SCÈNE V
LA PRINCESSE , M'i« DE WEDEL.
m"^ de WEDEL , le regardant sortir , et allant fermer la porte.
Il s'éloigne.
LA PRINCESSE, se jetant dans un fauteuil. Ah!... Mathilde... j'ai cru que j'en mourrais.
M"<^ de WEDEL.
Ce n'est rien , madame ; ce n'est rien. Rassurezvous , l'orage est passé , et le beau temps va venir. Sans doute M. de Lin.sberg est ici ?
LA PRINCESSE
Non , vraimen',.
m"" de WEDEL.
Comment ! non? Mais il devrait être arrivé depuis long-lcmps !
LA princesse.
Je n'y conçois rien. II faut que quelque heureux événement ait retenu ses pas , car sans cela il aurxiit rencontré mon père. Mais comment as-lu trouvé le moyen de lui faire parvenir celte clé?
M"e DE AVEDEL.
Allez , j'étais bien embarrassée ! Moi , d'abord , et contre mon habitude, je n'avais pas réfléelii. Je vous avais promis , en vous quittant , de le voir, de lui parler, de lui remeltre celte maudite clé ; parce que dans ce moment-là je ne pensais à rien , qu'à vous rendre service, et à lui aussi. Mais comment faire ? il était près de minuit , j'étais en costume de bal; le moyen de parvenir jusqu'à M. le comte de Linsberg , qui était sans doule retiré dans son appartement? En consticiue, je ne pouvais pas le faire prévenir par son valet de chambre que la première dame d'honneur de son altesse désirait lui parler... Aussi je me désespérais, lorsque j'aperçois sous le vestibule , et près
de la porlc , Wilheni.cc garçon jaidiiiier, qui aujourdhiii , à ce que vous m'aviez dit , \ous avait déjà remis un message. Écoute . lui dis-je , en lui glissant mabouisc dans la main, il faut ici du zèle cl de la di>crélioa ; remets cotte clé à la personne qui taiilôl l'a chargé de présenter un bouquet à la princesse. Je comprends, a-l-il dit , et il est parti.
LA PRl>CtSSE.
En efTet , c'était le meilleur moyen. Ernest maintenant doit l'avoir reçue.
m"'' de w edel.
Aussi je pense que M. le comte ne peut tarder à venir.
LA PniNCESSE.
Pourquoi ne dis-tu plus Linsberg , et ne l'appelîes-tu que M. le comte?
m"^ de wedel , troublée.
Je ne sais... (En souriant.) C'est peut-être depuis que votre altesse ne l'appelle plus qu'Ernest... Mais je vous vois troublée, inquiète...
LA princesse.
Oui... il ne vient pas, et je crains que lui... que mon père. Ah: Mathildc, je suis bien malheureuse. m"* de wedel. , avec sentiment. Malheureuse ! Pourquoi donc ! puisqu'il vous aime? (Avec gaîié.) Allons, allons, ne pensons plus à cela , et ne soyons pas généreuse à demi. Je sais le moyen de calmer vos inquiétudes... (Elle va pour sortir.) LA PRINCESSE.
Où vas-tu donc ?
m'"^ de wedel.
Faire un ingrat, car je cours protéger son arrivée, et l'amener à vos pieds.
(Elle sort par la porte à droite.)
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