MÉDECINS ET AP0THICAIBB
Les fors et coutumes leur consacrent une rubrique après les notaires et les huissiers, et les considèrent comme exerçant une charge publique.
Une charte de Pampelunc de 139G (C. 79, n. 63) nous a conservé la formule du serment prélé par les médecins du roi. Ils juraient de remplir fidèlement leurs devoirs deJUiquia, de veiller par tous les moyens possibles à la garde et à la conservation de la personne du roi, et de garder le secret
En 1^09, le juif Abraham était le médecin de la reine Éléonore. Yanguas présume que la médecine devait être exercée par les Juifs, puisque les rois choisissaient leurs médecins parmi eux.
Nous pensons que les Arabes, qui avaient acquis une grande renommée dans les sciences, pratiquèrent en Navarre
Tari de guérir; car dans ce pays, d'après Morel*, on donnait aux médecins le nom d'alfaqui^ nom d'origine mauresque évidente.
Les rois de Navarre s'adressèrent aux médecins les plus renommés, fussent-ils Maures, Juifs ou Français. En iA33, Jean IP, en récompense des bons services que lui avait rendus Laurent Nicolau, le choisit pour lui donner des soins, et réleva aux honneurs de médecin du roi (a los honores de su JUico).
D'après les fors et coutumes modernes, les médecins, à leur réception, devaient jurer, entre les mains des magistrats des villes, de bien et fidèlement remplir leur charge.
Ils étaient bannis du royaume s'ils prenaient part au produit de la vente des drogues des apothicaires. Ils devaient taxer au prix le plus modéré les médicaments qu'ils ordonneraient, lis étaient tenus de visiter deux fois par an les boutiques des apothicaires et d'affirmer la sincérité de leur rapport sous la foi du serment.
De sages mesures étaient prises pour surveiller la qualité des remèdes et empêcher la vente des poisons sans ordon* nance de médecin.
Les honoraires des médecins étaient fixés par la loi et il était défendu de rien exiger de plus des malades. Voici le tarif: visite dans l'intérieur de la ville ou lieu habité par le médecin, un demi-franc bordelais; hors de sa résidence, 3 francs bordelais par jour; la moitié pour une demi-journée.
Nous avons essayé de donner une idée des principaux fonctionnaires du royaume de Navarre. Cette nomenclature un peu aride aura l'avantage de jeter quelque lumière sur l'histoire du droit, dans laquelle nous allons entrer.
' Anale», t. Il, p. 535.
' Archives de Pampelune (C. 1 35 , n. a8).
lâfi HISTOIRE 1)1 DHOIT EN NAVARRE.
ClIAPITUE IX.