CHAPITRE V
NOTIONS DE PSYCHOLOGIE
Première question.
La condition d'existence de l’âme dans le temps présent: — Elle est unie à un corps organique qu'elle vivifie.
123.—Le corps humain. Le corps humain est une matière organisée, une matière non pas brute mais avantagée d'organes, et, par conséquent, destinée à une âme qui la vivifiera ; et aussi longtemps que l’âme l’animera, ce corps organique sera le lieu des sens et des sensations.
124.—Les organes. Si vous observez, par exemple, le sens-de la vue ou celui de l’ouïe, vous vous ferez des organes une idée assez bien rendue dans les descriptions qui suivent: L'organe est une forme de la matière, destinée à être vivifiée par une âme. Il peut se rencontrer des formes d'être matériel, d’une régularité plus manifeste, qui ne sont pas des organes ; ainsi, par exemple, le brin d'herbe contient des organes et, pourtant, il offre une apparence bien pâle à côté d’un cristal de roche qui n’est pas une matière organisée. — L'organe est un ensemble de tissus matériels, disposés de manière à accomplir une fonction vitale ; il serait même plus juste de dire: l'organe n’est vraiment organe que lorsque l’âme le vivifie : puisque, sans elle, il manque de son élément caractéristique, étant absolument incapable de fonction vitale.
.N. B. — Cette fonction vitale c’est la sensation. La sensation est l’action de l'organe à la suite d'une impression, et provoquée par cette impression reçue de l'objet extérieur avec lequel l'organe a pris contact.
125.—La merveille des organes. Saint Jean Chrysostôme observe qu’en faisant une statue d’un art parfait avec un marbre de Paros, l'artiste est moins admirable que celui qui en ferait une d’un art égal avec le vulgaire argile : l'excellence de la matière aide beaucoup celui-là à produire l'effet d'art. Hé bien ! admirons cet art divin: Dieu prit du limon, et fit cette chose si belle que l’on nomme le corps, ce corps humain qui offre les belles formes plastiques mieux encore que la statue et qui possède, en outre, de vivant: organes. Puis, le Père de l'Eglise raconte son admiration au sujet de l'organe de la vue : cette matière d’indicible structure, apte à l’illumination; cette paupière qui rafraichit par ses clignements, la prunelle lumineuse; les cils, jolie bordure qui écarte la poussière ennemie; cet arc du sourcil qui protège l'organe contre la sueur du front, tout en ajoutant à la beauté de la physionomie; et la fonction vitale de cette toute petite chose, capable de reproduire les plus vastes horizons avec leurs magnificences.
126.—L'attitude du corps. L'’attitude droite du corps est une excellence qui a toujou,+ éveillé chez les grands penseurs, un religieux étonnement. Lactance, poète et philosophe, écrit: L’homme se tient droit : il a la tête haute, élevée, avec un regard tourné vers le ciel. On sent que l’âme qui l’anime est née pour contempler les choses éternelles, de divines visions. L'homme ne va pas comme la bête, lu tête et les yeux abattus sur l: boue, y cherchant des pâtures grossières ; il est fait pour Îles sublimes contemplations.
Saint Bernard écrit: La droiture de l'homme extérieur doit faire souvenir à l’homme intérieur qu'il doit conserver sa spirituelle rectitude; et la beauté répandue sur le limon du corps à cause de l’âme qui l’animae, doit avertir l’âme que c’est une indigne