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Sur les bords de la voie, on plante des arbres de haute tige et à feuilles persistantes : leurs racines contribuent à consolider les berges et le chemin de halage, et leur feuillage, formant un écran sérieux à la fois contre le vent et le soleil, atténue sensiblement l’évaporation tout en rendant moins pénible le travail des hâleurs.
En hiver il convient de déglacer les canaux qui gèlent plus facilement que les rivières toujours à cause de l’immobilité des eaux : là aussi on se sert de bateaux-briseglaces ou d’explosifs de toutes sortes.
Mais ce sont les chômages qui constituent le plus gros inconvénient des voies d’eau artificielles. Ce sont des interruptions de la navigation qui résultent d’une décision administrative prise en vue de faciliter certains travaux, tels que ceux d’entretien ou de réparations ordinaires (12),
Les chômages réglementaires ou généraux s’exécutent à des intervalles plus ou moins rapprochés pour visiter ou remettre en état certains ouvrages déterminés.
Mais il y a aussi des chômages accidentels : c’est le cas d’une avarie survenue à un endroit de la voie, à une écluse, c’est un bateau qui sombre, surtout s’il coule en travers du canal; dans le même ordre d'idées, dans les canaux à point de partage, il peut y avoir un arrêt de la navigation dû aux sécheresses. Cet inconvénient est à redouter surtout dans le bief supérieur, un seul bief mis à sec, même à demi (et il en est de même en cas de gel), met tout le canal en chômage.
On avait espéré réduire les inconvénients dus aux ch6mages en les rendant simultanés : ainsi, tous les bateaux immobilisés en même temps repartiraient ensemble, et la perte de temps serait la même pour tous.
Les chômages constituent une grande gêne : on a de-
(12) Cf. Cuënot, Rivières canalisées et canaux, p. 823 à 835.
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mandé leur suppression et souhaité bien souvent que les canaux fonctionnassent régulièrement comme les chemins de fer : cette mesure semble irréalisable sur beaucoup de canaux à cause de certains travaux d'entretien comme celui des ponts-canaux, des écluses ou de certains étanchements bétonnés qui nécessitent la vidange du canal; on peut toutefois les réduire en utilisant des scaphandriers pour les petites réparations.
Les chômages sont inévitables; ils se font actuellement simultanément sur le réseau français du 15 juin au 15 juillet, à la suite d’une convention internationale intervenue entre la France, la Belgique et l'Allemagne. On s'arrange pour faire Je moins possible de chômages et les réduire au minimum, par exemple tous les deux ans au lieu de tous les ans.
Dans les rares cas où on peut faire le même parcours par deux itinéraires différents, ainsi de Paris à Lyon par le canal de Bourgogne et la Saône ou par la ligne de Paris à Roanne jusqu'à Digoin, le canal du Centre et la Saône, on peut ne faire de chômage que sur une seule ligne à la fois, et alternativement. On voit donc par là que les chômages sont un des principaux griefs qu’on peut faire valoir contre la navigation.