RAPPORTS ENTRE LES FRANÇAIS ET LES SAUVAGES
L'amitié entre Français et Sauvages ne se démentit jamais. Nous pourrions en citer de nombreux exemples.
11 Gravier raconte, qu'au commencement du siècle, un nord-américain demandait à un sauvage quel était le peuple qu'il aimait le plus. " Tiens, lui répondit le sauvage, en lui portant la main vers l'épaule et en montrant toute la longueur du bras : voilà comment j'aime les Français ; puis, baissant la main jusqu'au coude, il ajoute : voilà pour les Espagnols; il la baisse jusqu'au poignet en disant: voilà pour les Anglais; enfin il montre l'extrémité de ses doigts, et dit : voilà pour les Américains.
Cette amitié, vraiment remarquable, se traduisit souvent par des preuves de confiance réciproque, comme nous l'avons prouvé dans ce chapitre. Les autres nations, qui n'ignoraient pas ce fait, se servaient du nom français pour se faire pardonner des fautes ou pour se tirer d'une position difficile. Ainsi en 1591, l'anglais Knivet, ayant vu les Tamoyos massacrer ses compagnons, s'écria qu'il était Français. " Ne crains rien, dirent alors les sauvages, car tes ancêtres ont été nos amis, et nous, les leurs ; tandis que les Portugais sont nos ennemis et nous font esclaves."
La Relation de Hans Staden, dont il est question dans ce chapitre, parut en allemand à Marbourg, en 1557. De Bry la fit traduire en latin, et l'inséra dans la collection des grands voyages. Elle fut publiée pour la première fois, par Jean Eychman, professeur de médecine à l'université de Marbourg, qui, selon l'usage du temps, avait pris le nom de Dryander. Hans Staden était né dans la petite ville de Wetter, et il vivait encore à WolfFhagen en 1557, quand sa relation a paru. Elle
est intitulée . " Véritable histoire et description d'un pays habité par des hommes sauvages nus, féroces et anthropophages, situé dans le Nouveau- Monde nommé Amérique, inconnu dans le pays de Hesse, avant et depuis la naissance de Jésus-Christ, jusqu'à l'année dernière. Hans Staden de Homberg, en Hesse, l'a connu par sa propre expérience et le fait connaître actuellement par le moyen de l'impression."
Staden lit deux voyages en Amérique, le premier en 1547, à bord d'un vaisseau portugais, dont ïe capitaine se nommait Pintiado. Au second, en 1549, il partit de Se ville sur le vaisseau du capitaine Diego de Sanàbria, qui vint faire naufrage sur une île près du Brésil, habitée par des Portugais.
Les marins qui le rachetèrent étaient de Normandie ; le capitaine du vaisseau la Catherine était de Vatteville ; il s'appelait Guillaume de Moner; le pilote, de Honfleur, se nommait François de Schantz, l'interprète était du même endroit, il avait nom Pérot. La Catherine arriva à Honfleur, le 22 février 1555, après avoir quitté Rio-Janeiro, le 30 octobre précédent.
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