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fiantes à venir jusqu’en 1558, alors que parut l'Atlas du musée britannique. La cartographie de la Nouvelle- Angleterre est restée informe jusqu’en 1569. La mappemonde de Gérard Mercator, de cette année-là, ne fait aucune mention du Saint-Laurent et des grands lacs. C’est assez dire que les Anglais ne s’occupaient guère de cette partie du continent américain qui devait plus tard leur appartenir. Les navigateurs et explorateurs de cette nation se contentaient de faire de courtes apparitions dans le golfe pour y faire la pêche et vers les régions arctiques dans le but de découvrir un passage aux Indes orientales, le grand desideratum des Européens.
Les cartes de Gastaldi, de Desceïiers, d'Ortelius 1 et de Cabot, ont été la source ‘aspiratrice de presque toutes celles qui ont vu le jour € 1rant la sécondé moitié du XVIcsiècle. Les cosmographes les ont copiées plus ou moins servilement. Ainsi André Thevet et Cornelius a Judæis (1593) ont basé leurs travaux sur Ortelius. Girolamo Rusceili (1561) à imité la carte de Gastaldi, de 1556. Quadus, en 1600, a tout simplement plagié Mercator, Ortelius et C. a Judæis. (C’est une confusion presque générale, et demeurée telle jusqu'à Champlain et Lescarbot. M. B. F. de Costa exprime la même opinion lorsqu'il dit : ‘ Un examen attentif de ces cartes démontre
1 Abraham Ortelius, géographe, né à Anvers en 1527, mort en 1598, avait beaucoup voyagé. Il composa le premier Atlas connu, sous le titre de Theatrum orbis trrarum, Anvers, 1570, auquel il faut joindre le Tleatri orbis terrarum parergon sive Synonymia geographica, 1578. C’est le premier dictionnaire géographique. Ces savants ouvrages lui valurent, en 1575, le titre de géographe de Philippe 11, roi d'Espagne.
que, depuis la mappemonde du Dauphin jusqu’au premier voyage de Champlain au Canada, en 1603, les cartographes de tous les pays n'avaient fait aucun progrès dans la description des lieux ouverts aux Français par les entreprises de Cartier et de ses successeurs... Ce fut à Champlain qu'échut la tâche de débrouiller ce chaos ténébreux 1”
Jamais, dans l'histoire de la cosmographie, il n’y eut, croyons-nous, pareil acharnement à dresser des planisphères, des mappemondes, des portulans, à graver sur le cuivre l'indication d’un pays, aussi imparfaitement
connu que l'était l'Amérique, au premier siècle qui suivit sa découverte. Le Canada, en particulier, était comme une sorte de contrée mythique, et pourtant ses cartographes furent légion. Nous nous contenterons de ne citer, dans la classification qui suit, que les plus renommés, en procédant par ordre chronologique, e& ne donnant, sur chacun de ces travaux informes, que des données générales. +
1 Narrative and critical history of America, IV, p. 80.