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FALAISE

L'embranchement de Falaise se détache à dr. ée la ligne de Caen au Mans (R. 79), à 1 kil.

env. de Coulihœuf, en face du V, de Damblainvill^ (R. 79),

La voie ferrée court entre la vallée de la Traine au S. et celle de l'Ante au N.

52 kil. Falaise (omnibus, 30 c.

le jour et 40 c. la nuit ; hôt. de Normandie (recommandé); du Grand-Cerf; de France ; — Piel, loueur de voitures ; — libraires :

M»'« Lfttaye et M- Gérard ; — bu reau de poste télégraphique, rue de Guibray), ch.-l. de sous-pré* fecture du départ, du Calvados.

V. de 8,561 h., située sur une espèce de promontoire, entre deux éminences.

Falaise se divise en trois quartiers : 1" les faubourgs de la Brette, du Val d'Ante et de St- Laurent ; 2* la vieille cité bAtie sur une roche schisteuse; 3" le faubourg de Guibray qui forme en quelque sorte une petite ville distincte. En regard du château s'élève le mont Mirât {mons mirabilis), qui domine la petite rivière d'Ante.

Les origines de la ville de Falaise ne sont pas connues. En 949, c'était la principale ville du comté de l'Hiémois. Guillaume le Conquérant, qui était né dans cette ville, la favorisa autant qu'il le put. Il en agrandit l'enceinte, fortifia le château, fonda des églises, etc. — Philippe Auguste se rendit maître de Falaise en 1204, puis Henri V d'Angleterre s'en empara en 4417. Mais, en 1450,

DE GAEN A FALAISE.

Charles VII la fit rentrer définitivement sous la domination française. — Au xvi* s., les calvinistes et les catholiques se disputèrent cette ville d'où, en 1590, les ligueurs, âpres une résistance héroïque, furent expulsés par Henri IV.

Falaise est la patrie de Guillaume le Conquérant, des cinq frères Lefévre de Laborderie, qui brillèrent au xvi* s. dans les sciences ou dans les armes ; de Jean Vauquelin, président au présidial de Falaise et poète satirique, et de Roch-le-Bailli, médecin d'Henri IV, connu par ses traités sur l'art médical.

L'éfUse de U Trinité (mon.

hist.) appartient tout entière au style ogival. La façade principale off^e un joli porche du XVI* s., transformé en chapelle, et un beau portail de la Renaissance. La tour et le clocher (beau carillon) sont de construction moderne. — Le transsept est du xin* s., le chœur, la nef et les collatéraux datent des xv* et XVI* s. (à l'intérieur ^jfotis chapiteaux (nef) ; nombreuses pierres tombales ; fragments de vitraux (chapelles) ; jolis autels, piscines sculptées, statues anciennes).

L'église Saint-Oenrais (mon.

hist.), commencée au xi* s., consacrée en 1134, en présence d'Henri 1*% duc de Normandie, est surmontée d'une tour romane. Le portail est précédé d'une grille monumentale. A l'intérieur, le côté dr. de la nef se compose de 6 arcades du style

[route 80]

roman secondaire. Le côté g. et les collatéraux de la nef datent du xni* ou du xiv* s. Le chœur est du style ogival duxvi* s., sa voûte a été refaite en bois. Quelques fenêtres des bas côtés, celles du S. notamment, sont décorées de vitraux du xv* ou du XVI* s. La chapelle des fonts est ornée d'élégantes sculptures.

On remarque aussi des pierres tumulaires et des tableaux.

Le chàteftn de Falaise (mon.

hist.), bâti sur un promontoire de grés quartzeux, est une importante construction militaire du XII* s. Il en reste l'enceinte entière, avec douze tours et deux portes flanquées chacune de deux autres tours. Des bâtiments primitifs, situés dans l'enceinte, il ne subsiste plus qu'une petite chapelle du xii* s., une jolie porte du xiii* s., un donjon carré avec dépendances et un donjon circulaire (la tour Talbot) bâti par les Anglais.

Le donjon, construit au bord de la falaise, en regard des rochers de Noron, offre une masse carrée d'un aspect pittoresque.

On y entre par une vaste salle dont les murs ont près de 4 met.

d'épaisseur. Un escalier voûté communique avec la tour 7a/bot, ajoutée pendant l'occupation anglaise de 1418 à 1450, et restaurée en 1828 Cette belle tour (40 met. d'élévation), entièrement constioiite en pierres de taille, comprenait autrefois 5 étages, mais elle n'en a plus que 4, la voûte du 4' s'étant écroulée. Le premier étage ren-

[route 80] FALAISE. —

ferme les oubliettes qui seront prochainement déblayées; en face de l'entrée est un puits aujourd'hui comblé. Le 3* étage n'a plus de voDte ; au milieu se ▼oit un trou correspondant avec les oubliettes. Des fenêtres du 4* étage se déroule un immense panorama. Le haut de l'escalier (i30marches) aboutit à une plateforme recouverte en zinc (vue trés-étendue). — On remarque aussi la tour de la Reine dans laquelle se voit la brèche qui livra passage à Henri IV et la porte ^ (f entrée flanquée de deux tours.

Le collège occupe une partie de l'enceinte et des bâtiments du château.

Au S. des remparts, une jolie promenade a été établie sur l'emplacement des anciens fossés.

Vhôtel de ville, à l'extrémité de la place de la Trinité, date de 1785. — Au milieu de cette place s'élève la statue équestre, en bronze, de Guillaume le Conquérant, par Rochet, érigée en 1851. Le costume de Guillaume a été copié sur la célèbre tapisserie de Bayeux. Cette belle statue, supportée par un piédestal de granit, a prés de 7 met. de hauteur et pèse env. 6,000 kil.

Signalons encore : V Hôtel-Dieu, fondé en 1127 et reconstruit en 1764 ; — V hôpital -général (1687- 1754); — le gand Cours et le cours Labbey, jolies promenades ; — les halles (façade monumentale); plusieurs fontaines, entre autres la fontaine Borgne (1776), composée d'un vaste bassin, d'une haute pyramide surmon-

HONUMENTS.

tée d'une immense amphore en pierre ; la fontaine placée devan .

l'église Saint-Gervais, et quelques maisons anciennes, grande rue Saint-Gervais, place du Marché, grande rue Sainte-Trinité, etc.

Il subsiste encore quelques parties des fortiflc^tions de la ville. On suit facilement la ligne des anciennes murailles en longeant le vallon où coule la rivière d'Ante. f.a parle Ogise ou des Cordeliers, qui s'élève au delà de la chaussée allant de Falaise à Caen, date du xiii* s.

Elle est flanquée, à dr., d'une tour de défense qui, haute de 12 met., se divise en plusieurs étages. Les autres portes, dont on remarque encore des vestiges considérables, sont la porte Philippe- Jean et la porte Lecomte, d'un aspect très-pittoresque.

Le faubonrf de Ouibray, relié à la ville par la route de Caen à Guibray, est assis sur un plateau élevé qui domine Falaise au S. V église, de plusieurs époques (xi* s., le chœur; xn's., la nef, et xv* s., les bas côtés, les arcs - boutants et les contreforts), off^e un beau portail occidental précédé d'un porche roman (chapiteaux fort curieux).

L'extérieur du chevet est digne d'attention; la tour centrale (moderne) est sans intérêt. A l'intérieur : arcades de la nef du style de transition ; beau maitre-autel décoré d'un remarquable groupe en plâtre : Assomption de la Vierge; nombreuses pierres tombales;, choeur défi-

guré par un plâtrage moderne).

Des courses annuelles ont lieu sur ïhippodrome de Guibray. La foire célèbre qui se tient dans ce faubourg, du 10 au 25 août, date du milieu duxi* s. On y vend de 800 à 900 chevaux par an.

De l'ancienne abbaye de Saint- Jean, fondée vers 1127, il ne subsiste que quelques bâtiments claustraux du commencemen t d u xvui* s.

Le faubourg Saint-Laurent est pittoresquement situé dans la vallée d'Ante et sur les coteaux qui la ferment au S. et au N. On monte par un escalier à l'église (bon tableau de 1621 ; chœur mutilé, clocher du xv« s.).

Devant l'église de Saint-Laurent passe un chemin qui remonte la rive g. de l'Ante et aboutit à la promenade située sur les anciens fossés du château. II faut taire à pied ce trajet (1 kil.; points de vue variés).

Le château de la Fresnaye s'éléve entre le faub. de Guibray et la ville (beau parc). Celui de Mesnil-Riant est à dr. de la route de Gaen, à la sortie de Falaise.

(Excursions : — au ohàtean de Lonf pré (1 kil.), bâtiment carré avec tourelles à toits pyramidaux ; — au château d'Aubif ny (2 kil.), qui doit remonter au commencement du xvn* s., sauf le pavillon de dr., récemment rétabli ; des fossés entourent la cour qui précède le château; l'église d'Aubigny renferme (dans le chœur) six statues lumulaires, en pierre^ de grandeur

DE GAEN A FALAISE. [rOUTE tSO]

naturelle ; ~ au ohâtean de Ver-

sainviUe (4 kil. au N. par la route de Lisieux), belle construction du siècle dernier entourée d'un magnifique parc de 16 hect. En franchissant le petit vallon (à g. du château), on peut aller visiter l'ancien château occupé par le fermier (curieuse porte ogivale). Le chœur et la tour de l'église datent du xv' s.

(nef moderne ^ pierres tombales) ; — au château de la Tour (4 kil. environ), bâti dans la deuxième moitié du xviii* s., sur Ma lisière N. du bois du Roi, et habité au siècle dernier par la belle M"" de Séran, que venaient visiter tous les ans une foule de littérateurs (vaste parc)i; — et à la Brèche-aui^Diable (8 kil. par la route de Gaen), vaste déchirure dont les parois s'élèvent comme des murailles de granit et au fond de laquelle bondissent les eaux duLaizon. L'entrée septentrionale de la fforge de Saint-Qaentia donne une faible idée des immenses déchirements des rochers des Alpes. — Au sommet du rocher de Saint- Quentin, s'élève le tombeau mo« (jerne de Marie Joly, actrice distinguée de la Gomédie-Française.

Le mausolée, en pierre blanche, à quatre faces, a été sculpté par Lesueur. M"" Joly est. représentée sur la face principale, couchée et endormie, entre les génies éplorés de Ifelpomène et de Thalie.

[Corresp. pour : — (32 kil.) Condé-sur-Noireau (R. 81),-— et

[rODTE 80j tALAIS]^ - ÈXCUHSIONS. — LANGANkËRIË. ^

(18 kil.) le Pont-d'Ouilly {R. 82).] De Falaise à Vire, R. 82.

B^ Pftr Iinof annerie.

35 kil. — Route de voitures.

On sort de Caen par le faubourg de YauceUes, et on suit un plateau d'où l'on découvre une vue trés-étendue. — Prés de la pyramide de Saint-Aignan, située à 122 met, on laisse à g.

le chemin de (2 kil.) Saint-Aignanrde-Cramesnil (426 h.; église intéressante ; ancien château aujourd'hui ferme).

16 kil. Cintheaux (295 h.; éghse du XI* s., mal restaurée; tour latérale au N., du temps de Louis XVI ; — découverte d'antiquités gallo-romaines).

20 kil. Langannerie, v. de 500 hab., dépendant delà commune de (1 kil. à dr.) Grainville-la- Campagne (379 h.; église du style ogival primitif; chœur du style de transition; fonts baptismaux du temps de Louis XIV ; dans le sanctuaire six jolies crédences;

— ancien manoir, de 1573, converti en ferme).

22 kil. Quesnay (80 h., jolie église ogivale). —On laisse à g.

(2 kil.) Ouilly-le-Te8son{6m h.; église moderne ; — ancien château converti en ferme; — habitation seigneuriale du xvi" s.;

— dans un autre bâtiment, percé de fenêtres du xiv" s., crypte voûtée). — Le château d'Asay (1788), à 1 kil. de ce village, sur le bord du Laizon, offre un bel ensemble (chapelle de 1513).

A dr. de la route, à 1 kil., se

montre Aisy (50 h.; église intéressante du style de transition), dépendant de Soumont, v.

de 428 h., à g. (1 kil. de la route). L'église de Soumont date de plusieurs époques. Le côté S.

de la nef et le portail de l'O.

sont du XIV s.; le côté N. et le bas côté voisin datent de la lin du XII* s.; le chœur est duxin" s.

Au S. de l'église se voit un petit manoir en partie ruiné. De Soumont on peut aller facilement visiter (1 kil.) la Bréche-au-Diable et (3 kil.) le tombeau de Marie Joly (V. ci-dessus). C'est même de Soumont qu'on voit le mieux les rochers de Saint- Quentin.

On laisse à dr. (3 kil.) Fontaine-le-Pin, v. de 395 h. La commanderie de Voixmer (xii*) est à l'extrémité d'un petit vallon.

27 kil. Potigny (572 h.; église du iiir s. des styles roman et ogival; — ancien manoir de la fin du kvi* s.).

On peut de Potigny aller visiter la Brêche-au-Diable (1 kil. à l'E.), les rochers de Saint-Quentin et (2 kil. env.) le tombeau de Marie Joly ( V. ci-dessus).

28 kil. Bons, v. de 300 h., situé à dr. de la route (église des XII* et xm" s.; château aliéné et démoli). — A g. se trouve Tassilly.

50 kil. Soulangy, v. de 291 h.

(jolie église du xiii» s. ; — château restauré et entouré d'un beau parc) près duquel on franchit le Laizon.

31 kil. Saint'Pierre-Canivet, V. de Wi h., où se voient les

246 DE CAES

châteaux de la Tour et de Longpré ( V. ci-dessus).

32 kil. Aubignn, v. de 400 h.

(château; Y. ci-dessus).

35 kil. Falaise ( V. ci-dessus).

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