TAU I,E F H O I D
Nous avons donné précédemment des renseignements complets sur la machine à fabriquer le froid, ne SI. Ch. Tellier, et nous avons vu '
ces'.' M. Tellier n\î a - ■ - -
pas Oublie (] 1 1 il y Fig. 1. — Apapreil pour la cous
avait un intérêt de dans l us:i s
Fig. 1 . — Apapreil pour la couscrvallon des viandes par le Iroid, dans l'usage domestique.
la déverse au dehors. Cette caisse peut prendre la forme d’un meuble, d’un buffet (fig. 2), qui ne diffère de celle-ci que par son aspect extérieur, mais qui est construit sur le même principe: les aliments sont placés dans un compartiment intérieur que des fragments déglacé entourent de toutes parts. Une enveloppe extérieure, remplie d’un eorps ^j§p|§fj|§^ isolant, protège
R Î ceux-ci de l’action
de la chaleur du milieu ambiant.
Si les boucliers veulent mettre à prolit ce mode de conservation, il p pi f leur sera nécessaire
de recoul '* r ® un appareil plus voluéO>V milieux, mais tout
aussi simple. La \ figure 3 représente
• en coupe la dispo-
sition qui leur est
•vjiion des viandes par le Iroid, destinée. Une Cl—
domestique. terne BD, creusée
premier ordre à
appliquer son système aux usages domestiques , et à construire des appareils de petite dimension, destinés aux ménages ou aux boucheries.
La figure 1 donne en coupe, une caisse destinée
dans le sol , est garnie d’un manchon de corps isolant CC. Le cylindre métallique qu’on y place a un diamètre tel qu’il permet d’interposer autour de sa surface une couche de glace concassée qui maintiendra sa tem-
aux usages domestiques. lin cylindre D, fermé d’un couvercle, contient la viande ou les aliments que l’on veut préserver de la décomposition. Ce cylindre, posé sur deux barres de bois DR, est complètement entouré de fragments de glace que l’on entasse dans le vase bb. Pour éviter la fusion rapide de la glace , ce dernier vase est luimême emprisonné dans une caisse ua,
Fig. 2 — Buffet pour la conservation des viandes.
péralure à 0". Les aliments, pendus à une étagère X, y sont desendus à l’aide d’une poulie La fermeture s’opère au moyeu d’un couvercle d que l’on couvre d’une nouvelle coucbe de glace. L’eau de fusion de la glace se rassemble à la partie inférieure du vase tronconique médian; un tube SS, mis en communication avec une pompe à mainn permet de l’expulser au dehors.
entièrement garnie d’un corps isolant , mauvais conducteur de la chaleur et qui protège la glace des effets de la température de l’air extérieur. Malgré ces précautions la glace fond peu à peu, et l’eau qu’elle produit est sans cesse enlevée au moyen d’un tube qui
* Machine à fabriquer le froid, n‘ 05. 15 octobre 1875, 2* semestre, p. 107.
4 Conservation de la viande, n® 08, 19 septembre 1874, 2’ semestre, p. 217.
Il ne nous semble pas nécessaire d’insister sur l’efficacité des procédés que nous venons de décrire. On sait depuis longtemps qu’une certaine température est une des conditions indispensables à la putréfaction, qui ne saurait se produire à 0“. Nous rappellerons le fait connu d’éléphants fossiles conservés, depuis un temps incalculable, avec leur chair, leur peau, au sein de blocs de glace de la Sibérie, et retrouvés à l’époque actuelle, par des explorateurs ou
des géologues. Eu Russie et dans les régions sibériennes on tue au commencement de l’hiver les bestiaux destinés à l’alimentation ; on les gèle, le froid les conserve pendant longtemps, et on économise ainsi la nourriture qu'il aurait fallu leur fournir pendant les mois de l’hiver. Dans les pays du nord, au Groenland, dans le détroit de Davis, les navires anglais qui vont à la pêche des phoques exposent la chair de bœuf à l’air atmosphérique glacé; ils peuvent ainsi se nourrir de viande fraîche pendant toute la durée d'un long voyage.
M. Ch. Tellier a confirmé ces faits par des expériences précises. Il a enfermé , dans une chambre où l’air est constamment maintenu, à une tempéralureiuférieureàO 0 , au moyen de sa machine à fabriquer le froid par 1 éther méthylique, un cuissot de bœuf de 70 kilogrammes, des gigots de mouton, des lièvres, des homards, des perdreaux. La durée de la conservation a toujours été de 45 à 59 jours.
L’énorme cuissot de bœuf que nous venons de mentionner, était aussi frais , après deux mois de conservation, que s’il eut été découpé d’un animal abattu la veille.
Les fruits, les graines, et d’autres substances animales ou végétales , peuvent être très -bien conservés de la meme manière.
Si, comme nous le souhaitons dans l’intérêt de ; tous, la pratique de la conservation des aliments par le froid, se propage rapidement, il est indispensable d’appeler l’attention de l’administration sur ce qui concerne le gibier. Si un marchand de comestible préserve de la putréfaction, des lièvres, des perdrix, des faisans, et qu’il veuille les livrer à la consommation , comme cela est possible par l’usage des appareils nouveaux , un mois ou deux après la fermeture de la chasse ; il est probable qu’il pourra courir le risque d’être pris en flagrant délit de contravention, comme tirant profit d’une marchandise prohibée à l’époque où il la vendra. Cependant il ne sera nullement coupable, puisqu’il aura fait provision du gibier à une époque où il est permis de le i
tuer. Il y aura probablement à imaginer quelque moyen de marquer la marchandise au moment de son entrée dans la caisse à conservation, afin qu’elle puisse être livrée plus tard à la consommation, sans qu’il soit possible de la confondre avec des produits du braconnage.
La congélation, dont nous venons de voir les effets pour la conservation d’un grand nombre de substances alimentaires, réussit très- bien aussi pour celle des œufs. Elle les tient frais tant qu’elle dure. Le marché de Saint-Pétersbourg s'alimente des œufs gelés, qui lui sont envoyés de toutes les contrées les
plus éloignées de l’Empire russe.
Quand le moment est venu de s’en servir, il suffit de les faire dégeler en les plongeant dans l’eau tiède.
Les Sibériens d’Unalaska gardent aussi plusieurs mois des œufs d’oiseaux de mer en les tenant plongés dans l’huile de poisson; l’huile et la graisse sont, en effet, des substances qui peuvent être citées comme les plus elficaccs pour préserver les œufs de la décomposition.
Quoique cette méthode se distingue de celle que nous étudions, elle est efficace, peu connue, aussi en donneronsnous la description, d’après la recette que nous empruntons à un chimiste fort expert dans la conservation des aliments. On lave les œufs, si cela est nécessaire, et, après les avoir essuyés, on les frotte avec du beurre, de l’huile, du saindoux ou autres graisses. 11 faut faire attention de bien étendre celleci, et surtout d'en bien frotter le gros bout. Ainsi préparés, les œufs se gardent au frais, au-delà d’un an, attendu que les pores de la coque sont exactement bouchés par la graisse et que l’action de l’air est entièrement paralysée. Les œufs graissés ou huilés ne valent rien pour la couvaison.
Il vaudrait mieux peut-être, donner aux œufs une couche de vernis, ou d’une composition de graisse ou de résine. Une simple couche de couleur à l'huile serait probablement suffisante.
Gaston Tissandiek.
LE RESPIRATEUR TYNDALL
De nombreux essais ont été tentés déjà pour permettre le séjour dans les milieux irrespirables ou délétères, soit eu cas d'incendie, soit pour les travaux de mines. Le problème est aujourd’hui résolu dans toute sa généralité parl’appareil Denayrouze, qui permet de respirer toujours de l’air pur, même dans un milieu qui n’en contiendrait pas de traces, et qui possède en outre cet avantage précieux pour les travaux de mines, que la lampe elle-même se trouve de la même façon alimentée d’air pur, la combustion se faisant ainsi d’une manière tout à fait indépendante du milieu environnant. La valeur de cet appareil, consacrée par la distinction accordée à l’inventeur par le jury de l’Exposition de Vienne, a été tout récemment encore reconnue en Angleterre, à la suite d’essaisqui ontélé laits dans le Lancashire par M. Applegarth, de Londres.
M. le professeur Tyndall a trouvé une autre solution, plus simple, mais moins générale. Le procédé qu’il a imaginé ne permet qu’une durée assez limitée dans un milieu, non pas complètement dépourvu d'air atmosphérique, mais rendu seulement irrespirable par une proportion plus ou moins forte de fumée ou de gaz délétères. En d’autres termes, avec ce nouveau procédé, c’est toujours l'air environnant qu’on respire, mais préalablement débarrassé des gaz qui peuvent avoirune action funeste sur les poumons. Ce procédé peut donc rendre de grands services dans bien des cas, dans les incendies notamment. Il consiste tout simplement à faire passer l’air, avant de le respirer, sur du coton imbibé de substances diverses qui purifient l’air atmosphérique souillé de gaz étrangers. M. Tyndall a constaté que, grâce à ce moyen, il pouvait séjourner une demi-heure dans une atmosphère dans laquelle, sans son emploi, il 11 e pouvait guère rester qu’une minute. Ayant communiqué son idée au capitaine Shaw, chef de la brigade des pompiers de Londres, celui-ci fit des essais qui lui ont donné les résultats les plus satisfaisants, résultats dont il a lait récemment l'objet d’une communication à la Société des Arts de Londres, à la séance d’ouverture de la section de chimie de cette Société.
L’idée de M. Tyndall lui a été inspirée par l’emploi qu’il a fait de fibres en coton, il y a quelques années, pour rendre optiquement pur, l'air qu’il employait dans des recherches de physique. L’appareil se compose de deux parties : le bonnet ou masque, et le respirateur proprement dit. Le masque protège les yeux sans empêcher la vue, ferme partiellement les narines, et sa partie inférieure disparaît sous le col de la tunique. Le respirateur consiste dans une chambre à soupapes et dans un tube filtreur d’environ 0 m ,10. On le visse par l’extérieur du masque, et il vient s’ajuster, à l'intérieur, sur une embouchure eu bois, tenue entre les lèvres. Pour charger le tube on le renverse sens dessus dessous, on enlève la soupaue inférieure et on y met les substances suivantes :
Coton sec, 0 m , 01 ; coton saturéde glycérine, 0,02 ; coton sec, coudre mince ; fragments de charbon de ; bois, 0,01 ; coton sec, 0,01 ; fragments de chaux, 0,01 ; coton sec, 0,02.
A la même séance de la Société des arts, où le capitaine Shavv a fait connaître les heureux résultats obtenus avec le respirateur, il a donné la description de l’appareil d’Aldiui, qui permet de traverser sans dangerles fourneaux, et même d’y séjourner quelques minutes 1 .