DIEPPE. — ÉGLISES
bas-reliefs représentant les 15 tableaux du Ao«air«, très-mutilés. On y voit aussi de belles verrières (1853-1855), par M. Lusson. Au fond, la Mort et le Couronnement de la Vierge; au N., la Prise de la Bastille du Polie t par" Louis XI, en 1443, la Procession de Louis XI; au S., la Vision de Pie V, le jour de la bataille de Lépante, et le Triomphe de don Juan d'Autriche à Rome. Derrière le chœur sont deux plaques de marbre consacrées , l'une à la mémoire de Jean Ango, célèbre armateur de Dieppe, inhumé dans la chapelle Saint-Ives, en 1551, et l'autre à la mémoire de Richard Simon, prêtre de l'Oratoire (1638-1712).
— Adr. et à g. de la chapelle de la Vierge, sont deux autres chapelles intéressantes. On voitdans celle de ti.-D.-de-Bon-Secours (bas-côté g.) trois belles balustrades en pierre, des peintures et un petit vaisseau (w-fO<o). — La chapelle du Saint - Sépulcre (1612), dans le collatéral de dr., possède une admirable balustrade. — Le butfet de l'orgue, en chêne sculpté, date de 1675.
La sacristie contient un élégant retable en pierre, de la Renaissance, et l'oratoire d'Ango, dont le caveau, vide, a été retrouvé, en 1 859, sous une dalle de marbre bleu. — Les quarante stalles de chêne ont été sculptées dans le style du xv s., en 1855.
Le monument consacré au trésor, décoré à l'extérieur avec magnificence, renferme un escalier en chêne sculpté (style
Renaissance) et plusieurs tableaux {Scènes de mœurs indiennes).
Signalons aussi : Véglise moderne et affreuse (/tt Po//e< (fresque d'un artiste dieppois, M. Mélicourt-Lefebvre) ; le temple protestant, rue de la Barre, et Véglise anglaise épiscopale, même rue.
Édifices oiviU. Curiosités.
Promenades.
Le oh&teaa (mon. hist.), classé comme poste militaire, a été bâti, en 1433, sur le sommet de la col liue qui s'élève au-dessus de l'ét^lissement des bains. Des restaurations lui ont fait perdre son caractère primitif; il sert de caserne. — Une porte ouvrant sur le fossé du château donne entrée dans un souterrain du XVI* s., dont les voûtes soutiennent le faubourg de la Barre et la masse d'une haute montagne ; il renferme des conduits d'eau qui viennent alimenter la ville, après un parcours de 3 kil. — N. B. On peut traverser le château pour aller se promener sur les falaises.
L'hMel de ville (moderne) est admirablement situé. 11 contient la bibliothèque (8,000 vol.). On peut y visiter : quatre dessins représentant des antiquités romaines, des fragments de bombes lancées sur la ville en 1694 et deux plans en relief, par M. Amédée Féret.
Le musée, créé en 1863, possède plusieurs antiquités provenant d'Arqués ; de nombreux objets antiques découverts et
DE PARIS A DIEPPE. [rOUTE 13i
collectionnés par M. Férel. et
plusieurs tableaux provenant de la collection Gampana. Une école gratuite de dessin et de modelage a été ajoutée au Musée.
Le bel hospioe-hftpital a été récemment construit dans la rue Napoléon III. — Une école d'apprentissage pour la dentelle et la couture a été fondée eii 1826, rue Lemoyne. En 1853, on y a ouvert un atelier pour former des jeunes filles à la fabrication et au ramendage des filets.
Le théfttre (1826), situé suj la place de la Comédie, est ouvert toute l'année. — A dr. de l'hôtel de ville se trouve la maison Quenouille, autrefois résidence favorite deM"* la duchesse de Berry.— Le collège communal a été bâti sur l'emplacement et dans les restes de la maison d'Ango, incendiée en 1694.
Signalons encore : la place du Marché ou place Royale, où s'élève la statue de IHuiuesne, par Dantan aine (1844); — \ejardi»
anglais, entre la ville et la plage;
— les jetées (beau panorama) ;
— le cours Bourbon, qui longe le côté 0. du bassin de retenue.
Le Port.
Le port, protégé par deux belles jetées, est le plus sûr et le plus profond de la Hanche. La liauteur d'eau y est de 9 met. 50 dans les grandes marées d'équinoxe, soit 1 met. 80 de plus qu'au Havre.
L'établissement de la marée dans le port de I\;eppe a lieu à 11 h. 8 min. Un fanal de marée
f ROUTE 13j DIEPPE. — PROMENADES. — BAINS DE MER. 91
se voit sur la jetée de l'O.; un autre est établi sur le cap d'Âilly {V. ci-dessous, p. 91).
Le oabotafe de Dieppe est très-animé ; c'est son port qui fournit la plus grande partie de la marée de Paris. Les Dieppois se livrent surtout à la pêche de la morue, du hareng et du maquereau.
Les principales indastries de Dieppe sont : la dentellerie, l'ivoirerie, l'osserie, l'horlogerie, la corderie, la tonnellerie.
La manafecture de tabao occupe constamment prés del,iOO personnes et fabrique en moyenne 1 million de kil. de tabacs par an ; son entrepôt de tabacs en feuilles est le plus considérable de toute la France. — Les paros aux huîtres sont placés dans des bassins situés le long (le la grande retenue. Chaque parc ou bassin contient environ ^riO,000 huitres apportées presque toutes de Saint-Vaast.
Lee bains de mer.
Pendant la saison des bains (le mer, toute la vie de Dieppe se trouve à certaines heures concentrée, pour les étrangers, sur la plage et dans l'établissement des bains. Dieppe, est après Trouvilie, sur le littoral de la Normandie, le bain de mer où l'extravagance de la toilette a pris le plus de développement.
— En 181<2, H. de Paris fonda un petit établissement de bains qui, en 1824,. fut remplacé par un autre établissement inauguré par la duchesse de Berry. Dçpuis
cette époque, et surtout depuis la création du chemin de fer, qui mettait Dieppe à 4 h. de Paris, la prospérité de ces bains de mer ne fit que s'accroître et augmente encore d'année en année. — On va de la ville aux bains par la vieille porte du port d'Ouest, flanquée de deux tours pointues, seul reste de l'enceinte murée.
L'établissement des bains , dont la ville est propriétaire, a été reconstruit en 1857 (style du palais de Cristal), à l'extrémité S. 0. de la plage, presque au-dessous des falaises sur lesquelles s'élève le château. C'est une galerie en fer et en verre, dominée, au centre et aux extrémités, par trois élégants pavillons. Celui du milieu fiodriue au rez-de-chaussée une v^MÏt^ 0^a de bal ; celui de dr.. reoCénn^ les salles des jeux, celw dii g.
les salons de le<;ture et ée conversation. En' face de "ce 'dernier pavillon s'élève un kiosque pour les concerts., — Un jardin aux belles pelouses vertes entoure les bâtiments. — Un emplacement est réservé pour le jeu des enfants. — A g., en regardant la mer, est un caférestaurant.
Le prix d'entrée, sans abonnement, dans le jardin des bains fr.oids, est de 25 c. avant midi et de 50 c. après midi.
L'entrée ne donne droit qu'à une seule chaise. — L'entrée, sans abonnement, au Pavillon des Fêies (spectacles . soirées dansantes et bals d'enfants)