‹ La nièce supposée: comédie en trois actes et en yersChapitre 19 sur 32 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

SAIN VILLE, ANDRÉ, EUGÉNIE qui survie»*.

APÎDRE , avec humeur.

Ah! ça, mais, qu'ont-ils donc? ils sont bien malhonnêtes t Le même jour j|'aurion& célébré les deux fêtes.

Jls se moquent de moi» ça me rend tout honteux»

(Ctiant.)

Faut avoir le cœur bon quand on est amoureux » Entendez-Yous , rieurs?

SAINYILLEy regardant toujonrs à la conlisse.

Qu'elle gaîté bruyante !

EUGÉNIE , entrant.

Qu'avez-vous donc,' André? Qu'est-ce qui vous tourmente? Vous faites de grands pas , vous menacez le ciel....

ANDRÉ

C'est que je nVine pas leur mauvais naturel.

EUGÉNIE

Le naturel de qui?

ANDRÉ

Mais , de mamselle Laure Et de monsieur Dermont. Je veux bien qu'on s'adore , Qu'on se le dise encor, cent ibis , à tous momens ; Mais faut pas pour cela rire des pauvres gens.

S AIN VILLE , qui a prêté roreille»

Que dites-vous?

ANDRÉ ^ au milieu d'eux.

Pardi , jugez-moi cette affaire.

J'étions les bras croisés , ici près sans rien faire y A guetter le moment où je pourrais parler A Monsieur Dermont.

SAINVILLE

Bien.

ANDRÉ

Mais lui dç babiller^ De babiller, morguenne , avec mademoiselle -

Une heure tout au moins.. ..

SAINVILLE

Et que répondait-elle ?

ANDRÉ

Ah ! ça y c'est un secret : je n'ons rien entendu. J'étais un peu trop loin. Tant seulement j'ai vu , Qu'ils se parlaient d'amour.

SAINVILLE

D'amour?

, ANDRÉ

La chose est claire.

Et pour prendre leçon je les regardions faire.

EUGÉNIE

Eh bien ?

ANDRÉ

Après un temps de conversation »

Monsieur Dermont a fait sa déclaration ; Il s'est mis aux genoux de sa chère cousine.

EUGÉNIE

A genoux ? ,

ANDRÉ

Gomme çà; tenez » voilà sa mine. ^

SAINVILLE, le relevant brusquement.

Eh ! lève toi , butor !

ANDRÉ

Ah I jarni , doucement.

Mademoiselle Laure , un peu plus poliment , A présenté la main à son futur.

EUGÉNIE

Ensuite?

ANDRÉ

Il fallait voir la joie! il s'est levé bien vite; Il a fait de grands bras; puis a baisé vingt fois Cette main qu'il tenait; même , à ce que je crois , Il a , sans se gêner» embrassé sa cousine.

Ça m'amusi^it beaucoup.

SAINVILLE, ^ part.

Le bourreau m'assassine.

EUGÉNIE > à part.

Qu'entends-je ?

ANDRÉ

Alors , j'ons cru le moment bien choisi

(à Ëugënie.)

Pour leur parler d'un fait.... qui vous regarde aussi. * Je m'approche; et, pour lors, j'ai su très-bien entendre Ces mots, que l'on a dits, jarni, d'un ton fort tendre : « Allons trouver mon père , et travailler tous deux , » Sans le moindre retard , au succès de nos vœux. » Oh! je n'y changeons rien , j'avons bonne mémoire.

SAINVILLE, à part .

Juste ciel ! ..

EUGÉNIE, à part.

De cela , je sais ce qu'il faut croire; Mais lui baiser la main , l'embrasser , c'est fort mal.

ANDRÉ

J'ons pu parler enfin....

SAINVILLE, i part en colère.

Et Laure et mon rival Sont partis en riant? Allons , plus de faiblesse : Courons la retrouver.

ANDRÉ, à Sainville.

Écoutez : je vous laisse Juger si la réponse est belle de leur part

SAINVILLE , sortant brusquement.

Eh I tu m'en as trop dit ^ traître et maudit bavard.

ANDRÉ

Encore un de poli, (à Eugénie. JMais vous qu'êtes aimable» Vous saurez...

EUGÉNIE, sortant.

Laisse moi; tu m'es, insupportable.

(Elle rentre dans la chaumière.)

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