‹ La Nature 1874 S 2 N 53a 78Chapitre 14 sur 229 · MILITAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES

M. le baron Larrey a lu récemment à l'Académie des sciences une communication du plus haut intérêt sur un nouveau système d'installation militaire dû à M. Tollet. « Ce système, dit l'honorable académicien, a été imaginé en vue de la nouvelle loi sur l'armée qui exigera la construction de nouveaux casernements pour 150,000 ou 200.000 hommes.

11 y a donc là une question d'importance majeure pour l'hygiène des troupes dans le but de leur offrir le maximum des conditions de sulubritc, en n'exigeant que le minimum des dépenses pour l'État. »

Il est démontré aujourd'hui que le séjour des régiments dans les casernes des grandes vllies offre les plus graves inconvénients au point de vue de l'hygiène. La statistique médicale le démontre, en mettant en évidence un accroissement de mortalité des jeunes soldats dans les casernes.

« On peut attribuer, en partie, dit M. Larrey, ces funestes effets à l'agglomération des hommes dans des casernements de haute construction, avec plusieurs étages superposés, dont les murs épais, les charpentes massives elles angles rentrants ou encoignures, forment des amas de matières poreuses, donnant accès à la pénétration de la poussière, au développement des miasmes, au dépôt de la vermine et au reluge des rongeurs. Ni les soins de la ventilation la mieux faite, ni les perfectionnements de ses plus ingénieux appareils ne parviennent, dans de telles conditions, à remplacer l'air vicié de l'intérieur par l'air pur du dehors. Ajoutons que les lavages à grande eau, usités trop souvent, sont à la fois nuisibles, dans de telles constructions, à la santé des hommes et à la conservation des bâtiments...

« C'est à distance des centres de population que devraient être placés les grands logements militaires, sauf, bien entendu, ceux qui sont nécessaires à la sécurité des villes ouvertes. C'est à l'air pur de leur enceinte, et comme à la campagne, qu'il conviendrait d'établir ces casernements. Le problème à résoudre étant de représenter des édifices plus salubres, plus économiques et aussi durables que les casernes ordinaires, M. l'ingénieur Tollet a reconnu que les conditions exigibles à cet effet multiple se montrent réunies dans la forme de la construction et dans le choix des matériaux incombustibles et solides, quoique légers, offrant des surfaces dures et lisses, non susceptibles de se salpêtrer, de se fendre et de pourrir, comme on le voit ailleurs.

« Ce système permet aussi de renouveler ou de déplacer, à peu de frais, le bâtiment composé d'arceaux en fer et assujetti, à l'aide d'un ciment, par un remplissage en briques. Ces matériaux sont peu altérables, en raison de leur surface dure et lisse, ou sans aspérités, sans épaisseur de murs, sans massif de maçonnerie et sans agent de destruction. De là des garanties de solidité durable et d'ineombustibilité relative, avec des avantages d'économie certaine pour la dépense première et pour les frais d'entretien. Les soins de propreté sont faciles dans toutes les parties de la construction, qui se prête aisément au lavage à grande eau, sans l'inconvénient de l'humidité du sol, comme dans les autres bâtiments militaires. La salubrité individuelle est toujours assurée pour chaque homme par un cubage d'air supérieur au minimum fixé par le règlement. C'est en comparant les différentes voûtes intérieures ([lie l'inventeur en est venu à choisir la forme en ogive. La construction de ces bâtiments est caractérisée par une ossature de nervures ogivales en fer double T, placées sur des plans verticaux, scellées dans une fondation de béton ou de moellon et reliées entre elles par un faîtage horizontal en 1er de même profil. L'espacement et la force des fers 6onl proportionnés à la portée de la construction. Le remplissage entre les nervures est en briques pleines ou tubulaires, d'une épaisseur variable, suivant le besoin. Il pourra être fait en béton ou en pierre dans certaines localités. Le sol, élevé sur un soubassement, est formé d'un dallage ou asphalte sur un massif de béton, posé lui-même sur un remblai en scories de forges ou sur un sable caillouteux. Les parois intérieures, tout à fait lisses, ne présentent aucun angle, aucune aspérité, de telle sorte qu'elles peuvent être renouvelées à peu de frais, avec la conservation intacte de l'ossature en fer. C'est surtout aux hôpitaux de l'armée que le système de M. Tollet semble convenir plus spécialement, et je pourrais en exposer les avantages, si j'avais à résumer ici les observations d'une longue expérience sur les inconvénients des hôpitaux à plusieurs étages.

« Disons d'abord que les hôpitaux baraqués, bien construits et bien clos, sans étages supérieurs, offrent, eu général, les conditions les plus réelles de salubrité, comme l'ont reconnu les médecins militaires qui se sont surtout occupés de l'hygiène des

troupes Mais ces hôpitaux mêmes, si avantageux

qu'ils puissent être, sont encore exposés au plus redoutable des dangers, l'incendie. Or le système de M. Tollet tend à le prévenir, par le mode de construction des bâtiments, préservés du feu, ainsi que de l'infection et de la destruclibilité, inévitables dans les autres établissements hospitaliers. »

M. le baron Larrey, après cet exposé que nous regrettons de ne pouvoir reproduire entièrement, apprend à l'Académie que les premiers essais du système de M. l'ingénieur Tollet ont déjà donné les résultats les plus satisfaisants, qui ont valu à l'inventeur les approbations du Comité du génie et des

fortifications. Nous ajouterons que l'autorité et la compétence dû M. Larrey sont encore un garant de l'utilité que le nouveau mode de construction militaire devra présenter pour le casernement des troupes.

GARMTURE MÉTALLIQUE

DES TIGES DK PISTONS DAKS LES MACHINES A VAPFXP.,

Notre gravure représente un système de garniture de tige die piston dont la disposition s'explique facilement d'elle-même. Ce système remplace, avec avantage, l'étoupe- qui est habituellement employée et qui offre l'inconvénient de nécessiter un renouvellement très-fréquent.

Nouveau système de garniture métallique de tige de piston dans les machines.

La nouvelle invention a été appliquée en France à près d'un millier de machines à vapeur, et chaque jour ce système est employé pour les machines locomobilcs.de toutes sortes. Dans les marteaux de forge dont les tiges de piston usent très-vite leur rembourrage, on s'en est surtout servi avec de grands avantages. Le rembourrage métallique À a la forme d'un double cône ; au moyen du ressort contourné B, qui se trouve au fond de la boîte, il est toujours en contact avec la tige du piston.

Dans les machines à vapeur, ce rembourrage métallique peut durer un an sans être détérioré et la dépense de l'entretien est insignifiante. Après ce laps de temps le métal peut être refondu. Quant au frottement il est bien moindre qu'avec n'importe quel autre système. Quant on s'en est servi pendant quelques jours, la verge du piston et le rembourrage deviennent plus lisses et plus polis.

Ce nouvel appareil, très-simple et très-ingénieux, 3st dû à un Anglais, M. Watteen de Middlesbrough.

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