‹ La néerlande et la vie hollandaiseChapitre 12 sur 68 · II. i-ii-vCtHlnlc · texte numérisé non relu

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SR LA NEEBLANDE

déjà de son temps le plusjoU paysage qu'on put imaginer. De i608 à 1640, vingt-six lacs se transformèrent ainsi dans la même province en polders. En 1820j on comptait dans la Hollande septentrionale plus de 6,000 hectares mis à sec. Dans ta Hollande méridionale, le chiffre des terres restituées à l'agriculture était en 1844 de 39.000 hectares. Dans ces derniers temps,on a encore épuisé les eaux du pol<^ Nootdoip, qui était un marais, et sur l'emplacement duquel s'élève maintenant un petit village.

Le Hollande, à laquelle la nature semble avoir dénié tous les éléments, pour nous servir des expresàons du Dante, a su se donner parle travail ce que la nature lui avait refusé. Cette histoire déterres appelées du fond des eaux et répondant à l'homme : « Nous voici, o semblerait une histoire merveilleuse, si les moyens à l'aide desquels s'opéra ce miracle de l'industrie n'étaient connus. Cçs moyens sontd'ailleurstrès-simples: jusqu'ici tousles dessèchements ont été accomplis par le travail des moulins à vent, et ce n'est qu'à une époque récente qu'on a mis en œuvre des agensplus puissants dont il nous reste à parler.

Malgré tant de victoires remportées sur l'ennemi intérieur, un L6te dangereux et remuant inquiétait la province de fiollande; nous voulons parler du lac de Harlem. Ce lac, les Hollandais l'avaient vu naître. L'histoire de sa formation doit fitre étudiée sur les anciennes cartes : on suit alorspasà pas les développements de cette masse d'eau, qui avait fini par intimider la ville de Leyde et

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BT LA VIE HOLLANDAISB. iS

la viUed'Amstërdam. 11 existait en lS31,danslesenvirons de Harlem, quatre petits lacs insigniGants,et àcâtédeces lacs florissaient trois villages, dont les noms seuls ont été conservés. En 159), un des trois villages avait déjii disparu; en )647, c'en était fait des deux aalres. Les lacs étaient d'abord séparés ; en 1531, il existait entre le lac de Harlem et celui de Leyde une ouverture encore si étroite qu'on pouvait, dit une ancienne chronique, la passersur une planche ; en 16i7, les quatre tacss'étaient réunis, et leurs noms particuliers s'étaient confondus dans celui du lac de Harlem. Il n'y avait plus qu'un point de terre, le Beinsdorp, qui surnageait ; en 1687, le Beinsdorp avait dinùnué, et le lac s'accroissait toujours (1). Dans ces derniers temps, il avaît-atteint onze lieues de circonférence. C'était une mer, et une mer orageuse. Sur cette mer s'étaient livrées des batailles navales, des flottes de soixante-dix bfttiments plats avaient manœuvré, plusieurs vaisseaux avaient péri (2). Nous avons vu à Harlem, dans le cabinet d'bistoite naturelle du docteur Van Breda, deux individus du genre lilurue gianis, qui avaient été péchés dans le lac, et qui ap-

(1) Voivi des chiffres eiacl» sur la proporllon de ces agrandlssaneots succeesirs :

En 1531, le lac sTalt 6,&8& tnorgen on arpenta de Hollande. En 1501, 15.375 id.

EnlG4T, ■ n.osu id.

ËD168T, 1S,U00 id.

EnlSoe, 30,000 . Id.

(I] Il esiile à là bibliothèque de la Haye un livre hollandais avec des gravDresreprésentanlcesvalitseauKet leurs métbodeseiratégiques.

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ào LA néERLANDB

partiennent à la plus grande taille des poissons d'eau douce. Tour à tour d'humeur calme ou violente, ce lac paraissait se comporter selon des lois à lui. Le i" novembre 175S, on l'avait vu s'émouvoir au moment du fameux tremblement de terre de Lisbonne, et l'on nV percevait rien de cette agitation dans la mer. La traversée de ses eaux était périlleuse ; il y avait eu des naufrages. Comme ces animaux qui deviennent plus méchants avec les années, le lac de Harlem se montrait de jour en jour d'un caractère plus tempétueux. Achaque gros temps on voyait dans cette mer intérieure des montagnes d'eau se soulever, battre avec une grande force les ouvrages de défense, et s'écrouler sur les bords avec beaucoup d'écume. C'était un voisin incommodô et dangereux ; si les ouvrages dans lesquels on le contenait à peine fussent venus àcéder, le lac se serait jeté dans d'anciennes tourbières inondées eteùt recruté là de nouvelles forces pour menacer toute la Hollande. On dépensait, d'un autre cdté.. à combattre ses empiétementsetàle refouler dans son Ut autant d'argent qu'il en eût fallu pour le mettre à sec. Cependant le lac de Harlem continuait d'exister, lorsque, le 9 novembre 1 836, les eaux, chassées par un vent d'ouest furieux, s'élancèrent par-dessus les digues et les routes, et arrivèrent jusqu'aux portesd'Amsterdam. Cet événement décida du sort du Haarlemmermeer. Le lac avait menacé Amsterdam, Auisterdam dit au lac : Tu disparaîtras.

De ce jour en effet, son arrêt fut prononcé ; il ne s'a-

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fpssait plua que àe trouver les moyens pour exécuter la sentence. Le dessèchement du lac de Harlem avait été placeurs fois proposé, et divers systèmes avaient été raîs au concours. En 16i3, un ingénieur et faiteur de moulins dans la Nord-Hollande, Jean-Adrien Leegh Water, voyantlepéril qui menaçait laHollande, si le lac de Har- )em continuait d'exister, avait publié k Amsterdam un petit ouvrage dont la conclusion était : a 11 faut se débarrasser de cette masse d'eau ruineuse et envahissante, Ergo àelendum est mare! »A cetouvage, — Haarlemmer-meer Boek, — étaient joints un plan de dessèchement et une carie. L'auteur du projet avait besoin de cent quarante moulins pour déverser l'eau du lac dans la mer. Ce projet rencontra plus d'un genre d'objection : il aurait fallu que le vent se fit sentir vite et longtemps dans la même direction pour que les moulins travaillassent convenablement. Beaucoup d'autres systèmes se produisirent ; mais pour extraire cette puissante masse d'eau, il fallait une force considérable, indépendante des variationsde l'atmosphère, soumise seulement et entièrement à la volonté de l'homme. Ces plans embryonnaires n'étaient, relativement aux moyens d'exécution, que (tes utopies; il leur manquait une découverte qui levât tous lesobstaclesetqui rendit praticables toutes les hardiesses du génie humain, il leur manquait la vapeur. La force de la vapeur trouvée, l'assèchement du lac de Harlem était décrété en principe. Cette invention moderne changea en effet de fond en comble les conditions de cette u. 4

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