‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 77 sur 110 · Scène de carnage · texte numérisé non relu

Scène de carnage

Mort du petit-fils de Fernando. (Calme).

Au crépuscule on emporte les cadavres.

Pas un trait qui ne se trouve en relation avec le foyer de lumière de la nouvelle, et qui en même temps ne soit pas en place, c’est-à-dire n’ait pas sa valeur propre. Impression de l'événement, si forte, qu’elle est suivie d’une dépression, d’un repos. Souvenirs de l'événement tout mols encore du « déluge ». Réaction contre l'événement. Passé, présent : réflexion active ; abolissement de l’événement. Et d’un bout à l’autre chaque molécule est en mouvement ; l’ivresse elle-même des deux amants réunis dissout leur effroi et va les décider à se rendre à l’église. Les variations du paysage et de l’heure accroissent la force de ce mouvement.

Cette nouvelle de Kleist présente une forme extérieure, très nette et très visible. Catastrophe, péripétie, catastrophe ; cette forme est le corps même de l’idée. Dans les autres nouvelles, elle variera selon les besoins de l’événement. Et c’est surtout sur ce point qu’apparaît la singularité technique du genre. On ne peut, comme dansle drame, par exemple, dire que la Nouvelle présente en ordre : une exposition, une progression, une apogée ou nœud, une péripétie, et une catastrophe. Sa forme est contingente. Si l’on essaie de se représenter en un graphique les points culminants des nouvelles que nous avons étudiées, le dia-

gramme en variera avec chaque œuvre.

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