‹ La nouvelle HéloïseChapitre 143 sur 214 · XXV. — DE MYLORD EDOUARD A l'aMANT DE JULIE · texte numérisé non relu

XXV. — DE MYLORD EDOUARD A l'aMANT DE JULIE

Puisque vous approuvez l'idée qui m'est venue , je ne veux pas tarder un moment à vous marquer que tout vient d'être conclu, et à vous expliquer de quoi il s'agit, selon la permission que j'en ai reçue en répondant de vous.

Vous savez qu'on vient d'armer à Plymouth une escadre de cuiq vaisseaux de guerre , et qu'elle est prête à mettre à la voile. Celui qui doit la commander est M. George Anson , habile et vaillant officier, mon ancien ami. Elle est destinée pour la mer du Sud , où elle doit se rendre par le détroit de le Maire , et en revenir par les Indes orientales. Ainsi vous voyez qu'il n'est pas question de moins que du tour du monde ; expédition qu'on estime devoir durer environ trois ans. J'aurais pu vous faire inscrire comme volontaire ; mais , pour vous donner plus de considération dans l'équipage, j'y ai fait ajouter un titre , et vous êtes couché sur l'état en qualité d'ingénieur des troupes de débarquemèul : ce qui

vous convient d'autant mieux que le génie ctaul voire pr'^ininie destination , je sais que vous l'avez appris dès votre enfance.

Je compte retourner demam à Londres ' , et vous présenter à M. Anson dans deux jours. En attendant , songez à votre équipage, et à vous pourvoir d'instruments et de livres ; car l'emljarquementesl prêt , et l'on n'attend plus que l'ordre du départ. .Mon cher ami, j'espère que Dieu vous ramènera sain de corps et de cœur de ce long voyage , et qu'à votre retour nous nous rejoindrons, pour ne nous séparer jamais.

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