‹ La nuit d'avant, vaudeville en deux actesChapitre 17 sur 26 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

MADAME DUBRAY, COQUEVAL, puis AUGUSTINE.

MADAME DUBRAY.

Mon cher Coqueval, faisons une tentative.

COQUEVAL.

Oui, madame, essayons.

MADAME DUBRAY.

Air : Garde à vous!

Ouvrez-nous! (bis.)

C'est moi qui vous appelle ; Venez, mademoiselle ; Pourquoi résislez-vous?

Ouvrez- nous î (bis)

COQXJEVAL.

Ouvrez-nous î

MADAME DUBRAY.

On va briser la porte.

COQCEVAL. Elle gémit!

MADAME DrBRAY.

Qu'importe ?

Un serrurier est là.

Ouvrez-nous I ATJGtiSTiNE. Elle est pâle, émue, et en désordre. Me voilà!

COQDEVAL.

La voilà I

AUGUSTiNE, s'élancant rapidement vers madame Dubray. Oh ! madame , prenez pitié de moi !

MADAME DUBRAY.

Enfin!

AIIGUSTINE.

Ah ! pardonnez, madame, si je n'ai pas ouver^ d'abord. Mon sieur Frédéric m'avait défendu d'ouvrir.

MADAME DVBRAY.

Ah!... il vous avait défendu ?... je conçois! '

COQCEVAL , d part.

Elle est vraiment charmante ! ' —

ArOCSTINE.

Je suis bien malheureuse, madame, car tout' ce' que j'ai entendu à travers cette porte m'a appj^is que vous êtes la future belle-mère de monsieur Frédéric.

COQOEVAL.

C'est cela même.

AXJGTJSTINE,

Et ma présence ici doit vous donner une bien mauvaise idée de moi. . . et peut-être de lui ?

MADAME DTJBRAY. ■ . . , ,

Ah !,., peut-être?... Voilà un peut-être bien placé!

AlTGCSTINE.

Eh bien! madame, veuillez m'écoutér... je vous en conjure! vous êtes dans l'erreur : Je hasard seul, un sentiment généreux, lui ont fait offrir un asile à une pauvre fille séparée de ses parens , et qui ne savait que devenir.

MADAME DrBRAY.

Assez ! assez! croyez-vous donc que j'aie le temps d'écouter

vos histoires?. .. Depuis quand êtcs-vous !a maîtresse de monsieur Frédéric, répondez?

ADGXJSTINE.

Oh! madame, que vous êtes cruelle ! [Elle pleure. )

MADAME Dt'BRAY,

Vraiment? Prenez donc garde de blesser mademoiselle.

COQUEVAL.

Voyons, mon enfant, parlez; expliquez-vous, et peut-être...

AUGtSTINE.

Et que pourrais-je dire? Quelle conOance puis-je espérer? mes juges ne sont-ils pas prévenus? Ne suis-je pas condamnée d'avance ?

COQUEVAL.

Allons, jeune fdle, racontez-nous par quel concours de circonstances vous vous trouvez ici : et d'abord dites-nous votre nom.

AUGiTSTiNE, se ranimant et avec force.

Mon nom? vous ne le saurez pas. Je ne me méprends point sur vos sentimens , et votre injustice me rend toute ma fierté. J'attendrai le seul être au monde dont je puisse en ce moment implorer l'appui; il va sans doute me rendre à ma famille, et du moins vos calomnies ne flétriront pas le nom que je porte : vous l'ignorerez toujours. (Elle va s'asseoir cl pleure.)

coQCEVAf., à madame Dubray.

Diable ! la petite personne a du caractère.

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