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TRAVERSÉE DE L'ATLANTIQUE

EN KALI.ON, (Suite et fin. — Voy, p. 167.)

Nous avons supposé les conditions du voyage aussi favorables que possible, et nous avons vu qu'un aérostat eonslruit dans les conditions ordinaires ne peut pas rester dans les liantes régions rie, l'air plusieurs jours consécutifs, par suite de la différence des températures diurnes et nocturnes. Nous devons ajouter qu'un aéronaute, eût-il la certitude de rester 8 jours à l'altitude de 2,000 mètres, commettrait la plus folle imprudence, en s'abandoimaiil aux hasards d'une telle traversée océanique, sans movens de direction. Que le vent vienne à tourner vers le sud on vers le nord, le voilà lancé au-dessus de. surfaces océaniques, pour ainsi dire sans limites! Pour oser risquer les chances d'une telle entreprise, il faudrait que le navire, aérien auquel on confie sa. vie et sa fortune fût an moins capable de séjourner un mois de suite au milieu des plages atmosphériques. On augmenterait ainsi par la durée du voyage, la chance de rencontrer un continent.

L'acronaute américain, ne paraît pas avoir étudié les moyens de maintenir un aérostat imperméable pendant, plusieurs semaines à un niveau élevé, fin enveloppant l'hémisphère supérieur d'un ballon, comme, le captif de Londres, d'une mousseline blanche légère, qui, n'adhérant pas à l'étoffe, en serait séparée par une couche d'air, on protégerait ainsi le gaz intérieur des influences d'échauffement et de refroidissement.

11 est probable que, dans ces conditions spéciales, le séjour du ballon, à une certaine hauteur dans l'atmosphère, pourrait se prolonger pendant un espace de temps considérable ; mais encore avant de se lancer au-dessus de la mer, serait-il prudent de vérifier le fait par des expériences réitérées, exécutées à la surface des continents. Malgré les précautions accumulées, on serait toujours dans l'impossibilité de parer aux accidents imprévus, tels que pluie; , chute de neige, formation de cristaux de glace, qui peuvent subitement charger l'aérostat d'un poids considérable, en s'amassaut à sa surface, et contraindre l'aérnnaufe de descendre malgré lui. N'aurait-ou pas enfin à craindre, dans un voyage au long cours, l'efh'ûyable rencontre, d'un nuage orageux, l'épouvantable menace de voir le ballon enflammé par la foudre?

Les détails des préparatifs que l'on exécute à ■New-York, pour cette traversée de l'Atlantique, nous sont apportés par les récits des journaux américains; nous n'y avons rien rencontré jusqu'ici qui dénote, de la part de ceux qui veulent entreprendre un tel pro-

jet, des connaissances approfondies de l'aéronautique. Mais M. ffise tentera-t-il sérieusement la grande traversée?. C'est ce que nous saurons dans un avenir prochain. Nous ajouterons toutefois, et nous pouvons parler avec connaissance de cause, de, l'impression ressentie par le navigateur aérien quand il voit la mer se dérouler au-dessous de sa nacelle avec la perspective d'y être englouti 1 , que pour quitter sciemment, dans un ballon, le rivage américain, avec un bon vent d'est vous lançant vers un océan de 6,000 kilomètres de large, il faut être bien audacieux.... ou bien fou I

11 va sans dire, qu'une telle appréciation s'adresse à l' aéronaute qui dispose seulement des moyens actuels de navigation aérienne. 11 se peut que cette traversée s'accomplisse un jour dans des conditions moins périlleuses, mais alors ce sera avec un aérostat perfectionné,, qui séjournera longtemps dans les hanlcs régions de l'air et qui sera muni d'un moteur cl d'un appareil de propulsion.

Pour exécuter la traversée océanique avec les seules ressources de l'aéronautique moderne, il faudrait un étonnant concours de circonstances exceptionnelles, analogues à celles qui ont permis à M. Rolier de sauter en ballon de Paris en Norwcge, de passer la mer du Nord et de parcourir un espace do 1,300 kilomètres eu 10 heures !

Il ne nous paraît, pas nécessaire d'insister sur l'imprudence qu'il y aurait à compter à l'avance sur de semblables hasards.

Avec nos ballons, tels qu'ils sont aujourd'hui, un projet comme celui de M. Wisc est condamné à l'avance. Il n'y a jusqu'ici que deux aéronautes que les vents aient poussés au-dessus de l'immense étendue de l'Atlantique; tous deux ont été engloutis dans les abîmes océaniques. Nous voulons parler du marin Prince, parti de Paris pendant le siège, le 50 novembre 1870, et de Lacaze, qui s'est élevé, dans les airs dans les mêmes circonstances, le 27 jan-. vier 1871,

Des navires ont aperçu les aérostats planant audessus de la surface des mers, mais nul ne saura jamais en quel point de l'Océan ont disparu ces deux martvrs de !a foi patriotique !

Avant d'entreprendre la traversée de l'Atlantique par voie aérienne, il faut d'abord perfectionner les ballons, les étudier, les munir d'appareils de direction, il faut en un mot créer la véritable navigation aérienne, ho premier sauvage qui a traversé une rivière sur un tronc d'arbre, creux n'eût pas tenté, avec cette, embarcation rudimentaire, un voyage au long cours.

S Or nos aérostats soid à l'atmosphère ce que le tronc creuv du sauvage est à l'Océan 1 Bouées aériennes, flottant au gré des vents, ils ne sont que

' riunfi faisons allusion id à nolro voyage, cxôoalo en -1868, au-dessus île. la nier du N" jrd. Les ditails de cetto Rip ''dition aôroshticniG sont racontés dans ie livre- inlilnlô : Voyages aériens (rhcheUe, 1870),

l,.\ NATliliK.

l'enfance d'unail sublime, dont le présent ne compte ] passer. La production do l'acier était plus eu retard,

guère encore que des promesses pour l'avenir. ! (v que l'on attribuait surtout à l'ignorance dans la-

x "" ■■■■■' ..!... :...... i | i£u U H t . on restait encore de la véritable composition de

, celte matière. Le plus fâcheux était dene pouvoir ia-

' briquer l'acier que par petites quantités à la fois

Nous reviendrons quelque jour sur ce grand pro blême de la navigation aérienne.

G.VSTOX TlSSÀ.NIHKH.

LA MHTALLURGIE DU FER EF DE i:\ClEK

l'IÏOCKOK SIKMESS. 4

Il y a vingt ans, la métallurgie du 1er était arrivée à

et avec un prix de revient très élevé. Rappelons par quels traitements passait le minerai pour être transfurmé en fonte d'abord, puis en fer, [mis en acier. Cet. exposé n'aura pas d'ailleurs un intérêt purement historique, cai les nouvelles méthodes sont encore loin d'avoir détrôné partout les anciennes.

ho fer se trouve généralement dans la nature sous

. forme d'owde. Quand ou le chauffe au contact du

in degré de perfection qu'il semblait difficile de dé- j charbon, cet oxyde de fer est réduit par l'oxyde de

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carbone qui se transforme en acide carbonique. Le 1er se sépare donc; mais le minerai est mélangé d'une gangue argileuse réfraetaire qui retient les particules métalliques. Il faut transformer cette gangue en une matière plus fusible; on v parvient en ajoutant du carbonate de chaux.

L'opération s'effectue dans un liant fourneau (lig. 1). On verse par l'orifice du haut le (jueitlurd B, surmonté de la cheminée A, des couches alternatives de minerai, de combustible et de carbonate de chaux que les ouvriers appellent ctistint:. Tout cela se mélange, s'échaulfe et se combine en descendant peu à peu du haut en bas de la cuve 11(1 du haut fourneau, puis dans le ventre CD. Par l'orifice inférieur, s'écoulent eu circulant dans la partie EF dite

['ouvrage, les laitiers formés d'argile et de chaux. Tout au fond du creuset G s'assemble le métal qui est [tassé à l'état de fonte, car la température trèsé levée qu'exige la fusion des laitiers favorise la combinaison du fer et du charbon.

L'air lancé parles tuyères pour alimenter la combustion s'est d'abord transformé eu acide carbonique dans la partie où le feu est le [dus ardent; puis ee gaz s'élève, rencontre de nouvelles couches de charbon et seréduit eu partie à l'état d'oxyde de carbone. Aussi les gaz qui sortent pur le gueulard sont-ils très-combustibles; on peut les allumer, et ils brûlent avec une longue flamme transparente; mais c'est de la chaleur perdue. Comme la consommation de charbon est excessive dans la métallurgie du fer, et en

coiistj Lik 1 lii plus forte dépense, on s'est efforcé d'utiliser cette chaleur perdue. Tantôt on l'a emplnvée pour L'i-1 uni (Tut l'air insuffle (Sans le haut fourneau; tantôt on s'en est servi pour chauffer les chaudières qui font marcher la machine soufflante , ou Lieu pour faire suhir au minerai un grillage préalable. Mais rien de tout, cela n'a bien réussi. D'une façon ou de l'autre, ou dérange l'allure du haut fourneau et on perd d'un côté ce que l'on gagne de l'autre.

La fonte que produit le haut-fourneau passe successivement dans d'autres foyers, feu de (inerte etfour

à yuddler, où elle se transforme en fer malléable. Kufliioii obtient l'acier, soit par lepuddlage, en rédui-

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jiPPiiiiS'iil- I <lr l'.i'^rmi'r,

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ant peu à peu des fontes de première qualité dans

m foyer à llamnie owdante, soit par cémentation,

en chauffant doucement le

fei' avec un inéLmae de

charbon.

Telles étaient , il y a quelque vingt ans, les méthodes métallurgiques en usage. Ou croyait alors avoir réalisé de grands progrès, notamment par la substitution du coke , comme combustible, au charbon de bois. Au heu des forges catalanes de l'ancien temps qui donnaient 000 à 700 kilogrammes de fer par joui 1 , ou avait des hauls fourneaux, gigantesques qui fournissaient. o0 à 40 tonnes de fonte eu vingt-quatre heures. Le prix du fer et de la fonte s'était beaucoup abaissé, mais l'acier

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Fig,. 3- — Aj.iKuoi] Su-inons, pour h ilUjiicaUou dû'M'to. du fi:r oî île l'iieier.

avait encore une valeur vénale exorbitante; aussi n'eu consommait-on guère.

L'acier puddlé ne se produisait qu'au moyen de foutes aciéreuscs, provenant de certains minerais manganésifères que l'on ne trouve pas en tous pays.

Vers 1830, un ingénieur anglais, M. Besseme.r, fit connaître un procédé nouveau qui devait être une, révolution dans l'industrie de l'acier. .11. Ressemer fait couler de la fonte dans une cornue de grande dimension, capable de recevoir jusqu'à 10 tonnes de métal , et préalablement chauffée au rouge. A travers la niasse liquide, il insuffle des courants d'air à haute pression introduits parle bas de la cornue (fig. '2). L'oxygène décarbure la fonte, et, dans un espace de, vingt minutes, la réduit en acier de composition

bleu homogène. On est arrivé ainsi à fabriquer des rails d'acier à ô'20 francs les 1 ,000 kilogrammes, tandis (pue les rails en fer valent encore 180 francs.

Il a été dit plus haut (pie les gaz sortant par le gueulard des hauts fourneaux entraînent avec eux beaucoup de chaleur perdue et que l'on n'a pas réussi à employer utilement cette chaleur sans déranger l'allure de la fabrication. Le même fait se produit dans toutes les industries qui consomment une grande quantité de houille. Par exemple, toutes ces hautes cheminées de chaudières à vapeur que l'on voit dans les villes industrielles lancent dans l'atmosphère des gaz chauds qui représentent du charbon brûlé en pure perte.

IL Siemens a proposé d'y remédier au moyen de

son régénérateur. Cet appareil se compose, de deux fours accolés, paurvus chacun d'une cheminée, d'appel. Dans chacun d'eux aussi se trouvent des carneaux en briques, d'une vaste surface, à d'avers lesquels l'air est obligé de circuler. Par l'uti d'eux, entre l'air qui alimente le foyer; par l'autre sortent Ses gaz produits par la combustion. Ce dernier s'échauffe doue. Lorsqu'il a acquis une certaine température, ou rem erse le courant d'air au moyen de registres disposés à cet. effet. L'air atmosphérique arrive alors au fover après s'être érhaulfé dans le four, et, il sort du loyer on traversant )e fnur froid auquel il abandonne sa chaleur en excès. On renverse de nouveau le murant après un temps convenable, en sorte que chaque four absorbe et rend successivement la chaleur. Il est aisé de se rendre compte qu'un foyer alimenté avec de l'air chaud consomme moins de combustible que s'il était alimenté atoe de l'air froid, puisqu'on économise tout le charbon qui serait employé à donner cette chaleur initiale à l'air d'alimentation. «

On comprendra maintenant en quoi consiste le nouveau procédé niélallurgique'de M. Siemens peur la fabrication du fer et île l'acier : la cornue rotalive et l'ensemble de l'appareil sont représentés dans la ligure ô. S est l'un des deux fours accolés du régénérateur. Il et H' sont les deux cheminées, l'une pour l'entrée, cl l'autre pour la sortie de, l'air. Contre la bouche commune aux deux fours s'appuie, un creuset cylindrique II, en fer, garni intérieurement d'une couche épaisse de terre réfractaire. Ce creuset repose sur quatre galets et reçoit, par des engrenages et ^]nt} manivelle M, Mn mouvement de rotation, lent ou rapide à volonté; il a 2 mètres de diamètre sur 2"',7l) de long.

Vnci maintenant comment se, conduit l'opération. On chauffe le creuset au rouge en \ faisant entrer le courant d'air fourni par le régénérateur; puis, on y charge une tonne environ de minerai broyé eu fragments de la grosseur d'un pois ou d'une fève, avec la quantité convenable de castine. bu même temps on donne un léger mouvement de rotation. En quarante minutes, la masse est chauffée à bfmc; on y ajoute alors 2.*ill à oOf) kilogrammes de charbon et on tourne plus rapidement pour opérer le mélange. Les réactions chimiques s'opèrent comme dans un haut fourneau, m aïs. pi us rapidement et plus complètement. Le métal produit, se précipite au fond du creuset où, grâce à deux nervures circulaires indiquées sur le dessin, il se sépare en trois blocs. En deux heures de temps, l'opération est terminée. On arrête, le creuset dans une position telle que l'orifice d'écoulement soit en lias, et les trois blocs de métal produits sont recueillis dans un wagon inférieur C. Il est clair que le résultat obtenu est du 1er ou de l'acier, suivant que 1'aflinagc est plus ou moins prolongé.

L'un des avantages do ce procédé est, paraît-il, de fournir un métal d'une pureté remarquable, le soufre, et le phosphore que peuvent contenir les mi-

nerais étant presque absolument éliminés. Un autre avantage est de restreindre beaucoup la quantité de charbon consommée. M. Siemens prétend arriver à produire une tonne de fer avec 1 ,2n() kilogrammes de charbon, et une tonne d'acier avec 2 tonnes de charbon, tandis que les anciennes méthodes métallurgiques exigent ," à -i tonnes de charbon pour une, tonne de fer.

Le creuset relatif de M. Siemens est déjà en usage dans plusieurs usines anglaises, et, notamment dans les usines de la Lainière Steel Cnmpanv, à Sivansea, qui produit par ce moyeu mille tonnes d'acier par semaine,

L'Exposition universelle de 18G7 fut, on s'en souvient, un vrai triomphe pour la métallurgie du fer. Depuis lors, celle industrie n'est pas restée stationnai re ; connue on le voil, elle progresse et se perfectionne sans cesse. II y a lieu de s'en féliciter, car il n'est guère de substances plus utiles à l'humanité que le fer et l'acier, dont les applications s'étendent et dent la consommation s'accroît, d'année en année, d'une façon prodigieuse. |[, fb.cMï.

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