MELUN
« La maison de Melun, a dit un célèbre généalogiste, est l'une des plus anciennes u et des plus illustres. La splendeur cl l'éclat en sont si universellement connus, qu'il « n'est pas besoin d'étaler les prérogatives de son rang, la dignité de ses fiefs possédés « avec droits régaliens, ses alliances multipliées avec les souverains de l'Europe, « réciproquement prises cl données, la prééminence de ses emplois militaires au ser- « vice de la nation, ses premières charges dans l'Etat, le nombre de ses prélalures « dans l'Église, ses hauts faits, transmis jusqu'à nous par les plus reculés historiens de « la monarchie et l'assemblage des chartes, litres et monuments à sa gloire. » Guillaume I er , sire de Melun, dont la forte hache semait la terreur dans les rangs ennemis, fut surnommé le Charpentier par les Sarrasins. Robert le Moine dit qu'il était de race royale 1 , et Albert d'Aix nous apprend que Godefroi de Bouillon, en mourant, lui donna la ville de Calphas pour reconnaître ses services. Dans la croisade de Tunis,
1 Guillaume de Melun éUit parent, par te* femmes, de Huguca le Grand, comte de Verraandoii, frère du roi de France Philippe 1er.
Guillaume III, vicomte de Melun, marchait avec trois bannières et douze chevaliers, aux gages de cinq mille livres et avec bouche en cour en l'hostel du roi. La maison de Mcluu, en possession de la principauté d'Epinoy et du duché-pairie de Joyeuse, afourni deux grands maîtres, (rois grands chambellans, un grand houtciller, un grand maître des arbalétriers, deux grands maîtres des eaux et forêts, des ambassadeurs, dos princes de l'Eglise, des gouverneurs de province, des chevaliers de la Toison d'or et de Tordre du Saint-Esprit, elc. Elle s'est plusieurs fois alliée à des princes du sang royal et aux maisons de Boubers, Foix, Lalaing, Ligne, Luxembourg, Rohan, etc. Le chef de nom et d'armes est M. le comte Anne-Joachim-François, vicomte de Melun. Armes: d'azur, à sept lésants d'or, 3, 3 et 1, au chef d'or. Devise : A qui tienne. Cri de guerre : A moy Melun!
NOA1LLES.
Maison illustre, portant le nom de la lerre seigneuriale de Noailles en Limousin. En 1023, il est déjà question de Raymond, seigneur de Noailles, bienfaiteur de l'abbaye de Sainl-Martial de Limoges. Ses descendants prirent part, au moyen âge, à toutes les guerres de leur temps, allèrent aux croisades, et les cartulaires des abbayes du Vigeois, d'Czerche, de Dalon et de Saint-Martial, disent qu'ils protégèrent les possessions de ces monastères et les enrichirent de leurs dons. Hugues de Noailles, partant pour la croisade de 1248, substitua à l'infini la terre de Noailles à ses descendants mâles. Celte disposition fut toujours respectée par la famille de Noailles. Parmi les seigneurs de Noailles qui ont jeté le plus d'éclat sur cette noble maison, nous citerons François de Noailles, époque de Dax, ambassadeur de France en Angleterre, à Venise et à Constantinople ; Anne-Jules duc de Noailles, maréchal de France, vice-roi de Catalogne; Louis-Antoine de Noailles, cardinal, archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France, l'ami de madame de Mainlenon, médiateur habituel de Bossuel et de Fénelon dans leurs querelles religieuses ; Adrien-Maurice, duc de Noailles, maréchal de France, membre du conseil de régence pendant la minorité de Louis XV. A Fontcnoy, ou lui dut une partie des avantages de la journée. Le maréchal de Saxe lui écrivait après le gain de la bataille : « C'est à vous que les succès « sont dus, n'ayant fait que suivre vos conseils. » Maison en possession du duchépairie de Noailles, de la grandesse d'Espagne, du duché héréditaire d'Aven, du titre de prince-duc de Poix, de celui de duc de Mouchy, ayant fourni des chevaliers de la Toison d'or et de l'ordre du Saint-Esprit. Marie-Victoire-Sophie de Noailles fut mariée au comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV. Alliances avec les maisons d'Arembcrg, Boisgelin, Gramont, Estrées, Lorraine, Rochechouart-Morlemart, Talleyrand-Périgord, Villars, etc. Chef de nom et d'armes : Paul, duc de Noailles, pair de France. Armes : de gueules, à la bande d'or.
FRANSURES.
Maison d'ancienne chevalerie, originaire de Picardie, et dont les titres font mention dès le douzième siècle. Bergues de Fransures s'illustra dans les croisades ; il est question de lui dans Ville-IIardouin. Jean de Fransures est mort en 1462 grand -prieur d'Aquitaine (ordre de Malte) et bailli de M orée. On trouve encore : Jacques de Fransures, capitaine de chevau -légers au régiment d'Hocquincourl en 1650; Louis-Roger de Fransures, son petit-fils, chef d'escadre, commandant pour le roi au Havre-de- Gr&cc, mort en 1775; Antoine de Fransures, son fils, premier écuyerde la princesse
Foulques et Guillaume de Grasse rachetés par le* moines de l'abbaye de Urina.
Je Bourbon ; Antoine, comte de Fransitres, page du prince de Coudé, capitaine dans le régiment de dragons de ce prince en 1782. La maison de Fransures a été maintenue dans sa noblesse le 9 février 1540, le 10 août 1006 et le 18 mai 1716. Elle a pour chef de nom et d'armes M. Louis -Edouard-René, comte de Fransures, ancien officier aux cuirassiers de Condé. Alliances avec les maisons deClermont, Goussencourt, Hangest, Haudicourl, Occocbe, Saint-Martin, etc. Armes : d'argent , à la fasce de gueules y chargé* de trois besants d'or.