SCENE IX
FRÉDÉRIC, AUGUSTINE, AIMÉE, à travers ta porte du premier plan, à droite.
ÂIUÉE.
Monsieur!
FRÉDÉRIC, étonné.
Hein?... qui m'appelle?
AIMÉE
Est-ce que vous auriez besoin de quelque chose ?
FRÉDÉRIC
Allons, àl'autre maintenant !
ADGDSTiNE, tremblante.
Qu'est-ce que c'est donc que cette voix-là?
FRÉDÉRIC
C'est la voix de ma bonne, [haut.) Ah! çh, voulez-vous bien me laisser tranquille? je ne vous ai pas appelée.
C'est que je vous ai entendu remuer des assiettes : vous avez peut-être faim? quand on revient de la campagne... L'air y est si vif!
FBÉPÉRIC.
Je TOUS répète que je n'ai besoin de rien; laissez-moi tranquille... Je n'aime pas les domestiques qui ne dorment pas la nuit.
AIMÉE
Je m'en vas, monsieur, je m'en vas ; du moment que vous n'avez besoin de rien...
FRÉDÉRIC
Enfin!
AIMÉE
Monsieur, vous trouverez des confitures dans le buff'et.
FRÉDÉRIC
Aimée, si vous ajoutez un mot, je vous chasse.
AIMÉE
Adieu, monsieur, bon appétit et bonne nuit.
FRÉDÉRIC
Grâce à Dieu, nous voilà délivrés.
AtJGTJSTINE.
Vous aviez déjà retenu une bonne pour votre ménage ?
C'est celle de ma future belle-mère qui passe à mon service : c'est demain, Augustine. (Il soupire.)
AtGCSTINE.
Oui, demain; je m'en souviens. Elle doit être bien jolie?
FRÉDÉRIC
Qui?... ma bonne?
AUGUSTINE
Non, celle que vous épousez.
FRÉDÉRIC
Hier encore, je la trouvais telk^
AUGUSTINE
Les hommes sont bien heureux! ils peuvent disposer de leur sort : elle a sans doute de l'esprit, des talens... Eh bien! vous ne me répondez pas ? mes questions vous ennuient peut-être ? Pardonnez-moi, votre bonheur m'intéresse.
FRÉDÉRIC
Quevousêtes bonne! (dparf.)que de charmes et de candeur!.. Ah ! l'épreuve est trop forte! si elle se prolongeait, je ne répondrais plus de moi. [haut et se levant.) Augustine, vous êtes fatiguée, le repos vous est nécessaire.
AUGUSTINE
Mais, monsieur...
FRÉDÉRIC
Oh! ne craignez rien; une chambre est ici préparée pour vous recevoir. (// va ouvrir la porte du fond.) Vous le voyez?
AUGl'STINE.
Ah! mon Dieu ! mais n'est-ce pas la chambre...
FRÉDÉRIC
Qu'une autre doit occuper? Oui. (// soupire.)
AUCrSTINE.
Oh! jamais, monsieur, je ne consentirai...
FRÉDÉRIC
Quel enfantillage ! je vous en prie, tenez , moi je vais porter cette causeuse dans le cabinet; ce sera mon lit.
AUGtJSTINE.
Que je VOUS dois de reconnaissance !
FRÉDÉRIC
Tout pour vous rassurer. (// s'apprête à emporter la causeuse.)
Air : Hâtez-vous , mesdemoiselles.
Allons donc , l'honneur l'exige ; II faut m'exiler là-bas.
Combien ce devoir m'afflige! ...
Du moins ne nous pressons pas.
L'asile qui vous protège M'esl bien cher; à l'avenir, En ces lieux où marcherai-je Sans trouver un souvenir?
Allons donc , elc.
{Ils emportent la causeuse dans la salle d mander ^ Coquev al passe sa tête par an carreau qui s'ouvre au-dessus de la porte du premier plan à gauche.)
SCEKE X.
COQUEV AL, puis xniKE.
Aimée! Aimée!
AIMÉE, passant sa tête d un carreau qui est au-dessus de la parle de droite.
Qui m'appelle? Comment! c'est vous, monsieur? encore ici?
COQUEVAL.
Parbleu! je crois bien; tu ne m'as pas donné la clef de ta porte sur le carré; elle est fermée, et depuis une heure je suis en prison dans ta cuisine, tremblant de tous mes membres.
ASMÉE.
Est-ce bien possible? Ah! mon Dieu ! vous avez raison.
COQUEVAL.
Chut! les voilà qui reviennent.