SCENE V
Les mêmes, la Reine des fées, la fée Mimosa, la fée Mirabelle.
La Reine des fées. — Roi Dagobert, tu es un boi et nous t.- félicitons de ton se-
li', mais ces infants sont moins coupables qu'ils n'en ont l'air (se tournant vers les deux autres fées). Parlez, Mesdames, je vous y autorise.
La fée Mimosa. — Roi Dagobert, je me suis trompée, je m'en aperçois aujourd'hui. En voulant faire le bonheur de ton fils, je l'ai contrarié dans ses vœux les plus chers. A moi de réparer ma faute. (Au Prince.) Prince Charmant, tu es libre. Angèle, rassurez-vous. Vous ne serez pas l'épouse du Prin- <•'■ ( lliarmanl.
Le Prince (avec effusion). — Ma bonne Marraine !
La fée Mirabelle. — Pierrot, approche, regarde-moi. Est-ce vrai que tu n'a pas envie d'épouser la Princesse ?
Pierrot (timidement). — Hélas! Marraine, o'esi vrai !
La fée Mirabelle. -- Et toi, Giroflée ? Renonoe-tu de bon cœur à ce mariage ?
Giroflée (joyeusement). — Oh! oui, Madame! De bien bon cœur !
La Reine. — Eh ! bien. Choisissez donc vous-même ceiluî ou celle qui vous convient. (Aussitôt, Pierro. et Angèle, le Prince et Giroflée se prennent par la i^am.) A la bonne heure. Ceci me semble raisonnable. Qu'en pensez-vous, Roi Dagobert ?
Le Roi (s'inclinant). — Reine des fées... Vous savez mieux qu'un pauvre Roi comment on fait le bonheur des humains. Que votre volonté soit accomplie 1
La fée Mirabelle. — Je voudrais m'assurer d'un chose: A qui reviendra le Royaume ? Est-ce au fils du Roi ou à l'époux d'Angèle?
La Reine des fées. — Mimosa, dites-nous votre avis.
Mimosa. — Le Royaume revient à l'époux d'Angèle. A cell qui a le plus souffert la plus grande gloii !
Mirabelle (pensive). — Cependant...
La Reine. — Parlez, Mirabelle.
Mirabelle. — Pierrot, c'est toi qui seras Roi. Dès aujourdhui, le Prince est ton sujet. Que penses-tu de cela mon ami ?
Pierrot. — Marraine, si vous le permettez, je laisserai le Royaume au Prince Charmant.
La Reine. — Très bien, Pierrot I Et tu te contenteras du beau palais qu'on t'avait fait bâtir pour y conduire la Princesse Giroflée.
Le Prinoe Charmant. — Pierrot, je te fais général !
Pierrot. — Prince, vous êtes bien gentil, mais je n'ai pas besoin de titre ni de palais.
La Reine. — Dis-nous donc ce que tu désires.
Pierrot. — Ce que je voudrais - — et Angèle
aussi — c'esl ce petil mouMn, là-haut, le Joli
petit moulin dont tur le
bleu, au milieu dea pommiers en fleui
Mirabelle. — Quoi, Pierrot ! Tu x.
meunier ?
Angèle BU] Oh I M
ons si conteir
Pierrot. — Le Roi noua farine...
Angèle (vivement). — Noua. .Mirions ries poules et une fin" \\
La Reine. — Qu'il soit donc fait selon voir-' désir. Mais maintenant que noua avons pardonné à ces bons enfants, il nous reste à punir les méchants véritables. Angèle, dé toi-même. Que faut-il faire à ta mauvaise marraine ?
Angèle (étonnée). — Ce qu'il faut lui faire ?
La Reine. — Elle a été dure pour toi... Comment veux-tu qu'on la punisse ?
Angèle. — Madame, s'il vous plaît, n punissez : me gâterait mon plaisir.
Pierrot. — Ceux qui ont mauvais caractère Bont-ils jamais heureux 1
Mirabelle. — Bien parlé, mon Pierrot.
La Reine. — Ces enfants sont pleinbon sens. Mes petits amis, vous avez parfaitement raison. Adieu mes mignons. Aimezvous bien fort, soyez bien joyeux tous les quatre, nous continuerons à veiller sur vous et nous viendrons vous voir de temps en temps.
Le Rai Dagobert (se découvrant, d'une voix retentissante). — Vive la Reine des fées! Vivent les fées !
Tous ensemble. — WVent les fées! (Les ïsent. La lumière qui les accompagnait s'éteint et est remplacée par un clair de lune admirable. Entrent la grand'mère et les demoiselles d'honneur).
Angèle (courant à la Grand'mère). — Oh! Grand'mère ! Regarde donc !... Le beau ciel! •lie lumière!
La Qrand'Mère. — C'est le clair de June, mon enfant.
Pierrot [à Angèle, en souriant). — Au clair de la lune, mon ami Pierrot...
I. - demoiselles d'honneur les prennent par la main et les entraînent tous dans une i chantant :
. joli ma | mois de
Rideau FIN.
L IMPRIMKX1X L
•L du journal (La Provisck» *L