‹ La nécropole de MyrinaChapitre 1 sur 488 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

HISTOIRE DES FOUILLES

La nécropole de Myrina a été découverte vers 1870 par des paysans de la ferme de Kalabassary *, dans le domaine d ^ Ali- Aga (district de Ménémen et province de Smyrne), appartenant à M. Aristide Bey Baltazzi de Constantinople. Les premiers tombeaux que rencontra la charrue furent dépouillés des plaques qui les recouvraient, mais leur contenu, qui paraissait sans valeur, resta enfoui ou fut brisé en fragments, bientôt dispersés à la surface du sol. Quelques an-

1. Le nom est écrit Kalabaxar dans Waddington-Le Bas, Inscriptions d’ Asie -Mineure, n° 1724 d et e. Les cartes de la marine anglaise (Asia Minor, nos 51o et 1902) donnent les noms de Kalabassy , Kalabassary et Kalabak Limen. Les indigènes considèrent Kalabassary comme identique à Kalabak-Serai « la maison de Kalabak ». Kalabak est le nom d’un petit village situé dans les montagnes sur la route d’Ali-Aga à Nimroud-Kalessy, à dix. kilomètres environ de Kalabassary. Cf. Ramsay, Journ. of Hellenic Studies, II, p. 277.

nées plus tard, le frère du propriétaire, M. Épaminondas de Baltazzi, étant venu s’établir à Ali-Aga, on lui fit voir des têtes en terre cuite recueillies par les habitants du village dans les terres labourées de Kalabassary. A cette époque, la vogue des figurines de Tanagre no faisait que commencer en Europe, et peu de personnes, en Asie-Mineure surtout, soupçonnaient l’intérêt des petits monuments de cette espèce. M. E. de Baltazzi comprit, avec une sûreté de goût qui lui fait honneur, que ces modestes poupées , comme les appelaient les paysans, méritaient d’être recueillies; il fit exécuter quelques fouilles systématiques à Kalabassary et put ainsi réunir une première collection que M. Aristide Baltazzi montra en 1B74 à M. Gustave Hirschfeld, de passage à Ali-Aga. A ces objets vinrent bientôt s’en ajouter d’autres, découverts dans les tombeaux de Namourt, localité située au sud-ouest d’Ali-Aga qui recouvre les ruines de Cymé. Malheureusement, le plus grand nombre des figurines, laissées sans surveillance dans une vitrine du château d’Ali-Aga, furent volées peu de temps après, et, comme il n’existait pas de catalogue de la collection, il est très difficile de ressaisir la piste des statuettes qui la composaient. MM. Aristide Bey et Épaminondas de Baltazzi n’en avaient euxmêmes conservé que très peu de spécimens. Mais l’attention des paysans d’Ali-Aga avait été mise en éveil par les dernières fouilles; ils ouvrirent en cachette un assez grand nombre de tombeaux et vendirent les statuettes à des marchands de Smyrne qui les envoyèrent à Athènes et en Europe.

Bientôt après son voyage en Éolide, qui avait eu pour but l’étude do l’acropole de Pergame, où le gouvernement allemand songeait à entreprendre des fouilles, M. Gustave Hirschfeld fut appelé à la direction des travaux archéologiques d’Olympie. Absorbé par ces nouvelles recherches, le savant allemand n’eut pas le loisir de faire connaître au public le résultat de ses observations à Myrina h Sachant, par M. Baltazzi, qu’il avait pu voir en 1874 la première collection

l. Une allusion aux récentes découvertes de terres cuites en Asie-Mineure se trouve dans l'anal' ■ d ure' communication de M. Hirschfeld à la Société archéologique de Berlin (Archæol. Zcitung, 1876, p. 58).

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formée à Ali-Aga, nous nous sommes adressés à son obligeance pour obtenir quelques renseignements à ce sujet. M. Hirschfeld a bien voulu nous envoyer copie de son carnet de voyage, en nous autorisant à traduire les notes qu’il a pu prendre sur place. Nous le prions d’agréer nos remerciements pour son intéressante communication, que nous reproduisons en substance dans ce qui suit.

« Le 8 juillet 1874, j’étais de retour à Smyrne, à la suite d’un voyage de trois mois dans le sud-ouest de PAsie-Mineure. Le 12 juillet je me rendis à Pergame, sur le désir exprimé par le Musée de Berlin, et j’y pratiquai pendant deux jours des sondages dans les murs byzantins où, trois années auparavant, on avait découvert les deux premiers fragments du grand autel. A cette occasion je vis pour la première fois, entre les mains de particuliers, des terres cuites d'un style remarquable, provenant, me disait-on, d’Eolide, et surtout des environs mêmes de Pergame. J’acquis un admirable torse viril (haut de 0m,10, y compris la cuisse droite), et le moule d’un masque de Satyre (0ra,05) ; ces deux objets sont encore en ma possession. Pendant mon séjour subséquent à Smyrne, j’eus l’occasion de voir des objets analogues entre les mains des marchands. Au mois d’octobre 1874, je fis la connaissance de M. Epaminondas de Baltazzi, qui me parla des fouilles de Kalabassary. Il me montra, dans sa maison, quelques grandes et belles statuettes, entre autres un personnage volant ( schwebendc Figur), une danseuse, une femme se retournant pour voir tomber sa robe. Ces terres cuites me frappèrent par ^originalité des mouvements et la bonne conservation des couleurs.

» Peu de temps après, je fis connaissance à Smyrne de M. Aristide Baltazzi, qui était de passage à Ali-Aga. Il m’invita à venir l'y trouver, ce que je fis le 19 octobre. Je passai trois jours à Ali-Aga. Voici la description des statuettes que je pus examiner dans la vitrine du château; comme cette vitrine était fermée, je n’indique que des dimensions approximatives.

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