de la planète? Cette question peut se poser d'une autre façon, et se résumer en ces deux autres questions:
W'-'tiï
Que sont les Landes obscures, de teintes et de couleurs variées, que sont les bandes brillantes? Comment expliquer les taches noires ou sombres, plus ou moins permanentes, plus ou moins variables, fil. les taches brillantes que quelques observateurs ont aussi aperçues sur Jupiter?
iXous avons déjà vu Cassiui comparer le mouvement des taches à celui des courants équatoriaux, les bandes étant assimilées aux mers terrestres; mais on n'a pas tardé à comprendre- que les bandes variaient trop souvent de forme, d'étendue et de position, pour qu'on puisse les regarder comme des masses liquides, renfermées dans des bassins solides et consistants.
Ou sait coin nie ni 'W. lleixhel expliquait les bandes et comment il rendait compte, soit de leur parai léhsme, soit de l'inégalité de vitesse des taches selon qu'elles étaient plus on moins voisines des régions équatoriales. Voici ce qu'il dit, à cet égard, dans un mémoire de 1 7 'J Ti : <.< Je suppose que les bandes brillantes cl les régions polaires de Jupiter, dont la lumière surpasse celle des bandes faibl s ou jaunâtres, sont les zones où l'atmosphère de cette planète est le plus remplie dn images. Les bandes faibles correspondent aux régions dans lesquelles l'atmosphère, complètement, sereine, permet aux rayons solaires d'arriver jusqu'aux portions solides de la planète où, suivant moi, la réflexion est moins lorte que sur les nuages, s
Le parallélisme des bandes provient, suivant le, même astronome, des vents analogues à nos alizés qui existent dans les régions équinoxiales de Jupiter et qui sont dus au mouvement de rotation. Les taches sont des nuages accidentels que les courants équatoriaux entraînent avec des vitesses variables, selon leur latitude joviceiltrique plus ou moins grande.
Arago, en rapportant, l'opinion d'ilersche!, fait une réserve au sujet delà direction des vents réguliers de la pbmèLe; il fait remarquer qu'ils doivent souffler dans une direction opposée à celle des alizés terrestres, puisque ces derniers, tendant vers l'ouest, ralentiraient le mouvement de rotation au lieu de l'accélérer. Aussi, pour résoudre celte difficulté, adniet-ou aujourd'hui généralement que ce sont les alizés supérieurs ouenutre-alizés, qui detenriitio.nl le mouvement propre des taches'. Cette hypothèse, en effet, s'accorde avec l'observation. Mais nous avons déjà fait voir ailleurs qu'elle n'était pas nécessaire, et que l'on peut aussi considérer les alizés proprement dits, comme rendant un compte suffisant du mouvement propre dos taches. « Si les taches, disions-nous, sont des accidents atmosphériques ayant un mouvement propre, comme tous les astronomes le pensent, ce n'est pas la rotation du globe do Jupiter qu'on détermine, mais la rotation des nuages ou mieux la différence de durée de la rotation de Jupiter et du mouvement propre du nuage. Or, si l'on suppose que ce nuage se forme à une latitude donnée, soit entraîné vers l'équateur, par une cause analogue à la
cause des vents alizés terrestres, son mouvement de rotation éprouvera un retard, mais ce retard sera d'autant plus considérable que la latitude du point où le nuage s'est formé sera plus grande. Les taches qui auront des points de départ plus voisins de l'équateur paraîtront se mouvoir plus vile que les autres, et c'est aussi ce que l'observation constate, a
Du reste, à considérer avec W. llerschel, Béer, Mirdler et. Arago, les taches obscures qui ont servi à déterminer la durée delà rotation connue des nuages accidentels, il y a nue sorte de contradiction avec l'opinion des mêmes astronomes qui regardent les bandes brillantes comme formées de nuages doués d'un pouvoir réfléchissant supérieur à celui du sol de la planète. Évidemment, s'il en est ainsi, les taches obscures sont des vides, destrouéesdans l'atmosphère do Jupiter, produites probablement par des mouvements des niasses aériennes en forme de tourbillons ou de trombes : le dessin de M. Taechiiii (p. ôà7) offre plusieurs exemples de taches obscures de ce genre. Dans eettehvpntlièse, les bandes blanches seraient formées d'une accumulation de nuages semblables à nos ciuiudi, à surface fortement réfléchissante ; les bandes sombres laisseraient voir le sol au travers d'une atmosphère encore chargée de vapeurs, mais de vapeurs plus transparentes ; les taches les plus sombres enfin seraient, comme nous le venons de dire, des espaces à peu près eut ièrenient dépourvus de vapeurs réfléchissantes, des trouées dans l'atmosphère jovienne.
Quant à celle atmosphère, elle parait devoir être li ès-prnfoude ou très-dense : c'est ainsi qu'on explique un phénomène constaté partons les observateurs ,î savoir que les bandes obscures ou brillantes s'affaiblissent considérablement vers les bords du disque, l'ecr et Mœdlcr disent, à propos des taches qui leur servirent en lSô-i et. 18/iïï à mesurer la durée de rotation: « Les taches dont nous parlons ne purent, jamais être poursuivies jusqu'aux bords ; elles s'évanouirent, toujours 1 h, 21 m. ou 1 h. 27 in. après leur passage par le centre. Cet intervalle répond à "..]'!" ou rii° de longitude jovieentriquc, à partir du centre ; amsi dans une contrée du globe où l'affaiblissement causé par l'atmosphère n'atteignait pas encore le double du minimum, ces taches étaient déjà invisibles, ce qui no peut s'expliquer qu'eu admettant, une atmosphère très-dense de la planète, » Arago dit de même avee raison: « La diminution et l'augmentation de la réllexion des parties des bandes qui se correspondent près des bords de la planète a lieu naturellement; en effet, un nuage doit paraître d'autant plus lumineux, que le soleil l'éclairo plus obliquement; d'autre part, la portion d'atmosphère diaphane qui correspond à la bande obscure doit rouvover à l'œil d'autant plus de lumière qu'elle a plus de profondeur. »
Nous ne savons si le, lecteur envisage comme, nous ces conjectures sur la constitution atmosphérique de Jupiter. Mais elles nous semblent bien insuffisantes, bien incomplètes et bien vagues. Pour ne prendre
qu'un exemple, n'cst-il pas clair on effet, qu'elles ne peuvent s'appliquer aux taches obscures pour ainsi dire permanentes que mentionnent les observations prolongées du premier Cassini. Lu lenteur des variations des saisons sur Jupiter explique bien la permanence d'une taeJic pendant quelques-uns de nos mois : ainsi les deux taches observées par Mœdlcr et Béer, de novembre 1854 à avril 1N55, sont restées visibles pendant 167 jours terrestres, cinq mois et demi. Une telle durée d'une masse atmosphérique sur notre terre serait considérable mais il faut, considérer que ce n'est guère que la vingt-cinquième partie de l'année de Jupiter, comme la moitié d'un des mois de cette planète.
Mais que dire de la tache si longtemps observée par Cassini, laquelle paraît s'être montrée au mémo point depuis lui].') jusqu'à 1 7 1T). c'est-à-dire pendant cinquante années avec de longs intervalles, il est vrai, des disparitions; pendant des années entières, l'illustre astronome put, l'observer, sansqu'aucun doute lui restât sur son identité. Nuage ou trouée, il est également difficile d'expliquer ce long séjour, en mii mémo point, d'un produit atmosphérique, l'aul-il supposer, comme on l'a fait, qu'eu cette région de Jupiter existent, de hautes montagnes, un immense plateau que l'on verrait ainsi surgir quand l'atmosphère qui le recouvre serait moins chargée de vapeurs, tandis (pie les parties plus denses de l'air ambiant masqueraient, encore toutes les régions voisines ? Conjectures, on le voit, purement hypothétiques.
Dans tout ce qui précède, nous n'avons abordé qu'une partie des questions relatives à la constitution physique de Jupiter, et, encore, sommes-nous loin d'avoir exposé tous les doutes qu'elles font naître dans l'esprit, tous les desiderata bien propres à faire hésiter tous ceux qui ne font pas de la science une affaire d'imagination et qui préfèrent un fait bien établi, Lien précis à la plus séduisante des hypothèses. Mais cette notice est. d«jà longue et nous ne voulons pas mettre plus longtemps à l'épreuve la patience de nos lecteurs. Amédée Guii.lejiis.
LE PORT ALLEMAND DE \YIlIIEDISIRVEN
Il se passe actuellement de l'autre côté du Rhin, des faits de la plus haute importance au sujet desquels il nous semble utile d'appeler l'attention publique: le gouvernement allemand ne recule devant aucun sacrilice pour utiliser les ressources de la science, au point de vue militaire, et pour doter l'empire d'une marine formidable, capable de rivaliser avec celle des premières nations maritimes. Des travaux gigantesques, que nous croyons pouvoir mentionner comme des merveilles de l'art des constructions de l'ingénieur, ont été exécutés sur les côtes de l'empire d'Allemagne, qui, si exiguës qu'elles soient, ne s'en hérissent pas moins, d'appa-
reils formidables, de ports puissants, et de forteresses défendues par les fameux canons d'acier, que l'ingénieur Rrupp sait fondre dans ses usines. Le mois dernier, les membres du conseil fédéral et du fleiehstag allemands, ont été invités à visiter le nouveau port allemand de Wilheloishaven, D'après le Sjicrneshe zcilung, les visiteurs, firent la traversée de Bremerhaven à Wilhelmshaven sur un navire (t pavoisé, comme dans un jour de fête, orné de pavillons et de banderolles. » La Bévue maritime, publie d'après le Uiviski marititna, de curieux détails sur une solennité, qui a fait sensation en Allemagne.
Le maréchal de Moltke était l'objet de l'admiration générale, a A notre passage, dît un des témoins de cette fête, nous pûmes observer avec plaisir les favorables dispositions des ports des deux gracieuses villes de Geestcmfuule et de Rremerhaven, qui maintenant comptent, environ 50,000 habitants chacune, et qui voient apparaître clin/ elles et sur le Weser un nombre extraordinaire de navires, véritable forêt de mâts, fîeei prouvait à chacun de nous qu'une flotte militaire doit être pour l'Allemagne quelque chose de plus qu'un objet de luxe. Dès que le Mosel eut son avant tourné, vers la rade de J.jhde, nous aperçûmes un certain nombre de navires, parmi lesquels nous reconnûmes les corvettes Jlcrlha et Ariadne et le navire en essai la Lorcieij. Tous les yeux se dirigèrent, sur ces bâtiments avec un intérêt marqué; car c'élait un spectacle, tout nouveau pour plusieurs d'entre les conseillers qui étaient à bord du Mosel, que celui d'un simulacre de combat en pleine mer...
« Williehnshaven est bâtie, au bord de la mer, sur un terrain qu'il a fallu disputer pied à pied, à l'eau, et ee qui est pis encore à la vase et aux marais. Çà et là s'élèvent les habitations, isolées et groupées, formant de longues rues et, présentant partout l'asp.ect d'une cité naissante. Avec quel intérêt naturel, les membres de la commission ne durentils pas contempler ces établissements maritimes, pour lesquels on conçoit de si belles espérances et on a voté de si grasses sommes !...
u Les visites que nous finies au Grosser Kurfiirst continue notre narrateur allemand, et à la frégate Prinz Friedrich Cari, en activité de service, furent très-intéressantes ; nous admirâmes à bord de celleci, les canons Krupp, qui lancent des projectiles du poids de 200 kilogrammes.
« Pendant le petit nombre d'heures de notre séjour dans cette ville, nous n'eûmes pas le temps de faire une visite sérieuse aux grands établissements maritimes que l'on y a construits ; nous pûmes à peine jeter un coup d'oeil sur les machines et les ateliers, et remarquer la série des navires placés sur les doux eûtes du grand bassin: Y Augusta, les deux [régates Kronprinz et Friedrich Cari, l'imposant liœniij Wilhelm, le Prins Adalbert, l'aviso Falkc, V Aider, atc.
u A 7 heures du soir, nous nous rendîmes à bord
du Kœnig Wilhelm, toute la batterie avait été transformé un un grandiose salon. Six cents personnes prirent, place à la table, somptueusement servie. Le feld-maréehal de Moltkn porta lu premier toast : « A la santé rie S. M. l'empereur, qui accroît toujours l'empire et se montre le conservateur de la paix, grâce à l'armée et à la Hotte. » Les canons de la plage saluèrent ce toast de 101 coups de canons. Le chef de l'Amirauté, ministre de la marine, von Stosh, prit ensuite la parole et acclama le Conseil fédéral, le Reichstag, et les botes qui se trouvaient à bord du Kœnig Wilhelm. En qualité de Prussien, il pria les assistants de vouloir bien lui permettre de rappeler que 20 nus auparavant, AYiihelmsbaven, était un dé- M^rt, fit que la valeur, unie à un esprit sérieux et, à la constance, avait seule pu produire ces grandioses constructions que les fédérés admirent aujourd'hui. »
« C'est îi vous Messeigneurs du Reichstag et du Conseil fédéral, dit en terminant l'orateur, qu'il appartient de nous aider à accroître nos avantages et élever notre (lotte à la hauteur qu'exige la dignité, l'honneur et la sécurité de, l'Allemagne. »
Pendant trop longtemps, nous avons failli, par excès d'indifférence, ne daignant môme pas jeter les veux par-dessus nos murs. Que Jes terribles leçons d'un passé récent, nous soient salutaires, et (rue l'exécution d'un port allemand de l'importance de celui de Wilhelmshaven, ne reste fias inaperçu, de ce coté du Rhin. Ces travaux qui viennent d'être inaugurés eu Prusse, sont la conséquence directe de la science; qu'on ne l'oublie pas ; c'est, par la science qu'une, nation peut s'élever aujourd'hui, c'est à la source vivifiante de l'étude qu'elle peut puiser sûrement les éléments de sa grandeur.
LA MÉTËOllOLOfUG COSMIQUE
Tel est, comme nous l'avons dit dans notre article nécrologique sur Jean-TSaptisto Donati, le nom du la science, nouvelle que l'immortel directeur de l'Observatoire d'Areetri a créée, quelques mois avant d'être enlevé par une terrible épidémie. Cette science, naissante a été révélée par la grande aurore boréale que Donati a fait observer par tous les agents diplomatiques du royaume italien.
Devenus les bases et les fondements d'une science si importante, ces beaux et grandioses phénomènes acquièrent une importance toute nouvelle, on peut dire exceptionnelle; aucune des circonstances qui les concernent, ne doit dorénavant être, néjjliïée, quoiqu'il soit difficile de tout dire à leur endroit, Pour .convaincre nos lecteurs de la richesse inépuisable de ces variétés, dont ou ignore la cause, nous avons [iris, en quelque sorte au hasard, deux dessins. Voisins l'un de l'autre, l'approchés par le hasard, ils montreront mieux l'un et l'autre que de merveilles à décrire, que d'explications à découvrir.
Notre, première aurore, observée en France au
mois de septembre 1731, a été, dessinée par Mairou dans son bel ouvrage. C'est, une des apparitions qui (Mit pu porter certains physiciens à s'imaginer que les aurores boréales étaient des queues de comète ! La seconde, est beaucoup plus moderne. Elle fut observée par des Américains dans l'ancienne Amérique russe, aujourd'hui territoire d'Alaska, le 27 décembre 1 80."). On dirait un ruban lumineux formé par Ses replis d'un rideau de cirrhus qui vient du zénith et descend juqn'à l'horizon. Le spectacle fait involontairement songer à l'échelle mystérieuse que, suivant la légende, le patriarche aurait, vue en rêve.
Il est probable que- l'extrême bizarrerie de ces apparences tient à quelque circonstance, dont on trouvera l'explication simple quand on aura fait, un pas plus avant, mais sur lesquelles nous devons réserver notre opinion tout, entière.
Donati s'est borné, comme nous l'avons dit dans sa notice, nécrologique, a établir rigoureusement le synchronisme relatif à chaque méridien successif. En d'autres termes, si toutes les heures étaient comptées d'après un même méridien universel, on verrait que l'aurore a fait le tour du monde, en marchant juste aussi vite que le mouvement apparent du soleil. Cette belle et grande loi, aussi simple que les plus lumineuses énoncées par le grand Keppler, prouve surabondamment que la cause des aurores gît dans le soleil lui-même. Cette vue si nette vient confirmer les longs et magnifiques travaux de M. Jlrowii, l'astronome de, Trcvandum, qui a exposé des lois expérimentales non moins logiques, non moins surprenantes, et cela sans connaître les travaux de llonati, qui n'étaient point alors parvenus dans l'Inde. M. Browu a remarqué que les aurores boréales ont. une périodicité de 2(i jours, c'est-à-dire qui semble réglée sur le mouvement de rotation du soleil autour de son ave. llien de plus naturel, si on admet la théorie de l'incomparable Hansteen qui veut que le soleil soit le siège de puissants courants électriques, en un mot, que ce soit un immense solénoïde tels que ceux qu'Ampère et Arago nous ont appris à construire. Eu effet, il n'est point admissible que la surface du soleil soit homogène, d'où il résulte, que l'action magnétique des divers méridiens solaires qui se déplacent sans relâche doit varier incessamment; mais tous les 20 jours les divers méridiens solaires reprennent la même position relative à nous, d'où résulte que tous les 26 jours les mêmes méridiens ont repris leur même position, et (pie, par conséquent, l'action magnétisante du soleil doit offrir cette, période.
En comparant les mouvements de la pression barométrique en Ecosse et en Tasmanic, M. Brown a constaté que les variations sont simultanées dans ces deux stations dont, la latitude magnétique est la même, et qui sont situées l'une dans l'hémisphère autral, l'autre dans l'hémisphère boréal. Cette simultanéité rappelle évidemment celle qui a été constatée dans l'apparition des aurores dans les deux hémisphères. Mais ce n'est pas tout, car ces
jjlu ubif
deux variations sont périodiques et leur période est également de 20 jours. D'où résille l'idée hardie i|ue les variations de la pression barométrique sont dues à des variations de l'action magnétique du soleil etiiidependaiil.es de la gravitai ion. (]i:ttc idée renverserait de tond en comble pi isieiirs Ihéorios admises par certains physiciens. Nou-soulernent les aurores seraient un signal que le temps a changé, mais on comprend qu'elles doivent èlre inséparables de ce changement de temps , puisqu'elles dérivent, elles aussi, de l'électricité du soleil.
M. lirown n'a point jeté eu l'air cette conception à l'état brut, sans l'étayer de nombreuses observations et de sérieux corollaires, l'eudant le cours de l'année 18G'J, il a établi dans les montagnes du sud de l'Inde neuf stations , pour déterminer la valeur de la variation barométrique , et. il a étudié une période distincte de la précédente, dont l'exislenee est constatée pour toute la terre, et que l'on nomme diurne ou plutôt senii-diurne.
Le tableau de ces nombreuses observations prouve que l'amplitude varie proportionnellement à la valeur absolue de la pression , e'esl-à-due pins granile dans le voisinage des plaines que sur les sommets escarpés . l) : où il n'est pas dilïieile de déduire qu'il faut que la pression mémo surproduite
par une force extérieure, telle que le serait une action électrique émanée du soleil.
Chemin faisant, Jl. lirown attaque, dans ses Mémoires {voir les comptes rendus 1872-1 875), des préjugés mis en avant par des météorologistes qui n'ont point observé la nature et que l'on trouve énoncés dans tous les traités de physique : 1 IJ La vapeur à l'état vésiculaire est un mythe; car M. Brown a longuement observé a:i télescope de la v.qi.uir
S^Tv ".
•ijk^nt,
A(.nji(! liPni.iL; ijLi^rviJi: i!;nii 1' A. L is!,:i, le 27 décembre 1SG3.
d'eau et s'est convaincu que le globule est plein. 2° 11 a observé que le phénomène de l'évaporatiou, même dans les plaines les plus chaudes de l'Inde, ne produit aucun mouvemmt latéral, malgré l'énorme, quantité d'eau qui se rend ainsi dans les nuages. 11 eu résulte, que tout le mécanisme de la circulation atmosphérique et océanique, dont on a l'ait tant de bruit, parait loin d'avoir dans la nature la mémo împortaneequedan» la science contemporaine. o" 11 a observé que la direction (les nuages est tout à fait indépendante des variations de la pression barométrique. Ce fait saillant résulte de trèslongues et très-uunihi'euscs observations faites en Ecosse, avec un grand soin et dans lesquelles on tenait compte de la direction relative do toutes les couches.
Suivant M. lirown le moteur de tous eos mouvements atmosphériques ne peut être que l'électricité solaire.
.Nous reviendrons avec plus de détails sur tous ces faits (pie nous ne pouvons qu'indiquer d'une façon sommaire.
Mais n'est-ce point une coïncidence digne d'être signalée, que de voir le témoignage de lirown confirmé par Douati mourant, et Douati donner îaisun , par des voies nouvelles, à l'incomparable Ilausteeu, ce génie si peu compris et cependant qui rayonne de si vives lumières, qui ne l'a piécédé ([lie de quelques mois dans la tombe. [.Lus notre dernière revue de météorologie nous avons critiqué, avec quelque, violence, des opinions du l'ère Uenza, qui nous paraissaient erronées. Mais nous serions désespères qu on vit dans noLre polémique une attaque contre le talent de cet observateur qui nous parait digne de continuer la tâche de Douati, car il a déjà organisé, aux frais du gouvernement italien, les observations électriques dans sept observatoires météoroio-
HA
giques, parmi lesquels nous citerons Vloneullei'i et le grand Saiut-lieninrd , dont la grande élévation rend les indications si précieuses C'est le célèbre l'iilinici'i, clo rObservaloiru vésuvien, qui est l'iavenleur des instruments en vidage dans ces nouvelles stations. i\ul doute que la météorologie cosmique, entre des mains pareilles, ne fasse des pas de géant, et qu'on ne puisse dire bientôt d'elle:
Mes ji:ireil3 à tUaix Luis in- si 5 , tout pir, lamiLiilro,
Et puLir JL'Ul'S coups d'e^ai veidiuit du* roups de itiaihv.
W, DE rOXVIELI.E.
CI1R0N!QL T E
Les «rebidée» du Muséum. — La serre des orchidées au Jardin dos Piaules, où les olius prussiens oui causé de sérieux désastres, a été complètement réparée, et de magnifiques [leurs s'y épanouissent actuellement au milieu de 1 atmosphère eliauile Ole elles sent plongées, lies fleurs multicolores, les plus admirables productions végétales, sont très- recherchées des amateurs. Elles ont une valeur considérable, comme l'atteste une vente célèbre faite à Londres. Lord l.oiide».buroiigli, grand amateur d'orchidées, a jiavc un bel exemplaire de Cymbidinm cburiœiim S livres 10 scliellings, c'est-ù-dire L 21'2 francs, un autre pied de l.i même espèce, TTi livres 10 scheUiius(l,S,S7 tr. 00) un F.pitlenilruin vileUinum ma jus, 1(i liv. Iil schr.llmgs, (ït'2 l'r. Û0). 70 pieds d'orebidées ont proluit à la vente dont nous parlons plus de '20,0011 francs, La collection des orchidées du Muséum, unique dans son genre, avait été presque entièrement détruite, pendant le siège de Paris, par les projectiles ennemi.-.. Elle est redeieuue aujourd'hui ce qu'elle était jadis; .souhaitons que nos autres blessures se cicatrisent de même !
Tremblement de terre si Aljjcr. — Les feux souterrains qui ont si fréquemment ébranlé cette année l'ccorco terrestre ne se sont pas livrés à un long repos. Ils viennent de manifester leur action dans mitre colonie algérienne. Une secousse de tremblement de terre assez violente s'est fait sentir à liouffariek, le 1G octobre dernier, à dix heures quarante-deux minutes du soir et a duré au moins cinq à six secondes. La direction des oscillations n'a pu être exactement déterminée, les avis sont i peu prés partagés. Cependant on penche pour la direction du sud au nord. Le 17 octobre, on ne reconnaissait aucune trace de dégâts : pas de lézardes aux bâtiments, pas d'accidents d'aucune nature, mais les populations, on le conçoit, ne sont que bien médiocrement rassurées.
JLcs couleurs d'uuiïinc ù 1 l' vitosiitimi de
Vienne. — 51. le professeur Kopp, qui a étudié spécia- L ment ces remarquables produits exposés à Vienne, nous apprend que l'industrie des couleurs dérivées du goudron de houille s'est signalée par de remarquables progrès. Elle a pris une extension considérable. « La fuchsine, constituée par un sel de rosanilinc, dit M. Kopp, s'obtient exclusivement parla réaction d'un poison violent, l'acide arsénique, sur l'aniline commerciale. Pour se faire une idée de l'énorme consommation d'acide arséuique provoquée par la fabrication delà fuchsine, nous n'avons qu'à rappeler que pour l'Allemagne seule, elle ost évaluée à 1 ,!10fl,(l0Q
Lilog.; or, de beaucoup, la plus grande partie des résidus arsénifères était écoulée dans les fleuves et rivières, et ce n'est que dans quelques localités, comme par exemple à Iluan, près dTdbcrferd, et pendant quelque temps dans les environs de bàle, que ces résidus étaient soumis à des traitements rationnels pour eu retirer l'arsenic sous une forme commerciale. » Le violet llofiiianu, qui, en 1 S G 7 , était une nouveauté, se, fabrique aujourd'hui en abondance; le vert-lumière a pris une extension considérable ; i l'Exposition de Vienne, figurent enfin de magniques échantillons de violets et de verts de inétliylaniline. Connue nouveauté de l'Exposition, M. Kopp mentionne la safrauine, belle matière colorante rouge rose, qui donne à la «oie le plus admirable et le plus brillant aspect.
Or »!e lu Colombie anglaise. — Lu journal américain constate que l'or expédié par express des bords de la rivière Fraser et des districts aurifères de la Colombie anglaise depuis 1KÔS jusqu'au 1" Septembre 1873, s'élève à 2.", 478,011 dollars. En estimant à la moitié l'or apporté par les particuliers durant la même période, on peut évaluer la production totale de la Colombie, durant les quinze dernières années à iïmillionsde dollars; c'est une moyenne de 2,^01,0(10 dollars par an. Le développement des ressources minérales du district a été dû surtout à. la construction d'une roule jusqu'au district minier de Caribou et qui a coûté 1 ,!ij0,00() de dollars. La tète délègue estle port de Vole sur la rivière Frayer, à l'une des extrémités, et la ville de Jiakerville, sur la voie de William, à l'autre bout : la route à 'il'liJ milles de longueur, et serpente le long île la cote. Ainsi que dans les districts aurifères de la Californie, de Meuula, d'Australie, l'or ne peut plus s'extraire des placées par de simples lavages. Il faut maintenant des installations pour broyer, des machines il vapeur pour l'épuisement des eaux. Les exploitations se réduisent en ce moment il une trentaine d.e compagnies. La plus importante est la compagnie appelée Lane et Kui'tz Cariboo Mining Company, qui appartient à des actionnaires ot capitalistes de San Francisco. Quelques autres mines sont exploitées par des capitalistes anglais. La plupart des exploitations fournissent du minerai d'or eu quantité rémunérafive ; et pour le petit nombre des mines qui ne se trouvent pas dans ce cas, il faut attribuer l'insuccès à l'insuffisance des capitaux mis en jeu.
Pèsc-bcbés. — A l'Académie des sciences morales et politiques, à propos d'un rapport fait par 51. Levasseur sur le résultat de ses observations à l'exposition de Vienne, en ce qui concerne l'éducation de l'enfance, 51. Lévêque a si» gnalé un berceau envoyé à cette exposition par M. le doeLeur Coussin (de Bellevue), et combiné de manière à indiquer le poids d'un enfant. L'un autre côté, dit la Gazette de Médecine, 51. llusson a donné d'intéressants détails sur d'autres berceaux-balances essayés dans les hôpitaux de Paris et destinés aussi à l'aire connaître le poids successif do l'enfant. Cet instrument vient en aide à la surveillance administrative. 11 est, en effet, certain que toutes les deux ou trois semailles la différence de poids fournit sur le Irai* temeut du nourrisson nue indication qui n'est pas à dédaigner. 5Liis la nécessité de déshabiller les enfants n'est pas sans inconvénients.
tExplorntîon du désert de Libye (Afrique), —
On a récemment vu passer à Leipzig, à destination de Trieste, deux fourgons de bagages pour l'expédition qui va bientôt explorer le désert de. Libye (partie orientale du Sahara). La forme insolite des coiis, leur taille énorme
attiraient l'attention îles passants; mais ce qu'on remarquait surtout, ilit Y Officiel d'après la Gatellu de. Cologne, c'était un grand nombre de caisses vides en fer. On pouvait en compter jusqu'à 50(1. Ces récipients- doivent servir ii transporter l'eau nécessaire au personnel de l'expédition charnue de ces caisses peut contenir 100 livres (mesure allemande) d'eau. Elles sont éniailiér.s à l'intérieur, pour que le liquide puisse s'y conserver plus longtemps intact. Ces provisions sont la principale garantie de la réussite de l'entreprise ; car, si l'expédition a ce qu'il lui faut eu ce peine, indépendamment des ressources que lui fourniront les sources et les puits, elle pourra manœuvrai' dans toutes les directions.
On sait que c'est le vie-roi d'Egypte qui fail généreusement les frais de cette exploration à travers le désert. Ce prince avait déjà soutenu de ses deniers, le vayageiirSitiweinl'LUth le zoologue lloAcl, sans parler de Baker, qui, en dehors des Irais de son expédition, a reçu du vice-i'oi pendant quatre ans, 10,000 liv. st. chaque année. 11 est probable que l'expédition nous apportera des renseignements sur la géologie et le relief de la partie, est du Sahara, qu'elle nous dira par exempte si dans celte section du grand désert il existe des chaînes de montagnes, des dépressions, des hauteurs, des oasis, des formations de sable, etc.; en un mol, qu'elle fera connaître un coin de notre globe, grand comme le centre de l'Europe et resté jusqu'à ce jour complètement inexploré et inconnu. Ce départ d'Europe des voyageurs aura lieu à la fin de, novembre. , On quittera l'Egypte au commencement de décembre, et, à la fin de ce dernier mois, nous pourrons avoir déjà des relations du voyage, datées peut-être île Tarufreh, Huant au but principal, Koufra, au centre du désert de Libye, ou peut y parvenir pour la fin de janvier dans les circonstances les plus favorables, fl avait d'abord été question do partager l'expédition en deux troupes, mais il a élé décidé que tout le inonde partirait ensemble de Minicli ou de Sioul, en se dirigeant vois l'ouest. Ces deux points mil élé choisis à cause de leur position sur un chemin de fer; ils formeront une base fixe d'opérations.
OhacrvïilîonH sciciitïfiifues des Russes à Kivn.
— ■ Le temps que les troupes russes doivent passer encore dans le lUianat de Kbiva est employé, sur les ordres du généralkaufhnann, à la continuation des études scientiques interrompues par l'expédition contre les Turcomans. Le colonel Gluebowski et le lieutenant-colonel baron Kaulbars ajoute le Jouïnul officiel, à qui nous empruntons ces documents, sont occupés en ce moment à des levés topograpbiques du pays. Les 1,'sbeks de Kbiva ne manifestent plus cette haine fanatique contre les étrangers (kafirs) qui domine ou général chez les musulmans d'Asie. Ils sont très— connnunïtatils, dit un correspondant russe de la Gazette tï Ausbourg , et ne prétondent poïut'que toutes les inventions européennes sont des ouvrages du démon (shaitan). C'est ce que peuvent constater les officiers qui s'occupent de topographie, de photographie et d'aj,tronomie. Les photographias prises par M. Kriwhow excitent parlout les plus vives sympathies. Les indigènes s'eflorccnt devenir en aide à l'artiste et ils se laissent très-volontiers photographier. La cause en est que les Khivaius ne peuvent èlre Considérés comme des Usbeks pur sang ; l'introduction il esclaves persanes ayant depuis des siècles amené un mélange de races, de mémo que le voisinage des Russes a provoqué un mélange avec le .sang moscovite. Lanière du divan Lloghi Mat Xiaz était une prisonnière russe. Connue nous l'avons déjà dit précédemment, l'cxpéililion russe ne manquera pas de nous fournir une quan-
tité de détails du plus haut inléivl, sur des nations à peine connues. V est-il pas triste, qu'il faille la guerre pour amener ces résultats I
Le télégraphe Hughes. — Depuis que M. Hughes découvrit en ISilO, aux Etals-Unis, le synchronisme de son curieux appareil, à l'aide des vibrations d'une tige métallique, il lit faire des progrès rapides à son admirable découverte, qui prend tous les jours une plus grande extension. Un habile praticien, M. G. Miricl, vient de publier un remarquable ouvrage, où il décrit avec de grands développements le télégraphe Hughes, où il explique la théorie de son emploi, où il parle de sou maniement et des avantages qu'oitïo ce beau système. Le livre de M. G. Miricl sera apprécié par tous ceux qui s'intéressent aux progrés de la télégraphie.