STANCES
0 long ennui de voir les lilas sous la bise Effeuiller dans le sable une ruine de fleurs: L'inutile printemps de lumière indécise Se traîne tristement sans force et sans chaleurs.
Dans le couchant sinistre, à peine éclos, rougeoie Un pénible soleil comme un lanal lointain Qui tremble sous la brume, agonise et s'éteint. L'heure humaine a perdu sa parure de joie.
Que sommes-nous, errants dans la vie un instant Sous d'épais tourbillons de vent et de poussière? Quel vierge orgueil faut-il si d'un but où l'on tend Dès l'aurore on ne doute et Tonne désespère?
Fantômes éperdus d'amour et d'horizon Que harcèlent partout le deuil et les ténèbres, La mort en ricanant verse dans nos vertèbres Le suc inexorable et lent d'un sûr poison.