PREMIÈRE PARTIE
que tes soins claient utiles à ta pauvre bonne; j'eusse été la promièro à l'exhorter à les lui rendre. Depuis qu'elle n'est plus, c'est à sa famille que tu les dois : nous les remplirons mieux ici de concert que tu ne ferais seule à la campagne, et tu t'acquitteras des devoirs de la reronnaissance sans rien ôter à ceux de l'amitié. Depuis le départ de mon père nous avons repris notre ancienne manière de vivre , et ma mère me quitte moins ; mais c'est par habitude plus que par défiance. Ses sociétés lui prennent encore bien des moments qu'elle ne veut pas dérober à mes petites études, et Babi remplit alors sa place assez négligemment. Quoique je trouve à celte bonne mère beaucoup trop de sécurité, je ne puis me résoudre à l'en avertir; je voudrais bien pourvoir à ma sûreté sans perdre son estime , et c'est toi seule qui peux concilier tout cela. Reviens , ma Claire , reviens sans tarder. J'ai regret aux leçons que je prends sans toi , et j'ai peur de devenir trop savante ; notre maître n'est pas seulement un homme de mérite , il est vertueux , et n'en est que plus à craindre. Je suis trop contente de lui pour l'être de moi : à son âge et au nôtre , avec l'homme le plus vertueux, quand il est aimable, il vaut mieux être deux filles qu'une.