‹ La nature et la vieChapitre 6 sur 33 · I -Il · texte numérisé non relu

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l’influence de la lumière y apparaît dans des rapports aussi singuliers qu’imprévus. Les belles formes comme les intenses couleurs, les harmonies cachées de la vie comme ses floraisons éclatantes, ont une mystérieuse parenté avec celte vapeur d’or que le soleil projette sur le monde.

A ce point de vue, la science moderne justifie les adorations naïves de l’homme primitif. Elle aide à comprendre le culte dont l’astre du jour fut l’objet dans les civilisations primordiales, et les touchantes terreurs qui assaillaient ces peuples enfants lorsque le soir ils voyaient disparaître lentement à l’horizon le globe empourpré qui révélait pour eux tonie puissance et toute splendeur. Ce fétichisme n’était pas seulement un témoignage de gratitude pour les trésors de fécondité ([ne le soleil répand sur la terre, c’était aussi un hommage à la source consolatrice de la clarté cl de la joie, c’était le symptôme d’une affinité naturelle entre l’homme et la lumière. Les védas et d’autres monuments des premières religions sonl pleins de ce sentiment qu’on retrouve dans beaucoup de poètes el de philosophes de l’antiquité, entre autres dans Lucrèce et dans Pline. Dante, qui invoque si souvent la lumière (la lace rUvinct e pcnctrcnitc), couronne son poème par un hvinne qui est surtout l’apologie symbolique de l’éternelle clarté. D’autre part, les laboureurs, les jardiniers, les médecins, s’accordent pour rendre témoignage des bienfaits de la lumière. Les naturalistes el les voyageurs de tous les temps, frappés aussi de la puissance du soleil, en uni signalé les effels de foule sorte. Alexandre de llumboldt, après Lavoisier el Goethe, en remarque souvent les influences diverses.

I n aussi fertile objet d’éludes ne commen<;a cependant (|u'an milieu du xvm° siècle à provoquer des recherches expérimentales sérieuses, et telle est la dil’lieullé de ce vaste et complexe problème que, malgré une longue série d’efforts, la solution n’en est encore que partiellement trouvée. De grandes lacunes restent à combler. On n’a même pas encore tenté de coordonner et dégager beaucoup d’inconnues à l’ensemble des résultats obtenus. C’est ce que nous nous proposons de taire dans les pages suivantes, afin de montrer comment s’opère l’évolution du savoir par la vertu de la méthode-expérimentale; comment les expériences bien faites se suivent, se superposent, se soutiennent les unes les autres, et sont éternellement instructives; comment enfin les hommes éminents procèdent dans le grand art d’interroger la nature vivante.

Les plantes se nourrissent en absorbant par leurs racines certaines substances du sol et en décomposant, au moyen de leurs parties vertes, un gaz particulier contenu dans l’atmosphère, le gaz acide carbonique. Elles décomposent ce gaz en carbone, qu’elles assimilent, et en oxygène, quelles rejettent. Or ce phénomène, qui est le mode même de la respiration des végétaux, ne peut s'accomplir qu’avec la collaboration de la lumière solaire.

Charles Bonnet, de Genève, qui avait commencé sa carrière par l’expérimentation sur les plantes, et qui ne quitta cet attrayant sujet, pour s’occuper de philosophie, qu’à la suite d’un affaiblissement grave de sa vue, Ch. Bonnet, le premier, vers le milieu du xviii0 siècle, vérifia rigoureusement cette 'collaboration. Il remarqua que les végétaux croissent verticalement et tendent vers le soleil, quelle que soit la position dans laquelle leur graine ait été plantée en terre. Il démontra la généralité de ce lait que, dans les lieux obscurs, les plantes se dirigent toujours vers le point d’oii vient la lumière. Enfin il découvrit que les plantes plongées dans l’eau dégagent des bulles de gaz sous l’influence du soleil. En 1771, Priestley, en Angleterre, fit une autre expérience. Il laissa brûler une bougie dans un espace clos jusqu’à ce (pie la lumière lut éteinte, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’air y fût devenu impropre à la combustion. 11 introduisit alors dans cet espace les parties vertes d’une plante fraîche, et, au bout de dix jours, Pair fut purifié au point que l’on put de nouveau y allumer la bougie. Il avait prouvé ainsi que les plantes substituent un gaz combustible au gaz vicié par la combustion; mais il avait reconnu aussi qu’à certains moments un phénomène opposé semble se produire. Le médecin hollandais Ingenhousz devait, dix ans plus tard, expliquer cette apparente contradiction. « À peine fus-je engagé dans ces recherches, dit cet habile physicien, que la scène la plus intéressante s’ouvrit à mes yeux. J’observai que les plantes n’ont pas seulement la faculté de corriger Pair impur en six jours ou plus, comme les expériences de M. Priestley semblent l’indiquer, mais qu’eUes s'acquittent de ce de-

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