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LE CIEL AU MOIS DE SEPTEMBRE

Aucun phénomène, céleste remarquable n'est calculé ou prévu pour les nuits de ce mois. Mais les observateurs attentifs, qui ne sont pas enchaînés à une besogne forcée par les observations régulières des grands établissements scientitiques, n'en devront pas moins explorer le ciel, toutes les fois que les brumes et les nuages n'en couvriront pas la surface. Eu leur

recommandant le mois dernier l'étude du passage de l'essaim météorique du 10 août, nous avons oublié de les prévenir qu'une circonstance particulière ne permettrait pas à leurs recherches, même dans l'hypothèse d'un très-beau temps, d'être bien fructueuses. Eu effet, il y avait pleine lune le 8, etpar conséquent les plus brillants des météores pouvaient seuls, pendant les nuits voisines de cette date, vaincre en intensité la lueur lunaire et être aperçus : les nombres recueillis dans le but de constater soit l'affaiblissement, soit la recrudescence du phénomène, devaient perdre ainsi toute leur signification. Toutefois, étaitce une raison de s'abstenir absolument, ainsi que l'a i conseillé le HuUelin de V Association scientifique tic I France? (le n'est pas notre avis. H v a toujours tout, à gagner à suivre avec persévérance une série d'observations commencées, et nous allons motiver notre manière de voir.

Compter le nombre des météores filants, dans les nuits successives qui caractérisent celte période, est sans doute une fort bonne cliosî. Si la nuit est à la fois très-sereine et très-obscure, on aura un résultat qui, au point de vue de l'observation, sera considéré comme un maximum. Mais n'y a-t-il pas néanmoins intérêt à noter les météores, moins nombreux qui se montrent dans un ciel illuminé, par l'astre tics nuits à 1' ii.no quelconque, de ses [ phases 1 Eu comparant ce nombre restreint à celui des météores des années autérieures qui affectent la même grandeur apparente, ou peut en conclure le nombre probable de ceux que l'illuminai ion du ciel n'a pas permis de voir. En outre, le nombre des météores n'est pus le, seul élément du phénomène à considérer; il y a la direction des trajectoires, les éléments de parallaxe aux. cas d'observations simultanées, et ce sont surtout les plus gros météores qui sont favorables à ce, genre de recherches II y a eiiliu 1er. pari Scolarités physiques qui no sont pas à dédaigner dans une branche de la science, encore si peu avancée.

Dans le mois de septembre, il n'y a guère, jusqu'à présent, d'essaims bien accusés. Cependant, dans une liste des poiuLs radiants dressés par Alexandre Ilerschel, pour les essaims d'étoiles filantes, nous voyons les dates du G, du 12, du 17 et du 19 septembre comme celles d'apparitions antérieurement observées. S tic la Haleine, n. de (lassiopée ; a, 3, £ du Cocher, la Polaire sont les positions approchées des points radiants de ces essaims. 11 y a évidemment intérêt à vérifier si de nouveaux flux de météores se représenteront à ces diverses dates.

Il v a un autre phénomène céleste à observer dans ce mois. C'est la lumière zodiacale dont le fuseau conique et incliné à l'horizon est ordinairement, visible à l'orient, le matin, une heure ou deux avant le lever du soleil. En septembre, les lueurs crépusculaires ont le matin et le soir une faible durée et peu d'intensité : c'est à cette circonstance et à l'inclinaisou moindre du fuseau zodiacal à l'horizon qu'est due la [dus grande facilité d'observation dn pbéno-

mène. Sa hauteur et sa forme, son intensité, l'inclison de son axe sont autant Je points qui méritent d'être soigneusement constatés.

Revenons mainten;nit à l'astronomie planétaire. Septembre sera, cette année, un mois très-peu favorable aux observations des grandes planètes OU des planètes moyennes. Le 21, a lieu la conjonction supérieure de Mercure, qui se lève les jours précédents d'autant plus avant le soleil que la date- est plus rapprochée du l et du mois, et, les jours suivants se lève un peu après : dans tous les cas, observation difficile. Vénus parcourt son arc diurne en partie la nuit, en partie le jour, l.'heuro de son lever varie de 1 h. 40 minutes à 2 h. 24 minutes du malin : pendant trois ou quatre heures, elle est donc visible ; mais sa plus grande élongatiou occidentale ayant eu lieu le 11 juillet, elle se rapproche angulairement du soleil eu s 'éloignant de la terre. Mars aussi s'éloigne rapidement cl d'ailleurs il se couche de bonne heure (de 9 b. 24 du soir à 8 b. 48); c'est à peine si on peut le voir quelque temps, un peu au-dessus de l'horizon quand les dernières lueurs du crépuscule sont, éteintes. Jupiter se lève le matin, deùh. 28 m. ai h. 31. m. Dans les premiers jours du mois, il n'apparaît donc sur l'horizon que quelques minutes après le lever du soleil ; vers la ïiti de septembre, il précède l'astre radieux du 1 h. 25 minutes à la latitude de Paris; il ne sera donc observable que dans les derniers jours.

De toutes les planètes principales, c'est, donc Saturne qui continuera, malgré sa faible altitude, à se trouver dans les circonstances les plus favorables à l'observation. Il se lève à la vérité de bonne heure (entre 4 h. 52 et 5 h. 32 du soir), mais il passe au méridien de 11 li. Il à 7 h. 50 et, jusqu'à sou coucher, qui a lieu peu après, minuit, il reste visible. Nous nous bornerons ce mois-ci à ces indications sommaires, eu renvoyant le lecteur aux bulletins astronomiques des mois précédents pour trouver la situation respective de chaque planète dans les constellations. Nous les retrouverons un peu plus tard quand ces positions seront assez notablement changées pour nécessiter des indications nouvelles.

Kn septembre, trois occultations par le disque de la lune d'étoiles visibles à l'œil nu auront lieu aux dates suivantes. L'étoile de 5" le ou 4" iC grandeur t du Sagittaire sera occultée le 2 septembre et la durée du phénomène sera, pour Paris, de 1 h. 43 minutes. Le 28> une étoile de 5 e grandeur do la même constellation sera occultée pendant 54 minutes. Enfin a delà même constellation, aussi de 5 e grandeur, le sera pendant 1 h. 01 minutes, le 50 septembre. Si, au lieu de se borner à Paris, on considérait les divers lieux de la terre, on trouverait 21 occultations et notamment celle de la planète Mars le 27 septembre. On sait de quel intérêt sont ces phénomènes pour les marins, qui peuvent déduire de ces observations la longitude du lieu où se trouvent leurs navires.

En résumé, en dehors des observations régulières des grands ohservatoires, il y aura pou à glaner, ce

mois de septembre, pour les amateurs astronomes, du moins pendant la nuit, à moins qu'ils ne se livrent à des études d'astronomie sidérale sur les étoiles et les nébuleuses. C'est malheureusement, enFranen, un domaine peu cultivé. 11 seraiL temps de prendre pour exemple, sens ce rapport, nos voisins d' outre- Manche, qui, dans de nombreux observatoiresprivés, parfaitement installés, étudient sans relâche ces objets si intéressants. Kn attendant, il v a le soleil, ses taches, ses facnlcs, ses protubérances, rpii, grâce aux méthodes nouvelles d'observation, enrichissent chaque jour de laits nouveaux les données qui serviront ds bascàréîaborationd'une théorie vraie de sa constitution physique. La moisson a été si riche depuis quelques années qu'elle a fait éclorc maintes hypothèses, un pou hâtives à notre sens, mais dont les auteurs en se combattant et. en se réfutant réciproquement, font un travail de déhlayeuient nécessaire. Nous engageons les astronomes à se livrer de préférence aux observations. Amédke Cuillehis.

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