Cf. Bernouilli, op. L, p. 229 et suiv
G. Voy. notre Catalogue, n° 37; cf. Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1870, pl. ni, n° fi; 1880, pl. vi, n08 10, 1 1 ; Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. lxxii, n° 8; Frœhner, Collection Gréau, pl. 7.
DESCRIPTION DES PLANCHES
pas et tout fait supposer qu’ils ont emprunté ce procédé à la statuaire ou tout au moins aux petits bronzes qui ont multiplié les images de Vénus nue et qui ont fourni fréquemment des modèles et même des moules aux modeleurs de terre cuite b La saillie placée entre les seins simule un médaillon ou une amulette retombant d’un collier qui est parfois figuré par une série de petits pastillages ou par un simple trait de peinture ; mais souvent on a négligé de l’indiquer 1 2.
4. Femme drapée , relevant un pli de son himation. — - Voy. Catalogue, n° 223. La façon dont la femme relève de la main droite un pli de son manteau est un curieux exemple de la perpétuité d’un geste devenu classique dans l’art. L’invention en remonte aux débuts mêmes de la plastique grecque. Gomme l’a montré M. Homolle en étudiant les statues archaïques do Délos 3, les mouvements successifs qui détachent les bras du corps de la statue se sont accomplis avec infiniment de lenteur et de prudence. Aux ;6avy. rigides, dont les pieds étaient joints et les mains collées aux cuisses, ont succédé une série de statues qui placent la main gauche sur la poitrine ; puis la main droite se relève et s’avance, tenant un attribut ; par une loi de pondération et d’équilibre naturel, le pied gauche se porte en avant; enfin, par un geste qui donne plus de réalité à ce premier mouvement de vie et de marche (êv IxayysXîa toS fia&Çeiv) 4, la main gauche s’abaisse et soulèvedoucement les plis de la draperie pour dégager le pied. Peu de formules artistiques ont eu plus de succès que celle-là ; on en suit l’application à travers les âges jusqu’à l’époque romaine et les monuments qui répètent cette gracieuse attitude de la femme sont innombrables 5. Nous avons ici un des nombreux exemples de ce motif préféré et la nécropole en a fourni quelques autres 6. Celui-ci porte
1. Sur l’importance des petits bronzes, v. plus haut p. 164-166.
2. Sur l’usage de ces bijoux, si fréquents dans les statuettes de l’époque alexandrine, voy. le n° 2 de cette planche et pl. xvi.Pour Aphrodite assise sur le dauphin, voy. notre Catalogue, n° 38 ; pour Éros sur le dauphin, pl. xvii, 5 et pl. l, 2.
3. De antiquissimis Dianæ simulacris deliacis, Paris, 1883; cf. p. 44 et suiv.
4. Philostrate, Imagines , I, 16; Overbeck, Schriftquellen, n° 134.
5. Cf. Homolle, l. c. ; Gerhard, Akad. Abhandl., I, p. 258-284, pl. xxvm à xxxiv; Bernouilli, Aphrodite, p. 68-73; Gherardini, Bullettino délia Comm. arch. comm. di Borna , 1881, p. 106-164, pl. v.
6. Voy. notre Catalogue , nos 222 à 224. V. plus haut, p. 174, en note, n° 26, une statuette de Diphilos au Musée d’Athènes.
la signature de l’artiste Hiéron, dont les produits comptent parmi les plus fins qui aient été trouvés à Myrina h
5. Déesse drapée assise , à bras articulés. — Voy. Catalogue , n° 14. Ce type fait pendant à celui que nous avons étudié plus haut (n°2). Gomme l’a remarqué M. Heuzey au sujet des terres cuites babyloniennes *, il arrive souvent que, par une sorte de réaction contre les images nues, les modeleurs ont fabriqué une série de figurines tout à fait semblables qui sont vêtues. C’est aussi la seule différence que nous observions ici : pour tout ce qui concerne l’attitude, les ornements et la chaussure, nous renvoyons au n°2. Dans la série des idoles drapées qu’a fournies la nécropole 3 , nous trouvons, comme précédemment, à côté des statuettes articulées, des figurines qui font le geste des divinités nourrices, une main posée sur le sein 4.
6. Femme drapée , tournant la tête. — Voy. Catalogue , n°226. L’attitude contournée du corps et la jambe gauche très fléchie donnent à cette figurine un caractère particulier, où l’on reconnaît les effets cherchés de l’école hellénistique 5. Bien que nous ne puissions pas indiquer le modèle même auquel le coroplaste a emprunté ce motif, nous connaissons un certain nombre d’œuvres sculpturales où se reproduisent ces flexions du corps et le mouvement de la tête retournée en arrière ; elles appartiennent aussi à l’art des successeurs d’Alexandre. C’est, par exemple, la statue désignée sous le nom de Vénus Gallipyge 6 et la Psyché suppliante du Louvre7. On trouve déjà quelque chose d’analogue dans les attitudes mouvementées des Niohides de Scopas; l’une d’elles 8 porte sa draperie rejetée sur le poi-
L Sur les signatures, voy. plus haut, p. 172 et suiv.