Car exemple, dans les tombeaux nos
7. M. Rayet a noté les mêmes cassures dans les terres cuites de Tanagre, mais il paraît les attribuer simplement à la chute des figurines dans le tombeau, l. c., p. 304. Ultérieurement il a reconnu, Monuments de l’Art antique , II, pi. 77, p. 8, que es statuettes avaient souvent dû être brisées à dessein. M. Haussoullier fait la même remarque, l. c., p. 78.
LES TOMBEAUX
plus épargnés que les fragiles verreries ou les terres cuites. Nous n’avons trouvé qu’un seul strigile complet ; des miroirs de bronze étaient en sept ou huit morceaux, à côté d’autres conservés intacts. Enfin, ce qui prouve mieux que toute autre chose une intention expresse, c’est que les fragments d’un même objet se trouvent souvent loin l’un de l’autre. Dans un tombeau do femme, par exemple, presque toutes les statuettes étaient privées de leurs têtes qui étaient rassemblées à l’autre extrémité de la fosse l. Ailleurs, une figurine sans tête était placée au-dessus dos plaques du tombeau ; la tête était dans l’intérieur. Dans un grand nombre de cas, les statuettes étaient couchées face contre terre, privées de la tête ou d’un membre qu’on retrouvait du côté opposé, .ce qui semble bien indiquer le mouvement d’une personne qui, se tenant au bord du tombeau, casserait en deux l’objet qu’elle tient, et jetterait de chaque main un des morceaux dans la fosse 2. C’est ce qui explique aussi que certains morceaux des figurines manquent complètement, sans qu’on ait chance de les retrouver. Il nous est arrivé plusieurs fois de faire passer au crible la terre du tombeau pour recouvrer un fragment important, mais sans succès. Il est certain que les fragments absents ont été jetés en dehors de la fosse, au moment même des funérailles, et qu’ils ont ainsi disparu sans retour. Citons encore un exemple curieux de ce cas : un tombeau ouvert sur la colline de l’Est contenait un grand masque en terre cuite et de plus une trentaine de fragments provenant de masques analogues et plus grands3; on a tâché d’assembler avec le plus grand soin tous les morceaux et l’on a reconnu qu’il était impossible de reconstituer même un seul masque en entier. S’il est permis de rechercher une cause à ce rite funéraire, on peut croire que la crainte d’une violation sacrilège faisait briser par précaution les objets qu’on y déposait, pour qu’on ne fut point