LES ANALYBEB PSYCHOLOGIQUES DE LOCKE
savait leur opposer, que la thèse inBoutenable de la scission entre la volonté et le motif, dans l'acte de la résolution.
La spiritualité eirimmortalité de l'àmé étaient combattues à la même époque par les libres penseurs anglais. Elles devaient l'être, peuaprès, par leurs disciples de France. Les théologiens n'étaient en possession d'aucune théorie psychologique capable de résister à leucs assauts, depuis que la doctrine des substances, ébranlée, semblait devoir entraîner la croyance à l'existence de l'ûme dans sa chute, tandis que la croyance à la madère conserverait pour sa défense la force objective des représentations sensibles, avec l'instinct réaliste qui s'y attache. Le cartésianisme avait, il est vrai, représenté la . notion du sujet pensant avec une clarté logique que l'idée de l'âme n'avait pas dans le platonisme, auquel le christianisme, autrefois doctrine de résurrection, non d'immortalité naturelle, avait emprunté la doctrine de l'âme substance. Mais cette clarté étaitcelle d'une idée générale, elle ne touchait pas au problème de l'individuation, n'enseignait rien sur la nalure ou l'origine de la pensée comme individuelle, point essentiel à l'idée propre de l'âme. Nous prenons le terme de pensée avec l'extension que lui donnait Descartes : désirer, sentir, juger, vouloir. La substance individuelle, sujet en soi indéterminé, dont on n'a aucune idée quand on cherche à se la représenter sans aucun attribut, on se se figure l'avoir définie quand on l'a nommée le fondement, ou encore le lien de ses atlribiUs. Mais on ne pense ainsi qu'à de nouveaux attributs sans sujet, ajoutés à ceux que la conscience connaît sans avoir à chercher plus loin que l'unité empirique de l'individu. C'est pourquoi il faut aider l'imagination en y joignant^ presque toujours l'idée d'une matière subtile qui serve de support, et c'est ainsi que le spiritualisme en tout
su LA PEIlLOëOPHIE CRITIQUE
temps s'est constitué et vulgarisé. Si ensuite l'illusion vient à se dissiper, si l'on reconnaît que le sujet indéterminé est un pur concept logique dont la réalité imaginaire n'est qu'une matière prêtée à la fonction intellectuelle, constamment en exercice, par laquelle nous rapportons à des sujets déterminés des qualités d(5terminées dans l'objet de l'expérience, l'idée de l'âme paraît s'évanouir, et avec elle s'écrouler le fondement des idées d'unité, d'identité et de permanence qui s'attachaient i\ cette idée.
L'idée de Dieu soutient avec celic de l'âme un rapport évident, car elle réunit universellement dans un sujet unique, en les élevant à la perfection de leur nature conçue, les attributs essentiels do l'âme, La question de l'âme étant celle de la personnalité, la question de la personnalité divine est liée à la théorie de l'âme. Au fond, il s'agit de la nature et de l'existence de la personne, d'un côté comme de l'autre. Historiquement, les croyances théistes et les croyances îmmortalistes ont marché le plus souvent unies, mais quoi qu'il en soit, la question de la personne est philosophiquement une ; car la division la plus tranchée dans l'ordre spéculatif se place entre les systèmes naturalistes qui envisagent le monde comme une évolution de phénomènes dont les lois ne permettent à rien d'individuel une existence stahle et des fins propres, et la doctrine qui pose la personnalité h. l'origine et à la fin des choses, et reconnaît l'individuation comme un principe de finalité, dont l'univers est lui-même le théâtre d'application, en affirmant la durée des êtres personnels. Dieu et l'âme sont, à ce point de vue, une seule et même idée : là, dans lunité et dans la perfection; ici, dans la multiplicité, à tous les degrés du sentiment et de l'intelligence.
HOBBËS ET Bi;RKELi:r