‹ La nature, la race, la santé [microforme]Chapitre 23 sur 38 · UNE SUGGESTION · texte numérisé non relu

UNE SUGGESTION

J'ai parlé de l'enseignement de lhygiène dans les collèges ; que l’on me permette 1c1 une sugoestion,

L'on voit assez souvent de riches Anglais donner de fortes sommes à leurs

(1) Le Dr. J. Desroches, rédacteur de l’Æygiène populaire, et le Dr. $. Lachapelle, méritent une mention spéciale. [ls ont aussi publié des traités d'hygiène qui ont de la valeur.

maisons d'éducation, pour telle ou telle spécialité d'enseignement. Pourquoi les anciens élèves de chaque maison n'alloueraient-ils pas à leur Alma mater un cent piastres par an dont $50.00 pour un professeur d'hygiène et $50.00 pour un professeur d'économie politique ?

Qu'est-ce qui empêcherait le gonvernement de la Province d'en faire autant ?

Nos collèges en effet sont trop pauvres pour faire face à de nouvelles dépenses.

On dira peut-être : “ On a pu introduire l’enseignement de lhygière dans les écoles, sans dépenses suppléinentaires, pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour les collèges ” ? Je répondrai :

Ceux qui sont auiourd'hui dans les collèges sont appelés à s'établir sur les hauteurs et à servir de guide un jour au peuple. Un enseignement médiocre ne leur sutfit pour le rôle qu'ils ont à remplir. Les chefs de la société comme la bête dont il est parlé dans l’Apocalypse

doivent avoir des yeux partout; ces yeux, c'est un enselenement supérlenr et par conséquent un enseignement rétribué qui les leur donnera.

LE TABAC Eï LES ENFANTS.

51 la nature de cet opuscule le permettait, Je m’étendrais volontiers sur un abus ‘qui existe chez nous et dont les conséquences sont désastreuses pour la santé publique, je veux parler de l'usage du tabac chez les enfants.

Nos enfants fuient et ils fument avec passion, Que l’on fasse usage du tabac à l’âge de 19 où 20 ans, nous y trouverons moius à redire, mais qu’un bambin de 11 ou 12 ans puisse en liberté fumer ou chiquer, c’est une abomination.

Les enfants fumeurs sont généralement des fruits secs, c’est-à-dire qu'ils ne donnent pas satisfaction dans la mesure de leurs talents, et que leurs facul-

tés s’aftaiblissant de plus en plus, ils tombent dans la médiocrité intellectuelle.

Les enfants fumeurs sont encore les ivrognes de l'avenir, un certain nombre au moins. De fait, la vivacité des 1impressions, à cet âge, développe un besoin de stimulant qui ne peut être satisfait que par l'action plus vive des liqueurs fortes. Ecoutons sur ce point le Dr H.

A. Despierries :

‘ Depuis un demi-siècle, les corps savants, les philanthropes, les penseurs constateut que des anomalies profondes se produisent dans les sociétés humaines ; il résulte, d'autre part, des données statistiques, que les forces vitales de la France s’étiolent dans une progression toujours croissaute. La puissance artistique et intellectuelle baisse ; la folie nous déborde ; le sens moral s'effondre dans la criminalité ; l'humanité faiblit

en esprit et en corps ; le suicide et la mort subite deviennent des accidents de tous les jours.

La science donne pour cause à ce mal nos erreurs et nos écarts en matière d'hygiène, etc. ; elle dénonce à l'opinion publique deux suspects : l'alcool et le tabac, dont la consommation est si largement entrée dans nos mœurs.

Examinons l'étendue et la profondeur de l’action que chacun de ces agents peut avoir sur notre économie.

l’action de l'alcool ne s'exerce que sur l'individu qui le consomme ; l’action de la fumée de tabac, au contraire, atteint, non seulement celui qui le fume, mais encore tous ceux au milieu desquels il se trouve.

L'alcool introduit dans l’estomac du buveur, y produit un sentiment de chaleur auquel succède l'ivresse ; ivresse d’abord gaie, puis violente, mais qui n’a rien des symptômes de lempoisonne-

ment qui conduit à la mort. Le tabac, lui, cause la mort avec tous les symptômes de l’empoisonnement.

D’après cette comparaisin des effets physiologiques, sur l’organisme humain, de l'alcool et du tabac, si l’on demande au bon sens et à la raison lequel est coupable de cette destruction mystérieuse que nous cherchons &« approfondir, la raison et le bon sens, de concert avec la science, ne pourront que répondre :

c'est le TABAC... qui pousse forcément à l’'ALCOOUL... antidote naturel des poisons végétaux.”

Dr H.-A. DESPIERRIES.

J’ajouterai que l'enfant fumeur, dans bien des cas, ne deviendra pas un homme. Le tabac en effet par létat nerveux qu'il engendre empêche labsorption de l'oxygène, ce qui est particulièrement nuisible à l’enfant dont l’organisme en voie de formation a besoin de tout ce qui peut activer la force vi-

tale. Aussi les enfants fumeurs cessent de grandir ; ils perdent la mémoire ; leur vue s’affublit; leur digestion devient plus difficile, leur sommeil ‘plus agité, ete., etc.

Nous avons au moins 10,000 enfants fumeurs. Où allons-nous avec cette coupable condescendanee ? Le père qui laisse ainsi fumer son enfant, ne l’aime pas ; il n'aime pas non plus sa patrie, car au heu de lui donner un citoyen utile, 1l Iui prépare une médiocrité encombrante sinon nuisible.

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