‹ La nature; poésiesChapitre 91 sur 98 · LA VIEILLE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE

La lumière s'est inclinée De plus en plus vers son trépas Par la campagne, pas à pas, Yoici la nuit acheminée.

L'humble vieille parcheminée Est assise après son repas Près du feu qui ne chôme pas Devant la plaque charbonnée.

Dans une posture gênée Le chien dort; deux tout jeunes chats Font des sauts et des entrechats Sur leur mère pelotonnée.

Et la vieille émerillonnée, En voyant brûler ses éclats De bon bois sec... chantonne bas Une complainte surannée.

Or, soudain, les filles, les gars.

Toute l'agreste maisonnée , Avec le chien, à grands sabbats, S'en va prendre ailleurs ses ébats.

La gent féline est retournée Dans le grenier chasser les rats.

La bonne femme embéguinée Rumine, ayant croisé les bras :

Sous le plancher fumeux et gras De cette salle consternée Elle pousse de longs hélas D être si seule abandonnée!

Mais, avec la triste journée De vent de bise et de verglas

LA FUMEE. 32i

Qui meurt au tintement d'un glas, Craque la voix désenfournée Des grillons qui, fantômes plats, Surgissant dans la cheminée Viennent distraire ses yeux las Et sa vieille àme renfrognée.

Page 1