‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 32 sur 40 · V.Ceux-ci devaient ouvrir la porte au moyen d'un loquet · texte numérisé non relu

V.Ceux-ci devaient ouvrir la porte au moyen d'un loquet

ou d'un bouton, ou d'une cordesur laquelle ils tiraient ;

parfois ils devaient faire fonctionner successivement

divers systèmes de serrure. ^" ' '

Audébutdeleuremprisonnement, leschatsgriffaient et mordaient les barreaux, ne faisant attention à rien ; tout à coup un mouvement purement accidentel provoquait l'ouverture de la porte ; alors l'animal se souvenait de ce mouvement, et essayait manifestement de le reproduire; il y réussissait au bout d'un certain temps. Celui-ci d'ailleurs diminuait progressivement, ce qui indiquait un progrès manifeste dans l'acquisition de la nouvelle habitude. Le résultat était repré-

1 . C'est le « Vexierkasten » des auteurs allemands, la « boite truquée » de Glaparède.

sente par une courbe : sur l'axe des x, on marquait les expériences successives avec leurs intervalles réels, sur l'axe des y on comptait le temps que mettait l'animal à s'échapper. Avec le chat, la courbe descendait assez rapidement, mais elle pouvait se relever ensuite.

Chezle chien, la descente était plus rapide, et n'était suivie d'aucun relèvement brusque ; dès le début l'attention du chien se portait sur la nourriture placée à l'extérieur de laçage.

Kinnaman^ a répété ses expériences sur deux singes. Les cages où étaient enfermés les aliments présentaient des fermetures les plus variées, jusqu'à des serrures avec clefs. L'apprentissage se faisait encore plus rapidement que chez le chien.

Depuis, ThorndikeetKinnaman, dont les expériences ont obtenu un grand succès, ont eu de nombreux imitateurs ; toutefois, les résultats n'ont pas été en rapport avec la peine que l'on s'est donnée.

En effet, comme la méthode des labyrinthes, la méthode des boîtes truquées est une méthode synthétique, globale. Il est souvent difficile de préciser les sensations et les mécanismes psychiques qui sont en jeu. Il est nécessaire d'y associer des méthodes analytiques.

Kinnam^n l'avait compris, et, avec ses singes, il avait fait des expériences complémentaires, concernant les perceptions des formes, des grandeurs, des couleurs. Par exemple, parmi une série de vases de

1. KiNN.\MAN. Mental life of two Macacus Rhésus monkeys in oaplhHy, Amei'. Journ. of Psychology, 1902.

diverses formes et de même couleur, l'animal devait apprendre à reconnaître le vase de forme déterminée où se trouvait l'aliment, et cela bien entendu quel que soit l'ordre dans lequel étaient disposés les vases. Bientôt il se formait une association entre la forme du vase et l'image de l'aliment ; une association nouvelle pouvait se substituer à une ancienne.

Dans ces dernières années, on a combiné la méthode du choix à celle des boîtes truquées. Voici une expérience récente de Hapiilton ^ Une cage peut s'ouvrir par quatre leviers de couleurs différentes; à un moment donné un seul est susceptible de fonctionner, celui de même couleur qu'un signal donné. Un chien apprend à presser sur le levier qui correspond au signal. Il est vrai qu'au bout d'un certain temps il trouve un moyen plus simple de sortir de la cage : il presse successivement sur les quatre leviers.

Si on arrive ainsi à faire une étude des sensations d'un animal, souvent on peut hésiter sur les mécanismes psychiques qui interviennent dans la formation des habitudes. S'agit-il d'association, d'imitation, de raisonnement? Thorndike, Kinnaman ont rejeté l'intervention du raisonnernent ; d'après ces auteurs, les mouvements bien adaptés s'associeraient aux sensations éprouvées par l'animal, et les mouvements mal

d. Hamilton. An expérimental study of an unusual type of reaction in a dog, Joum. of compar. Neurology a. Psychology,

l'activité psychique des vertébrés 183

adaptés s'élimineraient progressivement ; au début, le mouvement adapté serait dû à un pur hasard.

C'est également la conclusion de Porter ^ qui a appris à ses moineaux à ouvrir des cages fermées par des mécanismes spéciaux. Ces oiseaux se sont montrés parfois presque aussi habiles que les singes deKinna- 't man. C'est aussi celle de L.-W. Cole -, qui a expéril mente sur des ratons laveurs, et a constaté qu'au point de vue de la rapidité de formation des associations ces animaux se placent entre les chats et les singes.

Dans certains cas, le mouvement ne serait-il pas dirigé par une idée ? Le singe qui n'arrive pas à manier une clef avec ses mains essaie de ses dents. Ce fait est bien troublant.

On peut hésiter également dans le cas du fait suivant, relatif à un animal plus inférieur, le coq, et qui vient d'être signalé par Hadley '. Dans une basse-cour était disposée une mangeoire automatique. "^I^ Chaque fois que l'auge où se trouvait l'aliment s'allégeait, le levier sur lequel elle était fixée se relevait, ce qui déterminait l'écoulement d'une certaine quantité de grains et de son. Or, le coq en question n'aimait pas beaucoup le son ; quand il n'y avait plus beaucoup de grains dans l'auge, il se reculait pour donner un coup de tète sur le levier afin de le soulever et de déterminer l'écoulement d'une nouvelle

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