‹ La neige, ou, Le nouvel éginard: opéra-comique en quatre actesChapitre 46 sur 64 · M. DE LI>S3EUG · texte numérisé non relu

M. DE LI>S3EUG

Moi , monseigneur , jamais.

LE GRAXD-DL'C.

J'en suis certain.

M. DE LIXSllERG.

Votre altesse a-t-elle quelques ordres à me donner pour aujourd'hui?

LE GRAND-DDC.

Non, mon cher comte. Mais puisque nous sommes seuls , il faut que je vous consulte sur une aventure dont j'ai été le témoin et qui m'intrigue au dernier point. Cette nuit, je venais d'avoir avec ma tille une conversation qui m'avait un peu agité, et je ne pouvais dormir. Je me mis à ma fenêtre, et tout à coup , sur le grand lac qui était entièrement couvert de neige, je crois apercevoir un homme en traîneau...

.M. DE LINSBERG , à part.

Grand Dieu !...

LE GRA>D-DUC

Conduit par deux femmes qu'il m'était impossible de reconnaître, mais dont je distinguais la taille élégante , les poses gracieuses et le vêtement blanc. Leur démarche était craintive, elles avançaient lentement et prêtaient l'oreille au moindre bruit. Arrivé à l'autre bord, le cavalier sort légèrement du traîneau , met un genou en terre , embrasse ses deux guides et disparaît.

M. DE LIXSBERG.

Etvousn'avezpojnt reconnu'?... (A part.) Ah !... je respire !

LE GRAXD-DnC.

Mais je vous le demande, mon cher comte, qu'en pensez-vous?

»I. DE LIXSBERG.

En vérité, monseigneur... je suis fort embarrassé , et ce sera sans doute quelqu'un de vos pages...

LE GRAND-DCC

C'est probable ; mais comment se fait-il que?...

.M. DE LIXSBERG , à part.

Changeons la conversation. (Haut.) Pendant que j'étais à attendre le lever de votre altesse , un de vos jardiniers m'a demandé la faveur d'être admis en sa présence et j'ai osé lui promettre...

LE GRA>D-DUC

Vous avez bien fait.'et je l'écoulcrai avec plaisir.

M. DE li.>sui;rg, cjuia n,ii signe à AVilhcm. l.e voici.

s(;i:Nr. iv.

Les PRÉcÉDEîfs, WILHEM.

TRIO

LINSBERG.

Entre, Wilhem ; parle sans peur.

(Bas au grand-duc.)

D'un complol il veut vous inslruire.

LE GRA>D-DCC , à 'Wilbem. Eli bien! donc, que veiix-iu médire?

WILHEM, regardant de temps en temps M. de Linsberg , et parlant au grand duc.

Je (lisais donc à monseigneur.

Vrai comm' je suis son serviteur , Qu' j'étais chez nous la nuit dernière Sans pouvoir fermer la paupière , Vu , qu' par un' faveur singulière, Je n' dormons plus ni nuit ni jour , D'puis que J' suis jardinier d" la cour. (Regardant .M. de Linsberg qui reste immobile.) C'est bon , c'est bon... g'nia rien encore.

LE GRAND-DCC

Après, après?

WILHEM , de même.

V'Iàque soudain, A part moi , je me remémore Que votre altesse, hier matin , M'ordonna d'attacher d' ma main Les traîneaux qui restaient encore Sur le lac et dans le jardin.

LE GRAND-DUC

Des traîneau.x!...

WILHEM

Oui , voilà le fait.

(.4percevant M. de Linsberg qui fait un léger mouvement.) Vot' grac'.,. c'est-à-dir' vol' altesse, N' m'en voudra pas si j' lui confesse Que j' l'avais oublié tout net.

Allons, je m' dis , point de paresse, El , tout en soufDant dans mes doigts , J'en avais déjà fixé trois.

Quand d' l'autr' côté du lac je vois S'ouvrir la f'nèlre d' la princesse.

M. DE LINSBERG , portant rapidement la main à sa collerette.

Ociel!

WILHE.M, l'apercevant et se troublant.

Du tout ; c'est une erreur.

LE GRAND-DUC

Sa fenêtre !...

WILHEM

Non, monseigneur.

LE GRAND-I)UC

Mais lu disais...

WILHEM . regardant toujours M. do Linsberg, qui con tinue ses signes.

Non pas, vraiment;

Je me serai trompé peut-être.

Va quand je dis une feiiêlrc ,

Criait lu porte appaiemmonl.

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