‹ La nef désemparée: poémesChapitre 12 sur 35 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

long ennui de voir )»es lilas sous la bise Effeuiller dans le sâme une ruine de fleurs:

L'inutile printemps de lumière indécise Se trame tristement sans force et sans chaleurs.

Dans le couchant sinistre, à peine éclos, rougeoie Un pénible soleil comme un fanal lointain Q ui tremble sous la brume, agonise et s'éteint. L'heure humaine a perdu sa parure de joie.

LA NEF DisBKPARjSB 119

Que sommefi-nous, errants dans la vie un instant Sous d'épais tourbillons de vent et de poussière? Quel vierge orgueil faut-il si d'un but où Ton tend Dès l'aurore on ne doute et l'on ne désespère ?

Fantômes éperdus d'amour et d'horizon Que harcèlent partout le deuil et les ténèbres, La mort en ricanant verse dans nos vertèbres Le suc inexorable et lent d'un sûr poison.

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