‹ La nouvelle HéloïseChapitre 117 sur 214 · XX.— DE JDLIE · texte numérisé non relu

XX.— DE JDLIE

Mou ami , j'ai remis à M. d'Orbe un paquet qu'il s'est chargé de l'envoyer à l'adresse de M. Silvestre.chez qui tu pourras le retirer ; mais je t'avertis d'attendre pour l'ouvrir que tu sois seul et dans ta chambre : tu trouveras dans ce paquet un petit meuble à ton usage.

C'est une espèce d'amulette que les amants portent volontiers. La manière de s'en servir est bizarre; il faut la contempler tous les matins un quart d'heure, jusqu'à ce qu'on se sente pénétré d'un certain attendrissement; alors on l'applique sur ses yeux, sur sa bouche , et sur son cœur : cela sert , dit-on , de préservatif durant la journée contre le mauvais air du pays galant. On attribue encore à ces sortes de talismans une vertu électrique très-singulière, mais qui n'agit qu'entre les amants fidèles : c'est de communiquer à l'un l'impression des baisers de l'autre à plus de cent lieues de là. Je ne garantis pas le succès de l'expérience ; je sais seulement qu'il ne tient qu'à toi de la faire.

Tranquillise -toi sur les deux galants ou prétendants, ou comme tu voudras les appeler ; car désormais le nom ne fait plus rien à la chose. Ils sont partis : qu'ils aillent en paix. Depuis que je ne les vois phis , je ne les hais plus.

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