TRAFIC
Pour donner une juste idée de ce trafic, gant par le
Transport des Voyageurs,
Le recensement de 1871 fixe à 22,980 la population des comtés de Chicoutimi et Sagnenay. Cette population, excepté un petit nombre durant l'été, n'aurait pas d'autre moyen de communiquer avec Québec que le chemin projeté. On peut donc dire sans crainte de faire erreur qu’au moins 8,000 personnes feraient chacune une fois par année le trajet entre Québec et le lac St. Jean. De Québec, au moins deux milles versonnes, hommes d'affaires, touristes, amateurs de la chasse et de la pèche, qui sont si abondantes dans ces régions, feraient aussi ce trajet, On peut donc compter sur une recette de 10,000 voyageurs parcourant le chemin dans toute sa longu:ur. De ces 10,000 voyageurs, 5,000 feraient le trajet en première et 5,000 en seconde classe. Estimant à 14 cent du mille le passage en preraière el à | cent en seconde ciasse, le prix du passage aller et retour serait de $4964 en première et 83.31 en seconde classe. Or 5,000 voyageurs à $4.964 en
‘ première classe, donnent $24,825.00, et
5000 voyageurs en seconde classe à 83.31 donnent aussi 816,550 faisant pour les 10,000 voyageurs faisant le parcours com-
nous l’examinerons en détail, commen
plet, aller et retour, $41,380. Entre Québec et les dernières stations du côté sud des Laurentides, distance d'environ 21 miles, il circulerait au moins 5,000 voyageurs, en seconde classe, chaque année.
Chaque voyageur payant 4? cents aller et retour, la recette serait de $2,100 et porterait à $43,480 la recette totale des voyageurs.
Transport de Fret,
Il se brule annuellement à Québec au delà de 72,000 cordes de bois de chauffage. Il y asur le parcours du chemin projeté beaucoup de bois propre au chauffage; il n’est donc pas exagéré de dire qu’il en serait transporté sur cette ligne,
sur un parcours d'environ 150 milles, au *
moins 30,000 cordes par année. En moyenne, le bois de chauffage pèse environ 2,400 livres la corde, en sorte que 30,000 dor neraient 36,000 tonnes. Or, estimant le transport à une cent la tonne par mille, 36,000 tonnes sur un parcours de 150 milles donneraient $54,000.
Quant au bois de construction, scié ou en gourme, il s’en transporterait au moins ?2,500,000 pieds cubes par année, puisqu'il y a béancoup de beau bois sur
les rivières qui se déchargent dans le lac St. Jean. 2,500,000 piedscubes de bois font environ 20,000 tonnes. A une cent de la tonne par mille sur 1654 milles, ce transport donnerait $33,100.
Il y a aussi de la pruche aux environs du lac St. Jean, et il n’est pas irraisonnable de supposer qu'il serait amené à Québec povr le moins cent cordes d’écorce de pruche chaque arnée. Cette quantité représente un poids de 120 tonnes et une recette de $198.60.
Viennent ensuite les produits de la ferme et de l'industrie domestique. Le recensement agricole de 18%1 n'étant pas terminé, il nous faut recourir à celui de 1861 pour constater la somme de trafic que fournira cette ressource. Or voici, d'après ce recensement, la production agricole du comté de Chicoutimi en 1861, époque depuis laquelle la population s’est accrue d’audelà de 38 pour cent et probablement la production aussi :
Produits. Minots. Livres,
Mrsstee tt sets 9,912 … 1,194,720 OO. scores 39,922 … 1,916,256 Seigle............ 42,471 … 2,293,434 POÏR. todens + 23,707 .… 1,422,420 Avbine............. 39,316 … 1,415,376 Sarrazin........….. 451 24,354 Matsn.ss ss 32... 1,728 Pommes de terre 101,382 … 6,083,920 Navets..…..:...... 991 59,460 Caroites.........., 254 14,240
Ces 14,430,508 livres de grains et légu-
mes forment 7,215.10 tonnes. A cela, il
faut ajouter les produits de l'industrie domestique :
Produits. Livres. Tonnes, Beurre... 61,771 … 30.88 Buts. 111,400 55.7 LATE ere ttes 276,000 138.00 LA serre 13,391 7.69 Lin et chanvre. 5,073 2.53
a mn RS
Pour avoir une juste idée de la quantité de ces produits, il faudrait ajouter le sucre d'érable, les œufs, les ognons et les autres produits potagers dont le recensement agricole de 186i ne parle pas, et qui formeront cependant un bon montant de trafic.
Quant aux bestiaux, il y en avait 18,746 dans le comté de Chicoutimi en 1861. En estimant à une moyenne de 600 livres le poids de chaque animal, on trouve pour le poids total 11,247,600, ou 5,620.80 tonnes. Résumant tous ces chiffres, nous trouvons :
Grains et légumes:.....7,215.10 tonnes.
Produits domestiques... 23480 Bestiaux....... se sssbee ve 57,230.08 ‘
Total... 64,679.98 tonnes.
IL est plus que raisonnable de supposer que le tiers au moins de ces 64.679,89 tonnes sera b'ansporlé à Québec par le chemin projeté: cela donnerait donc 21,557.77 tonnes de transport. A ;} cent la tonne par mille, la recette serait $32,336.65.
Pour donner une idée du bas prix du transport qui formera ce montant, qu’il nous suffise de dire que le transport d’un minot de blé du Lac St. Jean à Québec sera de cINQ cEnTs et celui d’une corde de bois de chaufiage de MOINS DE DEUX PIASTRES. Assurément, on ne saurait faire transporter à meilleur marché!
Quant au trafic des marchandises expédiées de Québec au Lac St. Jean, il n’excèdera guère cent tonnes et rapportera environ $165.50. A cela, on peut ajouter le transport des malles, $16,550, à $100 le mille.
En résumant ces divers chefs de recetles, on trouve la liste qui suit: L
Transport des voyageurs......$43,480.00 4 bois de chauffage... 54,000.00 w ue construction. 33,100.00 “grains et bestiaux..... 32,336.65 “ marchandises de Québec 165.50 k malles.......…......... 16,550.00
Récettes totales du trafic..$179,632.13
A ce chiffre, on peut fort bien ajouter, comme représentant le transport de l’augmentation des produits agricoles, $10,- 367.85, ce qui porterait les recettes à $190,000.00
La compagnie qui entreprendrait de construire un chemin de fer entre Québec et le Lac S. Jean pourrait donc compter sans crainte, puisque nos estimations sont aux chiffres les plus bas, sur un trafic de
$190,000.00. IL semble que cette recette |
a bien son beau côté et son attrait pour les capitalistes. |
Frais d’exploitation,
Sans entrer en des détails inutiles, nous vouvons affirmer que les frais d’exploitation de cette ligne n’'excéderont pas 40 pour cent des recettes brutes, soit $76;- 000.00. Il resterait donc une balance de $114,000.00 pour couvrir l'intérèt du capital absorbé par les frais d’établissement de la ligne. L'intérêt de ce capital, $1,684,045 à 6 nour cent, forme une somme de $101,042.70. Il y aurait donc un excédant de recettes de $12,957.30.
Ce chiffre représente l’excédant des recettes propres du chemin sur les frais d'administration et l'intérêt du capital employé à la construction. Mais pour voir quelle serait la position de la compagnie qui se chargerait de mener cette entreprise à bonne fin, il faut y ajouter la recette de la vente des terres.
Comme nous l’avons vu plus haut, le gouvernement local a généreusement accordé une subvention de 10,000 âcresde terre par mille de chemin, à partir du
terminus de la ligne de Québec et Gos.
ford, et nous sommes convaincu qu'il étendrait cette allocation à toute la ligne, ce qui donnerait 1,655,000 acres de terre.
En estimant à cinquant. cents de l’acre seulement la valeur de ces terres, l’allocation du gouvernement équivaut à $827,500. Retranchant de celte somme 15 070 d’escompte sur les obligations garanties par ces terres, ou $124,125, il reste une somme ronde de $8703,375. A 6 pour cent, cette somme représente un intérêt annuel de $42,302.50, et ajoutant ce chiffre à l'excédant des resettes de l'exploitation, on arrive à un profit, pour chaque année, de $55,259.80.
Le capital de la compagnie, $1,684,045, rapporterait donc, déduction faite des frais d'exploitation, un revenu annuel de $169,259.80, ou un intérêt de plus de dix pour cent. Si ce n’est pas là une entreprise qui s'impose à la plus sérieuse considération des capitalistes et des amis de la colonisation, nous n’en connaissons pas.
Aussi-nous croyons que notre gouvernement local, dans l'intérêt du public et de la colonisation dans la vallée du lac St. Jean, devrait construire lui-même ce chemin, si les capitalistes hésitent à se charger de cette entreprise. IL n'aurait qu'à y gagner. Ses sources de revenus sont plus ou moins limitées; or cette entreprise, qui finirait bientôt par se payer elle-même, par ses propres profits, lui donnerait plus tard une jolie recette. C’est en construisant des chemins de fer et des canaux, ce qui a considérablement aidé la colonisation, que la plupart des législatures locales des Etats-Unis se sont mises en position de supporter les lourdes charges dont les a grevées la guerre civile américaine. Pourquoi ne suivrionsnous pas leur exemple? Pourquoi tout en avançant la colonisation et ef tirant
fi ÿ
de la gêne et de la misère les courageux et nobles colons du lac St. Jean, ne nous assurerions-nous pas des recettes pour contrebalancer la diminution du revenu de nos forêts et de nos terres publiques ?
Après tout, les ressources à la disposition d’un gouvernement ne lui appartiennent
que pour travailler au bien du peuple, et notre gouvernement local ne saurait mieux faire, certainement, que d’em.
ployer son crédit et son énergie pour établir cette ligne de Québec et du lac St, Jean, qui ferait tant pour la colonisation.