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quelques-uns consliluent d'imporlantes malières premières indispens sables au mieux-être économique de cette France et grâce aux richesses incalculables de son sous-sol, ce domaine pourrait devenir très rapidement une Colonie de précieuses ressources et par voie de conséquence un vérilable entrepôt d'importation et d'exportation pour une certaine partie des îles du Pacifique dont elle constituerait une petite Métropole. Ainsi serait résolue d'elle-même la question si importante des Nouvelles Hébrides pour lesquelles tant de compétitions s'entrecroisent et qui ont absolument besoin du sanatorium qu'est la Calédonie si nous voulons réellement et utilement aller porter loin dans ses terres notre effort de production et de civilisation.
Qu'il me soit permis d'ajouter pour expliquer les compétitions qui gueltent les Nouvelles Hébrides que la richesse de ces dernières, richesse végélale surtout née d’un sol d'une fertilité incomparable, s'étale aux yeux sous la forme d’une végétation luxuriante à laquelle aucune aulre région ne peut se comparer. Les cultures les plus intensives ne peuvent qu'à peine épuiser l’épaisse couche d’humus trouvée partout où l'on défriche, reportant loin en avant le moment où il y aura lieu de recourir aux fertilisants réparateurs.
6° Mais à cet intérêt d’ôrdre nalional vient s’en attacher un autre aussi capital pour que soient effectivement exploités ces lointains parages, c’est la silualion dans laquelle se trouve actuellement la France.qui manque des matières premières que ses Colonies pourraient lui fournir en quantités pratiquement illimitées et pour lesquelles elle paie aux pays étrangers d’où elle les importe, une redevance que la situalion des changes est venue alourdir dans des proportions telles qu'elle se chiffre par plusieurs milliards.
S’adresser à ses Colonies spécialisées dans les productions qu'elles sont le plus et le mieux capables de fournir pour éviter des déperditions de forces, car il serait utopique de vouloir réaliser, autrement que partiellement, tout un plan d'ensemble, ce serait se libérer de ce tribut et s'assurer la libre et constante disposition de ces matières que certains pays producteurs Lendent de plus en plus à transformer euxmêmes par leurs propres industries et qui, de ce fait, peuvent nous manquer un Jour peut-être très prochain.
Sur l’une de ces matières premières, le coton, sévit actuellement une crise angoissante qui deviendra rapidement une question de vie ou de mort pour nos filatures, si l'on ne réussit pas à créer les nouvelles sources de production qui sont nécessaires à leur raison d'être. Ur,
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la Calédonie et les Nouvelles Hébrides sont les seules régions de tout notre Empire Colonial, où puisse être escomplé un 1IPEORTATES de réalisation immédiate.
La cullure du coton n'y est plus, en effet, comme en Afrique Occidentale Française ou à Madagascar ou dans les autres Colonies à la période expérimentale. Elle y est, au contraire, parfaitement assise el donne comme qualilé, comme longueur de fibres el comme rendement à l'heclare beaucoup mieux et beaucoup plus qu'il ne serait sage d'en escompter ailleurs pendant de longues années du moins.
7o Et que l’on ne vienne pas arguer d'isolement et de l'éloignement dé ces possessions océaniennes, car d'isolement il n'en peut être question, la Calédonie pouvant, par la grande variélé de ses productions du sol, arriver facilement à se suffire à elle-même.
Quant à l'éloignement, les moyens de communicalion l'ont fait cesser aujourd'hui partout en permeltant au commerce d'aller chercher les produits uliles là où ils se lrouvent, d'aulant plus qu'il s'agit, en
- la circonsiance, d'une région où, question de terroir, on oblient des
qualilés supérieures à celles des produils similaires des autres colonies. |
8° A l'heure où s’accusent vigoureusement l'importance et l'urgence des intérêts généraux el où se joue dans le Pacifique les destinées économiques et politiques des grandes nalions, il n’est pas possible que la grande civilisatrice qu'est la France risque, par indifférence, par manque de compréhension ou de sollicitude, de laisser passer dans des mains élrangères les seuls leviers d'influence que nous possédions dans ces lointains parages el de compromettre ainsi le haut prestige qu'elle a acquis dans le Monde.
9° En faisant connaitre sous son vrai jour notre pelite France Australe, j'ai voulu tenter d'atürer l'attention de nos capitalistes el industriels sur les richesses en puissance qui y dorment presque inépuisables, richesses que rien ne pourra jamais dévaloriser et qui présentent en elles-mêmes moins de mirage et plus de fertiles résullats à obtenir que nombre d'autres entreprises qui ne donnent lieu trop souvent qu'à une publicité financière d'attraction.
10° Pour terminer, comme il n’est si modeste observation dont la science ne puisse tirer quelque profit, j'ai cru devoir rapporter quelques-unes de mes observations sur la flore, la faune, les conditions sanitaires de la Nouvelle Calédonie.
Puisse ce trop bref exposé appeler sur notre « Perle du Paci-
fique », l'attention et l'intérêt de tous ceux qui ont le souci éclairé de la grandeur de notre Patrie! Puisse-t-ii aussi rappeler aux jeunes générations qui se lèvent et interrogent l'horizon, qu'il est de . par le monde, sous un climat enchanteur, une Lerre privilégiée et bien française qui n'attend que des hommes de bonne volonté pour leur dispenser ses trésors et fournir ainsi à la prospérité nationale sa riche contribution.
24 avril 1925.
Vu : le Président, E. BRUMPT Vu : le Doyen, H. ROGER | Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris