‹ La nature; poésiesChapitre 71 sur 98 · ESQUISSE · texte numérisé non relu

ESQUISSE

Ici le poisson sédentaire N'a pas lieu d'être circonspect.

Jamais encor rien de suspect N'a voisiné dans son mystère.

Des forêts se tenant en bloc Impénétrablement contournent Ces ondes noires qui s'enfournent Dans un précipice de roc.

Les grands arbres de chaque bord Y font une voûte qui dort ; Et, d'un coupant de besaiguë,

Se dresse un peuple de roseaux Hérissant tout droits, par monceaux, Leurs sabres verts à pointe aiguë.

La faux reprend ses songeries :

Maintenant gisent par morceaux Râtelés en petits monceaux Les chevelures des prairies.

De si redoutables assauts Ont fait émigrer les fréries Des fourmis, guêpes, souriceaux Vers les solitudes fleuries :

Ondoiements, murmures, frissons Tout est mort entre les buissons D'où l'oiseau voit d'un œil acerbe

Ce malheureux foin étendu,

Si changé qu'il en a perdu

Sa fleure et sa couleur d'herbe.

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