‹ La noblesse de France aux CroisadesChapitre 13 sur 244 · POUR CENT LIVRES TOURNOIS · texte numérisé non relu

POUR CENT LIVRES TOURNOIS

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, moi, B. de Cugnac, chevalier, je fais savoir qu'envers Tornabel Spinelli et ses associés , citoyens de Gênes, je me suis constitué garant de la somme de cent livres tournois pour très-chers seigneurs Jourdain d'ABZAC et Jean de Chaunac, en sorte que si lesdits seigneurs manquaient au payement de ladite somme aux termes fixés par eux, je serais tenu de la payer à leur lieu et place ; à cet effet, j'engage mes biens. En foi de quoi j'ai apposé mon sceau sur les présentes lettres. Fait à Tyr, au mois de mai, Fan du Seigneur 1192.

LE TROUBADOUR GEOFFROI RUDEL ET LA COMTESSE DE w TRIPOLI.

«Auffred RuDELétoit gentilhomme, sieur de Blieux en Provence, bon poète, facile et gracieux en sa romanecrie. En sa jeunesse, il se retira devers Agoult, seigneur de Sault, qui l'entretint fort longuement; puis suivit le comte Geoffroy, frère de Richard, roi d'Angleterre, qui, passant en Provence et visitant Agoult comme Pun des plus eslevés seigneurs du pays, fut amoureux de ce poète. Mais Rudel, ayant ouï parler de la comtesse de Tripoly, se trouva si vivement espris d'elle, sans la voir, qu'il entreprint ceste longue et fascheuse pérégrination en habits de pèlerin, et montant sur mer avec un sien fidèle compagnon, nommé Bertrand d'ALAMANON, se trouva surpris d'une si violente maladie, qu'à toute peine le rendit-on demi-mort devant le port de Tripoly. LÀ arrivé, Bertrand d'Alamanon court incontinent advertir la comtesse de la venue du poète et de l'occasion de son voyage. La dame, informée d'un cas si nouveau, fut voir Rudel pour l'accueillir et recevoir, et, toutravy d'aise et de contentement, il rendit incontinent l'esprit suffoqué de trop de joye, ce dont la comtesse receut tel deuil et l'estima si hautement qu'elle luy fit dresser une riche sépulture de porphyre avec quelques vers arabes en son honneur. Et elle le regretta tellement qu'aucun ne la vitonc rire depuis, tant ont de force la courtoisie et 1a recognoissance dans un cœur noble et généreux. ( Historiens de Provence. )

MATHIEU DE MONTMORENCY, CONNÉTABLE DE FRANCE, GARANTIT L'EMPRUNT CONTRACTÉ PAR TROIS CHEVALIERS.

A tous ceux qui ces lettres verront, soit connu que nous, Colin d'EspiKAY, Robert des Accres et Guillaume dit Bras de Fer, chevaliers, avons emprunté de Luchino Corsai i, Jacques Aspirani et leurs associés, marchands

génois, cent livres tournois, pour le payement (lesquelles on a fixé la prochaine fête de tous les saints en un an. Très-noble seigneur Mathieu, connétable de France, par l'intermédiaire d'un sien procureur par lui fondé en ce cas, s'est rendu garant envers lesdits marchands si nous manquions audit paye* ment. Nous, de notre côté, nous engageons notre terre entre les mains dudit seigneur connétable , de telle sorte que si nous manquions au remboursement de ladite somme au terme fixé, ledit connétable pût jouir de notre dite terre jusqu'à entière restitution de notre dette. En témoignage de quoi moi, Colin d'Espitiay, au nom de mes compagnons, j'ai scellé les présentes lettres de mon scel. Fait au camp de Damiette, Tan du Seigneur 4219, au mois de septembre.

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