‹ La Néphrite Post-Septicémique à Bacille PerfringensChapitre 7 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

S1 l’histoire des septicémies à perfringens remonte simultanément en France, en Angleterre et en Allemagne à 1893 (Démelin et Létienne, Graham- Stewart, Ernst), la première observation complète avec description des lésions rénales revient à Widal, Lemierre, Abrami et Léon-Kindberg (Société médicale des Hôpitaux de Paris, novembre 1911). Ils notent l’anurie, les signes d’urémie sèche, l’azotémie élevée. L’examen histologique montre un appareil glomérulo-tubulaire empli d’un exsudat pulvérulent d’origine hémoglobinique.

Chez Lehmann, au milieu de nombreux travaux sur la question des septicémies à perfringens, on remarque en septembre et en novembre 1925, deux cas de septicémie à perfringens où existaient l’anurie et les signes d’urémie. Une décapsulation rénale fut tentée sans succès dans un de ces cas. Il constata les deux fois un blocage des tubes urinifères par les débris d’hémolyse.

Baize et Mayer, en juin 1929, au cours d’une sep-

LHORE

ticémie hémolytique à bacille perfringens avec ohourie et urée sanguine à 3,90 pour 1000, constatent de graves lésions rénales à l’autopsie. Nous y reviendrons.

M. Harvier, en octobre 1929 observe une septicémie à perfringens post-abortum avec anurie et azotémie à 5 grammes pour 1000.

Jeannin en juin 1929, oppose à une anurie, au cours d’une septicémie à perfringens avec urée sanguine à 5 gr. 70 pour 1000 une décapsulation rénale sans résultat. *

En juillet 1931, il suit un avortement avec septicémie à perfringens où des signes de rétention azotée vont évoluer parallèlement aux signes infectieux jusqu’à la mort de la malade.

En janvier 1930 paraît une revue générale de Baize sur les septicémies à bacilles perfringens. Il constate la fréquence du symptôme anurie. Il Pattribue soit au simple blocage rénal par les produits d'hémolyse, soit à une néphrite aiguë terminale. Amestoy dans sa thèse (Paris, 1930) dit sensiblement la même chose : « La néphrite se présente comme une complication tardive liée à l'élimination massive du bacille perfringens. »

Adrien Weil], dans une thèse très complète sur le même sujet (Paris, 1932) n’ajoute rien d'autre à l’histoire du rein dans cette infection.

Le Professeur Carnot décrit, en mars 1933, une septicémie à perfringens qui s’est déroulée sur 21 jours en trois phases d'infection, d’ictère et

DAT, ee

d’urémie. Nous verrons plus loin l’importance que nous attachons à cette observation. |

Enfin, Lœderich, Berger, Mamou et Beauchesne (juin 1933), attirent l’attention sur l'intérêt de la décapsulation rénale et de la rechloruration dans l’anurie et les accidents urémiques au cours d’une € hépato-néphrite grave post-abortum » qui semble bien être une septicémie hémolytique à bacille perfringens.

En somme, tous les auteurs sont d'accord sur la physiopathologie de l’anurie au cours des septicémies à bacille perfringens dont ils ont décrit surtout des formes suraiguës. L’anurie est due à l’obstruction de l'appareil glomérulo-tubulaire du rein. Elle se traduit par une azotémie élevée. Elle peut donner leu, si l’évolution se prolonge et s1 la survie le permet, à des symptômes d’urémie dont le Professeur Carnot nota le premier dans son observation, la survenue tardive et l'importance.

C’est un cas cliniquement superposable à son observation que nous voudrions rapporter en montrant qu'il s’agit, non seulement d’une obstruction, mais d’une néphrite indéniable.

Nous pensons qu'il s’oppose aux observations où les signes d’atteinte rénale débutent avec la septicémie, évoluent avec elle-et dont la constatation, beaucoup plus banale, peut être rapportée simplement aux processus d’hémolyse qui se font au niveau

du parenchyme rénal.

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