SCENE PREMIERE
MADAME DUBRAY, AIMÉE.
MADAME UTIDRAY.
AlloiiS, je ne suis pas mécontente de mon futur gendre.
Oh! on voit que monsieur Frédéric a de l'ordre : l'appartement est encore tout frais; combien de temps y a-t-il donc qu'il l'occupe, madame?
MADAME UHBftAY.
Bientôt trois mois. Tu ne te rappelles pas, Aimée ? c'est moimême qui l'ai retenu quand son' litîtriage avec mafdle fut arrêté. Six pièces sur le devant, au troisième, rite Cpquenard; c'est vraiment joli, et m'dri Héloïse sera t'rès bien. '"'"-'■^
AIMÉE, "' "- "■'" ■''
Mais ce pauvre garçon , ça doit fièrement l'ennuyer d'attendre sa femme comme ça depuis trois mois! Il me semble le voir là , face à face avec son alcôve. Mam'zelle Héloïse, par exemple, elle attend avec plus de patience, parce que...
MADAME DIBUAY.
Qu'est-ce à dire, parce que ?
AIMÉE
Dam ! parce qu'elle est avec son père et sa mère.
MADAME DDBRAY.
Ah ! ù la bonne heure !
La Nuit d'avant. i
Esl-ce que vous croyei que je voulais parler de ce petit peintre romantique qui mettant de temps à faire son portrait? Vous savez bien, madame, celui qui a une si belle barbe.
MADAME DCBRAY.
Qu'est-ce que j'entends là? Aimée, si jamais il t'arrive...
AIMÉE
Pardon, madauie, pardon.
MADAME DDDBAT.
Ca suffit. Ah! çà, voyons, as-tu bien mis dans l'armoire de la chambre à coucher les camisoles garnies et les bonnets idem de ma fille?
AIMÉE
Oui, madame.
MADAME DtBKAY.
As-tu placé dans le buffet la provision de confitures, les cornichons?
AIMÉE
Tout y est, madame.
MADAME DVBBAY.
Bien; Héloïse les aime beaucoup.
AIMÉE
Elle est un peu friande, mademoiselle Héloïse.
MADAME DCBRAY.
Ah! çà. Aimée, en cédant à ma fille un sujet aussi distingué que toi...
AIMÉE
Madame est bien bonne.
MADAME DUBRAY.
Tu comprends que j'ai eu un but. D'abord, j'ai voulu qu'Héloïse ne se trouvât pas tout à coup seule avecçle nouveaux visages ; et ensuite j'ai désiré avoir dans la main iine personne de confiance qui me fera savoir jour par jour si les choses se passent comme il convient.
Oh! soyez tranquille, je vous dirai tout.
MADAME DtBRAY. '
Ca suffira. A propos, as-tu dit au portier de monter?
AIMÉE
Oui, madame, tenez, je l'entends, le voilà.