DE BOUILLON
Nous ne sommes point persécuteurs des Fidèles. Si nous avons montré de la sévérité, si nous avons tué des chrétiens, c'est que nous y avons été poussés par la nécessité ; car, ayant accordé à la première armée que Pierre l'Ermite conduisait la permission d'acheter des provisions et de traverser paisiblement la Hongrie, ils nous ont rendu le mal poftr le bien, en enlevant non-seulement l'or, l'argent, les chevaux, les mules et les troupeaux de notre pays, mais en ravageant nos villes et nos châteaux, en tuant quatre mille des nôtres et en les dépouillant de leurs vêlements et de leurs
effets. Après ces excès si injustement commis par les troupes de Pierre, l'armée de Godescal, que vous avez rencontrée fuyant et retournant sur ses pas, a assiégé Mersebourg, le rempart de notre royaume, dans l'intention de nous punir et de nous exterminer, (le n'est qu'avec le secours de Dieu que nous avons été préservés.
LETTRE DU ROI DE HONGRIE A GODEEROI DE BOUILLON. Au duc Gode f roi et à tous tes Chrétiens, salut et affection sans feinte.
Nous avons appris que vous êtes un homme puissant et un prince dans votre pays, et que tous ceux qui vous connaissent vous ont trouvé fidèle; c'est pour cela que nous désirons vous voir et vous connaître. Nous avons donc formé le dessein de vous engager à vous rendre sans défiance près de nous au château de Cyperon ; nous resterons sur l'un et l'autre bord du fossé, et nous nous entretiendrons de tout ce dont vous vous plaignez et dont vous nous croyez coupable.