Ad Tliucyd., I
DESCRIPTION DES PLANCHES
sous le nom de scorpios ; l’appellation de coryrnbos était plus spécialement réservée à la même coiffure chez les femmes et celle de crobyle à la tresse des coiffures viriles h Avant la découverte des terres cuites d’Asie-Mineure, cette disposition ne s’était guère rencontrée que dans des œuvres d’époque romaine 1 2 ; il paraît maintenant que la mode en était fort répandue en Asie, sans que l’on puisse affirmer qu’elle n’était pas en usage ailleurs. Quant à la tresse qui descend sur les épaules et qui présente l’aspect d’une natte très serrée, peut-être emprisonnée dans une spirale métallique 3, elle ne se prête pas, que nous sachions, à des rapprochements avec des monuments de la même époque. Pour trouver un arrangement analogue, il faut rappeler certaines sculptures archaïques, comme la tête du Discobole d’Athènes 4 ou une tête en bronze trouvée à Olympie 5. On pourrait encore comparer à la tresse de la statuette de Myrina les deux chevelures nattées avec soin qui figurent sur un monument votif thessalien 6. Ce sont les tresses que l’on coupait sur la tête des enfants le jour où ils parvenaient à l’àge d’éphèbe et qui étaient généralement consacrées à Apollon ou à Artémis 7 .
L’enfant ou l’Éros tenant un masque n’est pas rare dans les monuments figurés8. Ce motif a été l’objet de nombreuses variantes :
1. Cf. Pottier, art. Coma dans le Dict. des Antiquités de Saglio,p. 1358 et Crobylus, p. 1571.
2. Cf. Bronzi di Ercolano, II, pl. 48, 49, 51; Clarac, Musée, pl. 736, 761 c; Monumenti dell' Instit., 1843, pl. xx; Sacken, Antike Bronzen, pl. xxxn, 12 (figurine analogue aux Éros funéraires de nos pl. xn, 1, xxxiv, 3.) La liste de ces œuvres d’art a été dressée par M. Stephani, Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1867, p. 42. La tresse plate a été signalée pour la première fois, dans une figurine asiatique, parM. Frôhner, qui pense qu’elle servait de talisman contre le mauvais œil ( Terres-cuites d’Asie-Mineure, p. 36, pl. 16; cf. p. 38 et pl. 17.)
3. Koi/vjv r pitpwu xp'J'rÿ otoo^îm 7.V/.0 au u. (3 w u é~j ri v (Nicol. Damasc. vii, 62 <= Müller, Fragm. Hist.
græc., m, p. 393.) On a proposé pour cette natte cerclée de métal les dénominations de xspa;, xopû-jca, Terril;; les rerriye; ioniennes seraient, suivant M. Ilelbig, des avpiyqsç, analogues aux spirales qui se rencontrent dans les tombes étrusques généralement près de la tête des squelettes. Cf. Ilelbig, Das homerische Epos, p. 163, 166, 169; Commentationes in honorem Mommsenii, p. 616-626 ; Rheinisches Muséum, t. xxxiv (1879), p. 484-487. Le même arrangement parait indiqué dans ce vers de l 'Iliade (xvii, 52) : 0' oï %piu yw rs xai àpyôpw èo-tpwxcovTO.
4. Overbeck, Geschichte der Plastik, t. I, p. 152; Saglio, Dict. des Antiq., fig. 1799.
5. Ausgrabungen, m, pl. xxn. La tresse relevée à l’extrémité (xspaç) se voit sur des monuments hittites et étrusques (Helbig, Das homerische Epos, p. 166, note 3 et fig. 39.)
6. Millingen, Unedited monuments, n, pl. xvi, 2; Saglio, op. I., fig. 1833.
7. Voy. les références dans le Dict. des Antiq. de Saglio, s. v. Coma, p. 1358 A.
8. Citons entre autres une terre cuite de la Collection Lecuyer (pl. S 3) ; une autre de la Collection Gréau, fort analogue à la nôtre (pl. 21); un bronze de Vienne (Sacken, pl. xxxir,
on connaît, par exemple, des représentations d’enfants ou d’Éros s’effrayant à l’aide de masques comiques1. Attribut ordinaire des Muses, le masque, placé entre les mains d’enfants, indique leur caractère de suivants de Dionysos. Nous avons déjà signalé, dans les terres cuites de Myrina, l’influence et l’empiétement des types bachiques sur les représentations du cycle d’Éros 2.
2. Héraklès à coté d’un terme. — Voy . Catalogue , n° 202. Cette figurine est l’une des plus soignées que l’on ait découvertes à Myrina 3. Le corps est modelé des deux côtés et le revers ne présente pas de trou d’évent, détail assez rare en Éolide4, mais qui caractérise les produits delà fabrique de Smyrne 5 . Cet indice, joint à l’aspect général de la figurine et à la précision du modelé, nous autorise à y reconnaître un surmoulage de petit bronze, pareil à ceux qui ont d’abord été signalés par M. Rayot parmi les statuettes provenant du mont Pagus 6. Les figurines obtenues par le moulage des bronzes sont généralement des représentations de divinités.
Fréquent dans la fabrique de Smyrne, où il parait avoir été particulièrement en honneur7, ainsi que dans celle de Tarse, qui présente
n° 4, p. 73), où un Éros ailé élève un masque au-dessus de sa tète ; une statuette de bronze publiée parCaylus (t. Il, pl.Lxxx, 3), représentant un enfant drapé qui tient un masque comique. Cf. Ficoroni, Maschere scenichc, pl. 38 et 39; Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1870-71, pl. vi, n° 1; Museo Capitoline, t. III, pl. 40; Clarac, Musée, pl. 540, n° 1132, 1133, 1134 ; Bronzi d’Ercolano, pl. 48; Tôlken, Verzeichniss, n° 618; Lippert, Dactyliothek, i, 802, 834; Sacken und Kenner, Beschreibung, n° 526; Ileuzey, Catal. des figurines du Louvre, p. 17, 159; Figurines du Louvre, pl. xxn, 2 et 3, pl. xliii, 2; Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. vu, n° 6 (pendant d’oreille en or). Nous avons encore trouvé à Myrina deux autres statuettes d’enfants tenant des masques (cf. pl. xliii, n° 1 et Catalogue, n° 300).
1. Chabouillet, Cabinet Fould, n° 619; Furtwængler, dans le Lexikon der Mythologie de Roscher, p. 1367;Helbig, Wandgemàlde, n° 734; Tôlken, Verzeichniss, n° 619. Cf. Slephani, Ausruhender Herakles, p. 114; Compte-Rendu de Saint-Pétersbourg p. 1870-71, pl. vi, n° 1 ; Jahn, Kieler Monatsschrift , 1853, p. 531.
2. Voy. plus haut la notice de la planche xiv, n° 2; pl. vii, p. 305, Fig. 41 dans le texte.
3. Elle a été trouvée, au mois d’octobre 1881, avec une soixantaine d’objets, dans un grand tombeau sur la pente nord-est de l’Acropole, he tombeau contenait, entre autres, un groupe d’Éros et Psyché ( Catalogue , n° 273), un Apollon, un Dionysos, un Éros, un athlète versant de l’huile (Catal. n° 276 et pl. xli, 3) et bon nombre de figurines représentant des Éros et des éphèbes.