‹ La nouvelle monadologieChapitre 120 sur 177 · ORIGINES DU MATÉRIALISME MODERNE. DI^FINITIONS · texte numérisé non relu

ORIGINES DU MATÉRIALISME MODERNE. DI^FINITIONS

inconciliable avec l'idéalisme des sensations. Et cependant cet idéalisme a lui-même une affinité secrète avec le matémlisme, en ce qu'il ne reconnaît pas le sujet conscient dans les fondements de l'être, alors qu'il persiste à envisager Yobjet. Le matérialisme et rathcisme, qui rarement s'en sépare, ou professés, ou plus volontiers supposés, non déclarés, sont les termes extrêmes de cette « libre-pensée » secrètement dominée par un sentiment de révolte contre l'absurdité des dogmes théoiogiques, et contre les horreurs de l'histoire des religions. Le soi-disant libre-penseur n'est pas affranchi pour cela de la servitude des principes absolutistes , dont l'empire , dsns ces mêmes dogmes , annulait logiquement ce qu'ils renfermaient de favorable au principe de personnalité en Dieu et dans l'homme.

11 est à propos de placer ici des déflnitions précises de l'athéisme et du matérialisme, comme opinions contradictoires du principe de personnalité. Nous ne le ferons pas sans exprimer un regret sur la nécessité à laquelle nous soumet l'imperfection de la terminologie philosophique, d'employer, pour désigner les partisans exclusifs du principe d'universalité, attachés à un idéal de progrès et de sacrifice, quoique négateurs de la conscience individuelle à l'origine et à la fin des choses, ce même nom d'aîAee qu'on applique avec un caractère odieux aux hommes qui ne reconnaissent aucun principe moral, ou rien au monde qui doive gouverner les sentimeints individuels. Nous ne jugeons pas ceux-ci, nous définissons l'athéisme, suivant l'exigence de notre plan, pour l'expression de notre pensée : la doctrine, quelle qu'elle soit dans ce qu'elle établit de positif, qui nie la conscience et la volonté comme enveloppant l'ordre général des choses, et n'admet d'existence individuelle que pour des êtres transitoires formant

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des espèces plus ou moins semblables à celles qui tombent actuellement sous notre expérience.

Le matérialisme consiste, en son acception la plus simple, dans l'hypothèse de l'existence réelle, ou en soi, de certains sujets corporels qui n'auraient rien en eux, ou dans leurs éléments décomposition, qui possédât h aucun degré la conscience de soi. Dans une acception doctrinale, le malérialisme est l'hypothèse ajoutée, suivant laquelle de tels corps, antérieurs à toute conscience dans l'ordre du temps, auraient donné naissance aux Êtres vivants et aux fitres conscients. L'immatérialismc, forme définitive de la philosophie de l'esprit, renverse la seconde hypothèse, en démontrant contre la première, et contre le réalisme instinctif de l'imaginalion, que la conscience, condition de la connaissance, est aussi la condition du connaissabic.

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