‹ La nouvelle HéloïseChapitre 87 sur 214 · UX. — DE M. D ORBE A JULIE · texte numérisé non relu

UX. — DE M. D ORBE A JULIE

Je me hâte, mademoiselle, scion vos ordces , de vous rendre compte de la commission dont vous m'avez chargé. Je viens de chez mylord Edouard , que j'ai trouvé souffrant encore de son entorse, et ne pouvant marcher dans sa chambre qu'à l'aide d'un bâton. Je lui ai remis votre lettre , qu'il a ouverte avec empressement ; il m'a paru ému en la lisant : il a rêvé quelque temps; puis il l'a relue une seconde foisavec une agitation plus sensible. Voici ce qu'il m'a dit en la finissant : « Vous savez , monsieur, que les affaires « d'honneur ont leurs règles, dont on ne peut se départir : vous « avez vu ce qui s'est passé dans celle-ci ; il faut qu'elle soit vi- « dcc régulièrement. Prenez deux amis, et donnez-vous la peine de « revenir ici demain matin avec eux ; vous saurez alors ma réso- « iution. » Je lui ai représenté que l'affaire s'étant passée entre nous , il serait mieux qu'elle se terminât de même. « Je sais ce « qui convient , m'a-t-il dit brusquement , et je ferai ce qu'il faut. « Amenez vos deux amis, ou je n'ai plus rien à vous dire. » Je suis sorti là-dessus, cherchant inutilement dans ma tête quel peut être son bizarre dessein. Quoi qu'il en soit, j'aurai l'honneur de vous voir ce soir, et j'exécuterai demain ce que vous me prescrirez. Si vous trouvez à propos que j'aille au rendez-vous avec mon cortège, je le composerai de gens dont je sois sûr à tout événemefit.

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