Pollux, Onomast., iv
DESCRIPTION DES PLANCHES
ques indications. On remarquera le front fuyant et l’allongement du crâne, la grandeur et l’écartement des oreilles, caractères communs à plusieurs statuettes du même genre L Ce sont des marques de pauvreté d’esprit dont les anciens ont su tirer parti aussi bien que les caricaturistes modernes. Il leur était facile de les étudier sur les types d’esclaves appartenant à des races non helléniques 1 2.
2. Esclave nègre portant un plat et une œnochoé. — Voy. Catalogue , n° 335. Dans les riches cités de l’époque hellénistique, Pergame, Rhodes, Antioche, Alexandrie, le commerce, l’esclavage et le recrutement des mercenaires faisaient affluer des barbares appartenant aux racés les plus diverses qui devinrent un objet d’étude pour l’esprit observateur des modeleurs grecs. Les tendances réalistes de l’art de ce temps, non moins que le besoin d’innover et de divertir, donnèrent naissance aux types ethnographiques qui paraissent avoir été particulièrement goûtés à Alexandrie 3. C’est là que se développa la caricature 4, en même temps que la peinture et la sculpture dites de genre 5. Le réalisme des Alexandrins, dans la reproduction des types ethnographiques, était comme la continuation de celui des artistes de l’ Ancienne Égypte, qui ont représenté si exactement la physionomie des peuples avec lesquels l’empire des Pharaons fut en contact 6. Mais la fidélité de l’art grec n’a rien de commun avec celle de la chronique : il sait être spirituel jusque dans la peinture du laid et se préserve de la vulgarité tout en l’imitant. A Athènes, dès le ive siècle, il y avait des esclaves nègres 7 ; ils paraissent être devenus surtout fréquents à Alexandrie, que sa position géographique mettait en relations incessantes avec les populations éthio-